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Masques et distanciation physique de rigueur à la Tour Eiffel, le 25/06/20

La France, bon élève du déconfinement dans une Europe qui risque la rechute

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Alors que les données épidémiologiques mondiales montrent que la pandémie de Covid-19 progresse encore, plusieurs pays qui ont entamé leur déconfinement font face à une hausse des contaminations et reviennent en arrière... sauf la France, bon élève pour le moment selon The Financial Times.

Masques et distanciation physique de rigueur à la Tour Eiffel, le 25/06/20
Masques et distanciation physique de rigueur à la Tour Eiffel, le 25/06/20 Crédits : Thomas Samson - AFP

Ce matin (ce n'est pas si courant en lisant la presse internationale) on trouve dans celle-ci des raisons d'être un brin chauvins.

En particulier dans un article du Financial Times paru dans l'édition de lundi 22 juin mais qui prend encore plus de relief  ce vendredi. Cet article, il est titré "La France montre à l'Europe comment il est possible de déconfiner tout en gardant la COVID-19 sous contrôle". Notre pays (et ça ne s'est pas infirmé depuis lundi) fait figure de bon exemple d'un déconfinement qui pour le moment n'a pas amené à une hausse inquiétante des cas de contaminations détectés. Et pourtant, et c'est là que cet exemple français prend toute sa valeur, ailleurs autour de nous les indicateurs sont plutôt en train de virer à nouveau à l'orange foncé. 

Ca, c'est ce que nous revèle ce matin The Guardian, à Londres : il a étudié les données épidémiologiques des 45 pays qui ont enregistré plus de 25 000 cas à ce jour ; il a constaté que 21 sur ces 45 ont entamé leur déconfinement en allégeant les protocoles sanitaires ; et sur ces 21-là, 10 selon le Guardian voient l'épidémie repartir à la hausse. 

Dans ces pays il y a bien sûr l'Allemagne qui a du reconfiner plusieurs cantons cette semaine, il y a aussi Israël qui d'après les données officielles citées par The Jerusalem Post, voit son nombre de personnes contaminées "doubler tous les 8 à 10 jours" et parle clairement d'une "deuxième vague" en cours.  

Parmi les 10 pays à risque du Guardian il y a aussi l'Ukraine, les Etats-Unis bien sûr, la Suisse, l'Iran la Suède, l'Arabie Saoudite, le Bangladesh ou l'Indonésie... et puis il y a, tiens donc, la France avec "12% de cas en plus la semaine dernière" : le bon élève, qu'on se le dise, ne saurait se reposer sur ses acquis...

Pour poursuivre dans la cartographie du virus, il faut se plonger dans les cartes interactives que publie le New York Times.

Oui c'est une impressionnante série de cartes animées qui nous donnent une visualisation assez pasionnante de la manière, comme le dit le titre de ce long article, dont le coronavirus a gagné la planète et les Etats-Unis en particulier.

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On remonte donc aux origines du mal, au mois de février, les touts premiers cas en territoire américains, tous ramenés par avion de Chine, à Seattle et New York aux deux extrémités des Etats-Unis, comment ces deux souches se sont propagées dans l'intérieur du pays par les lignes aériennes intérieures, comment une troisième souche a conquis les Etats du Sud en utilisant comme véhicule une femme de 67 ans qui a participé au Carnaval de Mardi-gras en Louisiane avant de regagner Memphis, Tennessee.

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Cette débauche de données épidémiologiques rendues vivantes par les cartes interactives permet aussi à l'équipe de New York Times de tirer des conclusions sur l'efficacité ou non des politiques publiques mises en place par les autorités locales : les confinements ont glogbalement été décrêtés trop tard (facile à dire à posteriori), comme à New York où l'on nous dit que si les restrictions de déplacements avaient été prises une semaine plus tôt, on aurait pu sauver 22 000 vies rien que dans la mégalopole et 36 000 à travers le pays. 

Mais le Times ne se perd pas en reproches, car il a accès (et il ne reconnait) à des informations qui n'étaient pas disponibles à l'époque : au moment où l'Amérique pensait pouvoir isoler les 15 premiers cas détectés à la mi-février, on sait aujourd'hui qu'il y avait en fait environ 2000 personnes contaminées sans qu'on le sache, et qui avaient commencé à disséminer la Covid-19.  

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Tout ça pour dire que contrairement à ce que semble croire Donald Trump, l'épidémie est loin d'être sous contrôle aux Etats-Unis. CNN nous confirme d'ailleurs que les Etats de Californie, Floride et Texas font face à une envolée du nombre de cas détectés ; le Texas vient d'ailleurs de décrêter une "pause dans le déconfinement". Et d'autres se préparent à en faire de même, constatant que le pic de contamination n'est pas encore passé sur une Amérique qui compte pourtant déjà plus de 124 000 morts, selon l'implacable compteur du New York Times.

C'est vendredi, et le vendredi au Ghana, on ne s'habille pas n'importe comment.

Eh non le vendredi à Accra, on sort les couleurs et les motifs particulièrement reconnaissables du wax, ce tissu que l'on appelle souvent pour aller vite "tissu africain" et dont le gouvernement ghanéen a fait une sorte d'étendard national dès 2004 quand il a demandé à ses administrés, chaque vendredi, de s'habiller de vêtements en wax pour afficher leur fierté africaine et soutenir l'industrie textile locale.

Tout ça, c'est Clare Spencer, de la BBC Afrique, qui nous l'apprend dans un long reportage aussi plein de vie et de couleurs de que son sujet. Son titre nous livre immédiatement la problématique : "l'imprimé wax est-il une fierté africaine ou bien un héritage colonial ?"

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Eh bien, n'en déplaise aux autorités ghanéennes et à ceux qui portent du wax chaque vendredi dans les rues d'Accra et d'ailleurs en Afrique, la bonne réponse est clairement la deuxième : le wax n'a quasiment rien d'africain sinon sa consommation, il n'est pas né en Afrique mais aux Pays-Bas au milieu du 19e siècle, inspiré de techniques ancestrales de tissus cirés et teints apprises par les colons hollandais en Indonésie puis industrialisées dans des usines néerlandaises ou anglaises, et lancées sur les marchés africains où il a rencontré un grand succès dès la fin du 19e pour son côté pratique et (paradoxalement) exotique !

Aujourd'hui, ces tissus que s'arrachent les jeunes couturiers d'Afrique et de la diaspora sont produites dans leur grande majorité en Chine ajoute la reportreporter de la BBC comme pour parfaire le tableau mondialisé. Cette histoire, elle est pourtant connue, certains designers ghanéens d'ailleurs refusent d'utiliser le wax comme emblème de l'africanité... justement parce qu'ils y voient surtout l'appropriation culturelle globalisée qui caractérise le phénomène colonial.   

Voilà, chacun en tirera les conclusion qu'il voudra : faut-il brûler les rouleaux de wax au pied des monuments à la gloire des anciens dirigeants colonisateurs ? Je ne me lancerai pas dans ce débat, et ce n'est d'ailleurs pas l'objet du reportage de la BBC Afrique qui s'en tire avec un pragmatisme très britannique : « le client est roi, le client africain plébiscite le wax en tant que tissu africain, alors le wax est un tissu africain ». CQFD.

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