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L'opposition à Evo Morales manifestait jeudi soir à La Paz

Présidentielle en Bolivie : Evo Morales et la marge d'erreur

6 min
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Les résultats officiels de la présidentielle bolivienne donnent la victoire dès le premier tour à Evo Morales grâce à 0.5% de suffrages. Un résultat étriqué qui ne dissipe pas les soupçons de fraude. En Argentine le président sortant Macri espère un miracle dimanche pour se qualifier au second tour.

L'opposition à Evo Morales manifestait jeudi soir à La Paz
L'opposition à Evo Morales manifestait jeudi soir à La Paz Crédits : JORGE BERNAL - AFP

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Il faut dire, avec le Washington Post, qu'elle a été pleine de suspens et de rebondissement, de tensions aussi, cette semaine à attendre les résultats définitifs du scrutin. 

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Lundi je vous disais qu'après 84% des bulletins dépouillés on s'acheminait vers un second tour risqué pour le président de gauche Evo Morales au pouvoir depuis 2006 et qui avait toujours été réélu jusque-là dès le premier tour. Mais dès mardi, on commençait à sentir qu'il se passait quelque chose : d'abord le dépouillement a marqué une pause étonnante : il a fallu plus de 24 heures pour qu'on ait un nouveau décompte partiel des suffrages... et surprise, mardi donc, à 95% de bulletins dépouillés le Tribunal suprême électoral  donnait Morales en tête sur son rival Carlos Mesa, avec les 10% d'avance qui lui permettaient d'être réélu directement. 

Depuis, les chiffres se sont affinés, toujours plus en faveur du président sortant, et au final annonce le journal Los Tiempos, depuis cette nuit c'est sûr : avec 99,9% de bulletins dépouillés et 10,56% d'avance sur Carlos Mesa, Evo Morales est à l'abri, sa victoire est "immédiate et irréversible". 

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Sauf qu'entre lundi et hier jeudi, nous explique le quotidien de Cochabamba, voyant les résultats basculer fort opportunément et juste limite-limite en faveur de Morales, l'opposition a commencé à se poser des questions, à crier à la "fraude électorale massive", et à manifester, parfois violemment, contre les Tribunaux électoraux en région chargés de surveiller le scrutin.  

Pour Carlos Mesa et ses partisans nous dit El Deber, cette "étroite marge d'erreur" ne dissipe pas les soupçons de fraude,   l'opposition de droite bolivienne ne reconnait pas le résultat,  elle maintient ses accusations contre le camp Morales d'avoir "usurpé son pouvoir pour truquer le vote". Pour Mesa et les siens, Evo Morales est en train de mener rien de moins qu'un "coup d'Etat grossier" pour rester président à tous prix. 

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Et ça tombe bien, façon de parler, puisque justement c'est ce dont Morales accuse Mesa et la droite, de fomenter une "tentative de coup d'Etat", mais cette fois contre la victoire du socialiste. Le terme, dans ce sens bien précis, est repris et accrédité par La Jornada . Et le quotidien de préciser que ça fait trois ans, que Morales brandit cette accusation pour discréditer l'opposition.  

El Diario nous rappelle aussi que le camp Mesa n'est pas le seul à mettrre en doute la si faible marge qui permet à Morales de l'emporter dès le premier tour : hier l'OEA, l'Organisation des Etats Américains, mais aussi l'Eglise catholique de Bolivie, ont appelé le président sortant à consentir à un second tour, compte tenu des soupçons de fraude qui entachent sa victoire.  

Un demi-point d'avance, c'est trop court pour dissiper les soupçons, voilà le sentiment qui s'affirme également du côté de la communauté internationale : la Deutsche Welle, radio publique allemande,  cite l'Union Européenne et les Etats-Unis qui appelent à organiser un second tour pour lever les doutes. 

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Mais tout cela ne fait que renforcer Evo Morales dans son sentiment qu'il y a une volonté étrangère de contester la démocratie socialiste bolivienne et de le chasser du pouvoir. Pour s'en convaincre, il peut se plonger dans la couverture très abondante mais pas forcément très impartiale, que fait la chaîne d'Etat vénézuelienne Telesur de cette présidentielle en Bolivie... Après tout, débusquer des complots impérialistes dirigés depuis Washington, à Caracas ça fait longtemps que c'est devenu une spécialité.

En Argentine le président sortant c'est Mauricio Macri, et lui n'est pas sûr de passer le premier tour de la présidentielle de dimanche.

Alors bien sûr on ne va pas présager des résultats de cette élection qui a lieu dans deux jours, mais si l'on se fie à la presse argentine et à ses comptes-rendus des derniers meetings qui ont eu lieu hier soir, c'est vrai que Mauricio Macri n'est vraiment pas favori face au ticket péroniste constitué par Alberto Fernandez (c'est lui le candidat officiel) et l'ex-présidente et première dame Cristina de Fernandez Kirchner (c'est elle qui tire les ficelles et qui rameute les foules). 

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Macri, il faut dire, paye les pots cassés de la très profonde crise économique qu'il n'a pas réussi à éviter à l'Argentine, malgré (ou à cause de, c'est selon) les prêts qu'il a obtenu de la part du FMI ; le président sortant, nous dit El Pais, ne peut guère plus compter que sur "un miracle" dimanche pour ne pas être sorti dès le premier tour. Il a eu beau "redonner un peu d'euphorie" à son discours final, hier à Cordoba, rien n'y fait :  sa campagne aura eu le plus grand mal à se départir d'un poisseux "parfum de défaite" et El Cronista, à Buenos Aires, confirme que "Macri n'a guère d'autre objectif à se stade que de se qualifier pour le second tour". 

Il faut dire que le système électoral argentin a une particularité : il comprend une sorte de vote avant le vote, de sondage grandeur nature sous la forme d'une "grande primaire générale et obligatoire", où tous les électeurs doivent choisir un candidat parmi les pré-candidats déclarés dans chaque parti. Ce "PASO", comme on l'appelle, s'est déroulé le 11 août et il a donné 16 points d'avance à Alberto Fernandez. Une telle avance, regrette le journal La Voz del Interior, a déterminé tout le reste de la campagne, et plombé les espoirs de Mauricio Macri. "Il est encore temps, dimanche, d'inverser la tendance", a-t-il tout de même déclaré à ses quelque 100 000 partisans, réunis hier soir à Cordoba...  avec un slogan révélateur d'auto-conviction : "si, se puede ! ", oui, c'est possible.

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Au même moment, le péroniste Alberto Fernandez avait un boulevard devant lui pour fustiger, dixit La Nacion, les ravages du "néolibéralisme" incarné par son rival, promettre aussi rien de moins qu'un "changement de modèle économique".  C'est oublier un peu vite que derrière le favori de cette présidentielle il ya bel et bien l'ex-présidente Cristina kirchner, la face cachée de l'iceberg, selon la caricature que publie La Nacion

L'absence révélatrice de Cristina Kirchner
L'absence révélatrice de Cristina Kirchner Crédits : LA NACION / Alfredo Sabat

Oublier aussi que son bilan économique à elle, jusqu'en 2015, était à peine plus reluisant que celui de Mauricoi Macri aujourd'hui, et qu'elle est mise en cause dans une dizaine d'affaires de corruption. Ca ne l'empêche pas de briguer dimanche la vice-présidence, mais pour Clarin, les électeurs argentins gagneraient à une clarification, qu'Alberto Fernandez soit plus lui-même et moins le paravent de Cristina Kirchner... pour que l'Argentine sache pour qui elle va vraiment voter ce dimanche. 

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