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Documentaire du New York Times sur "des infirmières face à la mort", le 24/02/21

Infirmières, vaccins : en première ligne face au Covid-19

6 min
À retrouver dans l'émission

Le New York Times nous fait voir la mort et la pandémie à travers le regard d'infirmières de réanimation américaines. The Financial Times révèle le prix pratiqué par les Russes pour vendre leur vaccin Spoutnik-V à l'Union Africaine. Monsieur Patate, dernière victime de la bien-pensance inclusive ?

Documentaire du New York Times sur "des infirmières face à la mort", le 24/02/21
Documentaire du New York Times sur "des infirmières face à la mort", le 24/02/21 Crédits : www.nytimes.com (capture d'écran)

The New York Times nous emmène en immersion au cœur de la pandémie de Covid-19.

Immersion éprouvante, que nous propose la section Video du quotidien américain qui a mis en ligne mercredi ce documentaire signé Alexander Stockton et Lucy King.

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Il dure 15 minutes, et il repose sur une dispositif extrêmement simple : pendant quelques jours les deux journalistes du Times ont équipé plusieurs infirmières (évidemment consentantes) du service de réanimation Covid d’un hôpital de Phoenix en Arizona, de caméras fixées à leurs blouses, pour filmer au plus près la réalité de leur travail.

"Si l’on ne travaille pas ici, impossible de comprendre ce qu'il s'y passe vraiment", dit l'une des infirmières en introduction ; elle apparaîtra plus tard dans le reportage, face caméra dans sa cuisine, revenant sur les moments filmés pour livrer son ressenti à froid. 

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Dans ces moments intimes et forts, on apprend à connaître ces femmes, leurs noms, leur parcours, les émotions qu'il n'est même plus question de repousser, et surtout, leur dévouement infini au milieu de ce service de réanimation qui accueille une douzaine des patients Covid les plus critiques de l’hôpital. 

Et la même attention est apportée aux patients, dont plusieurs vont mourir pendant le tournage sans que les caméras ne se détournent. On leur redonne une identité, une biographie rapide, on prête attention aux derniers instants de leur vie, entourés par ces infirmières qui ont déjà vu tant de malades mourir mais ne peuvent se résigner à voir un seul de leurs patients partir seul, sans qu’on lui tienne la main... Sans qu'on ne le pleure, aussi, car le rapport des soignantes à la mort (ainsi qu’à la vie qui continue en dehors, d’ailleurs) est au cœur du documentaire du New York Times

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Alors on est là, dans un service de taille plutôt réduite, dans l’Arizona, mais ce qui est bouleversant, quand on regarde ce témoignage américain, c’est que l’on se dit que ces scènes, ce dévouement, cet épuisement  à se battre contre la mort avec des moyens toujours insuffisants, on les retrouve exactement à l’identique en ce moment dans toutes les langues, et sur tous les continents. 

Sur le continent africain, le lancement tardif des campagnes de vaccination compte beaucoup sur le vaccin russe Spoutnik-V.

C’est une dépêche qui a beaucoup été reprise la semaine dernière de l’agence américaine Reuters : la Russie "offrait" 300 millions de doses à l’Union Africaine. Cela renforçait l'image, véhiculée par la presse russe, selon laquelle le Spoutnik-V serait l’alternative vaccinale accessible aux pays pauvres et notamment africains, face à l’égoïsme des grands laboratoires occidentaux qui réservent leurs précieuses doses pour leurs pays riches.

Sauf que d’après une enquête du Financial Times, cette façon de présenter les choses masque une autre réalité : d’abord, une nuance de traduction dans la dépêche Reuters, la Russie n’a pas "offert" 300 millions de doses mais les a proposées à la pré-commande... Avec "des offres de financements adaptées". En clair, des propositions de crédits auprès de banques russes. Et surtout, le Spoutnik-V est proposé, toujours selon le Financial Times, au prix 9,75 $ la dose (et il en faut deux), quand Astra-Zeneca vend le sien 3 $ à la même Union Africaine, et Pfizer à 6,75 $.

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Le vaccin russe, labellisé un peu vite "vaccin du tiers-monde", est donc vendu aux Africains trois fois plus cher que son concurrent occidental le plus abordable. Mais la firme qui produit le Spoutnik-V argumente tout de même qu’au moins, son vaccin sera disponible en Afrique dès le mois de mai, quand les commandes passées par l’Union africaine aux labos européens ou américains, elles, ne devraient pas être livrées avant le 3e voire le 4e trimestre 2021, une fois que l’essentiel des commandes passées par les pays riches auront été honorées.

Pour terminer la semaine, une polémique qui nous emmène au rayon "Jouets" des supermarchés américains. 

... Où beaucoup d’Américains ont craint ces dernières heures pour la survie d’un des plus populaires jeu pour enfants aux Etats-Unis, j’ai nommé Monsieur Patate (vous savez, cette patate en plastique sur laquelle on peut ajouter des accessoires, habits, chapeaux, yeux, buche, nez, etc). 

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J'ai nommé Monsieur Patate ou plutôt Patate tout court, c’est tout l’objet de cette information capitale développée entre nombreux autres par le New York Post : la société qui commercialise le jouet, Hasbro, a décidé de renommer Mr Patate en lui enlevant le "Monsieur" pour qu’il soit "moins genré, plus inclusif pour toutes les identités de sexe et de genre".

Vous imaginez déjà ce qui a suivi, un déferlement de critiques contre la marque accusée dans les milieux conservateurs de donner raison aux ayatollah du genre, d’effacer le masculin et le féminin, de céder à la tyrannie des des ultra-progressistes "woke" et au diktat de l’effacement : la fameuse "cancel culture" appliquée aux jouets à moustaches. 

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Le magazine en ligne Daily Beast nous raconte ensuite qu’Hasbro a dû faire un deuxième communiqué pour calmer tout le monde et préciser que Monsieur Patate en tant qu’individu viril n’allait pas disparaître, mais qu'il serait simplement vendu désormais avec toute sa famille, sous le nom de "famille Tête de Patate" avec tous les accessoires pour faire un papa, une maman et un enfant Patate… Ou bien deux papas Patate... Ou bien deux mamans Patate, enfin toutes les combinaisons possibles, au gré de l’imagination et de la sensibilité des joueurs. 

On rappellera, à toutes fins utiles, que la boîte de jeu n’a jamais contenu, comme accessoire, de petits organes sexuels externes mâles en plastique. Donc pas besoin de crier à la castration du pauvre Mr Patate. 

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Et d'ailleurs, toute dérisoire que soit cette polémique par rapport au reste de l’actualité mondiale, elle nous permet tout de même de nous interroger sur ce qui fait les attributs que l’on prête à la masculinité, la féminité, résumés en l’occurrence à quelques vagues accessoires vestimentaires interchangeables. D'ailleurs, n'est-ce que ce n’était pas déjà le principal plaisir de ce jeu, de mélanger tous les accessoires, le soi-disant masculin, le présumé féminin, pour créer de nouvelles personnalités qui sortent un peu de l’ordinaire ?

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