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Vaccination contre le Covid-19 à Karthoum, Soudan, le 09/03/21

En Afrique, la troisième vague de Covid-19 fait craindre un "scénario catastrophe à l'indienne"

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L'OMS s'alarme d'une forte recrudescence des contaminations au Covid-19 et du très faible taux de vaccination en Afrique, où plane la menace d'une explosion incontrôlée de la pandémie, sur fond d'inégalités Nord-Sud aggravées. Israël desserre l'étau sur les pêcheurs de Gaza mais pas sur les tomates.

Vaccination contre le Covid-19 à Karthoum, Soudan, le 09/03/21
Vaccination contre le Covid-19 à Karthoum, Soudan, le 09/03/21 Crédits : Ebrahim Hamid - AFP

Qu'on se le dise, la pandémie de Covid-19 est loin d'être derrière nous, et elle ne fait même que commencer sur le continent africain.  

C'est vrai qu'il y a vraiment deux mondes qui se côtoient : celui dont nous parle The Financial Times des pays occidentaux, on pourrait aussi dire du Nord, ou pays riches pour être clair, où l'on a un peu trop tendance à penser que le plus dur est passé. 45% de personnes vaccinées aux Etats-Unis, 47% au Royaume-Uni, 30% en Europe, et ceux qui n'y sont pas encore passés se disent que ce n'est finalement plus aussi utile. 

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C'est justement cette illusion de la "normalité post-pandémie", telle que la décrit Edward Luce, qui risque de nous faire rater l'objectif de l'immunité collective et de relancer les contaminations en particulier avec l'essor du variant Delta. Des vaccins, il y en a, dans ce monde-là, mais ils ne trouvent plus preneurs.

Et puis il y a l'autre monde, celui où 1% seulement de la population est vaccinée, où la pénurie de vaccins est la norme et où la recrudescence rapide des contaminations ces dernières semaines commence à donner des sueurs froides à l'Organisation mondiale de la santé. L'Afrique face à la crainte d'un "scénario catastrophe à l'indienne", c'est bien de cela dont il est question, affirme Simon Petite du quotidien suisse Le Temps. Et le pire, ajoute l'OMS, c'est que de nombreux stocks de vaccins sont en train de périmer en Afrique : 1,25 millions de doses d'AstraZeneca données par les pays riches devront être détruites si elles n'ont pas été administrées avant la fin août. 

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Sauf que la logistique a du mal à suivre, les systèmes de santé en Tanzanie et en Ouganda par exemple sont déjà débordés par la tâche à accomplir ; et surtout, en dehors des pays qui se retrouvent en première ligne de la troisième vague au Sud et à l'Est du continent (là où les relations avec l'Inde sont plus étroites), les Africains de l'Ouest ne se précipitent pas pour se faire vacciner : 18 pays n'ont pas encore distribué la moitié de leurs stocks, la République démocratique du Congo en a administré à peine 11%, le Tchad et le Bénin moins de 10%. Faut-il s'en étonner, les stocks d'AstraZeneca qui ont tant été décriés comme dangereux pour les Européens ou les Américains ne s'"arrachent pas beaucoup plus chez les Africains. 

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Et pourtant pour limiter les effets de la troisième vague qui arrive très fort en Afrique, la seule solution c'est la vaccination. Faute de vaccination, lit-on sur le site AfricaNews, le retour à la normale, l'été de toutes les libertés et des retrouvailles en famille dont se réjouissent déjà les habitants des pays riches restera une réalité très lointaine pour l'Afrique, où les frontières restent fermées et où des quarantaines sont toujours en place entre de nombreux pays. 

La faible vaccination va prolonger dans le temps le fardeau que le Covid-19 fait peser sur le continent, explique à Africanews le directeur régional de l'OMS en Afrique, le docteur Matshidiso Moeti.  Le décalage entre les deux mondes est donc parti pour s'accentuer, creusant les inégalités de développement pour des années. Et forcément le ressentiment Sud-Nord grandit avec : dans le Daily Maverick sud-africain, on cite cette sortie amère du milliardaire des télécoms zimbabwéen Strive Masiyima, chargé par l'Union Africaine de coordonner l'approvisionnement en vaccins pour le continent, et qui affirme clairement que "les pays les plus riches ont délibérément privé les pays les plus pauvres de doses". 

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"Le programme Covax nous a induit en erreur, accuse encore l'homme d'affaires, en nous faisant croire que nous allions organiser ensemble les approvisionnements, mais dès le mois de décembre dernier on nous a mis dans un coin pendant que les plus riches prenaient le contrôle des moyens de production pour répondre à leur propre demande avant de penser à partager la ressource". Difficile, en l'occurence, de lui donner tort...   

Polémique au Proche-Orient autour des exportations de tomates de la Bande de Gaza. 

On pourrait appeler ça une chronique de l'absurdité des relations commerciales entre l'enclave palestinienne et Israël qui contrôle tout ce qui y rentre et en sort. Selon le site d'info arabe Middle East Eye, les autorités israéliennes imposent arbitrairement aux producteurs de tomates de Gaza de retirer les pédoncules, les parties vertes en gros, de leurs fruits pour pouvoir les exporter... 

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C'est une somme de travail et donc un coût en plus pour ces producteurs, et des tomates privées de leur pédoncules s'abiment beaucoup plus vite, explique le ministère palestinien de l'Agriculture qui accuse donc Israël de vouloir rendre la production gazaoui impropre à l'exportation et donc d'etouffer un peu plus encore la fragile économie de l'enclave. D'autant que cette interdiction des pédoncules de tomates ne s'impose pas pour les producteurs israéliens ou issus des colonies juives dans les territoire occupés.  

La presse israélienne pour le moment ne se fait pas l'écho de ce changement de règles agricoles vécu comme particulièrement injuste par les Palestiniens. Le quotidien de Tel Aviv Yediot Aharonotpréfère titrer sur une nouvelle plus à l'avantage des autorités israéliennes : on y apprend que les restrictions sur la pêche à Gaza viennent d'être levées, les pêcheurs gazaouis pourront aller poser leurs filets jusqu'à neuf miles nautiques de la côte au lieu de six. 

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L'armée d'Israël qui contrôle étroitement les points de passage autorise à nouveau également les importations de matières premières pour recommencer à faire tourner les maigres industries de Gaza. Tout ça pour favoriser, nous explique-t-on, le retour à une "stabilité durable" au Proche-Orient. Des signes d'apaisement donc, mais l'article ne dit pas s'il concernera aussi les tomates gazaouies, avec ou sans pédoncule.

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