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La conférence de presse d'Emmanuel Macron a été suivie par de nombreux médias étrangers

Après la conférence de presse d'Emmanuel Macron, "rien de nouveau" estime la presse étrangère

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La revue de presse internationale s'attarde aujourd'hui sur les réactions dans la presse étrangère après la prestation du Président français pour tenter de répondre à la crise des "gilets Jaunes". Coup d'œeil également sur la couverture de la situation au Soudan.

La conférence de presse d'Emmanuel Macron a été suivie par de nombreux médias étrangers
La conférence de presse d'Emmanuel Macron a été suivie par de nombreux médias étrangers Crédits : Ludovic Marin - AFP

Certains quotidiens ne sont pas tendres ce matin avec Emmanuel Macron. Nos voisins suisses par exemple. 

Emmanuel Macron qui a apporté des "réponses décevantes" selon Le Courrier. Réponses à la crise des "gilets jaunes". Sous la plume de Laura Drompt qui s'interroge : "Le président français les a-t-il réellement comprises ces demandes et les inégalités profondes qui les motivent ?"

Et de poursuivre : "Annonce d’une baisse de l’impôt sur le revenu – mais pas le retour de l’ISF – tout en promettant de renforcer les services publics. Ce qui nécessitera une réduction de la dépense publique. Vous avez dit antinomique ?", questionne l'éditorialiste suisse. "Aux Français qui souffrent des emplois précaires aboutissant à de maigres retraites, poursuit-elle, il répond 'allongement du travail'. Emmanuel Macron a eu beau marteler qu’il fallait 'réhumaniser son projet de transformation de la société', l’intention est de poursuivre au pas de charge des réformes ultralibérales qui ont mis le pays à feu et à sang". 

Laura Prompt rappelle alors comment le gouvernement français a géré les manifestations de "gilets Jaunes" : "Répression par les forces de l’ordre, gardes à vue à la pelle, fichage des manifestants depuis les hôpitaux de Paris, violences policières y compris envers des personnes pacifiques. La France en est arrivée à l’arbitraire, la punition collective, sans droit à un jugement équitable." 

A l'approche du 1er mai, Laura Prompt estime que "le gouvernement français semble être devenu accro aux fumées lacrymogènes".

Restons en Suisse avec La Tribune de Genève. "Au-delà de ces mesures, rien de nouveau", pour Alain Rebetez.

Et Le Temps également. Richard Werly qui écrit "Ceux qui attendaient - mais y en avait-il ? - un grand "big bang" institutionnel, économique et social de la part d'Emmanuel Macron en sont à nouveau pour leurs frais." 

"Le 'transformateur' Macron, poursuit Le Temps, s'est mué en 'réparateur' de la France qu'il affirme désormais mieux comprendre. En langage politique simple : cela se nomme l'apprentissage de la maturité."  

Et c'est vrai que beaucoup de journalistes étrangers rappellent le jeune âge du président français, 41 ans. Adam Nossiter, le chef du bureau parisien du New York Times notamment. Ce dernier a trouvé des bonnes choses dans la prestation hier d'Emmanuel Macron : "Fini l'arrogance. Plus d'humanité, de compréhension, d'écoute." Un Président "moins directif" estime Nossiter "qui a offert une dose d'humilité ce jeudi soir". 

Au Soudan, des milliers de personnes ont encore manifesté hier

"L'un des plus grands rassemblements jamais organisés" depuis le début de la contestation peut-on lire sur le site de The Economist.  Le magazine britannique qui relaye les propos d'un manifestant ingénieur de 31 ans : "Nous devons continuer à exercer des pressions, explique Abuzar Awad. Sinon l'armée ne nous donnera pas nos droits." 

L'armée qui a déclaré mercredi qu'elle était disposée à partager le pouvoir avec un gouvernement de transition avant une élection présidentielle. "Mais, écrit The Economist, il ne fait aucun doute que le Conseil Militaire de Transition veut maintenir son emprise sur le pays." Il faut dire que "la junte, selon le site, a beaucoup à perdre". "On estime que 65% à 70% des dépenses de l’État soudanais sont consacrées à la sécurité, contre 5% à peine pour la santé publique et l’éducation. Les familles liées aux forces armées et aux services de sécurité dirigent les entreprises qui dominent l’économie soudanaise. La corruption est monnaie courante."

Que doit faire le peuple soudanais pour espérer une réelle démocratie ?

Il doit s'organiser ! Pour The Middle East Monitor, "La gestion du conflit dans le 'nouveau Soudan' doit incomber à la population". Et l'auteur de cette tribune, Firas Abu Hilal prévient : "Les militants parmi le peuple soudanais se tromperont s’ils se fient uniquement à l’élan populaire actuel. L’expérience acquise avec les révolutions arabes suggère qu’un tel élan ne peut durer éternellement. La seule garantie, poursuit-il, est de transformer la dynamique populaire en un mouvement politique fort et organisé, capable de faire face aux conflits. Tout retard à cet égard compliquera les choses, laissant l’avenir dépendant du parti le plus puissant : l’armée." 

Alors la ou les solutions selon l'auteur de l'article : "Le plus important des principes sera peut-être l’instauration d’un régime civil fondé sur la séparation des pouvoirs et l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il doit y avoir un accord sur un projet fondateur du nouveau régime." Et de reprendre l'exemple du Printemps arabe : "L’expérience tunisienne est peut-être à regarder. Le peuple tunisien a élu une assemblée constituante qui a jeté les bases du nouveau régime et approuvé une constitution largement acceptée par le peuple, les politiciens et les partis, chacun pouvant contribuer à sa rédaction."

Et je conclurai ce sujet soudanais par cette phrase lue toujours dans The Middle East Monitor : "Les révolutions populaires arabes ont non seulement des dimensions et des revendications internes, mais aussi des révolutions d'indépendance et de dignité."

Je vous rappelle qu'aujourd'hui vendredi c'est jour de manifestation en Algérie. "Les Algériens qui s’apprêtent à marcher pour le dixième vendredi de suite", rappelle le site TSA, Tout Sur l'Algérie. "Dix vendredis, cela commence à faire un peu long, écrit Makhlouf Mehenni. Même si l’idéal d’une nouvelle république qui romprait avec des pratiques vieilles de plus d’un demi-siècle nécessite un peu de patience."

Une nouvelle république... Je vous laisse le week-end pour relire Platon.

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