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Benyamin Netanyahou en meeting le 18 décembre 2019

Israël : Netanyahu conforté au Likoud, l'impasse politique confirmée

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En remportant la primaire de son parti de droite le Likoud, Benjamin Netanyahu consolide son emprise sur la politique israélienne, malgré les mises en examen qui le cernent et les opposants qui espéraient le voir forcé de quitter la scène. L'Italie légalise la culture de cannabis à usage personnel.

Benyamin Netanyahou en meeting le 18 décembre 2019
Benyamin Netanyahou en meeting le 18 décembre 2019 Crédits : Shang Hao - Maxppp

Rarement le terme "indéboulonnable" n'avait eu autant de sens que ce matin en Israël .

Vouqs l'aurez sans doute compris, il s'applique à Benjamin Netanyahu, Premier ministre depuis quasiment 14 ans toutes époques confondues, aux avants-postes de la politique israélienne depuis un quart de siècle, cerné par les mises en examen pour fraude et corruption... mais plus que jamais homme fort de la droite et du pays.  

Dans le Jerusalem Post, on apprend donc que cette nuit,  l'inoxydable "Bibi" (on va essayer de varier le champ lexical) a remporté haut la main la primaire de son parti le Likoud, la première fois en 5 ans que son leadership était contesté en interne. Mais là où certains (le quotidien de gauche Haaretz pour ne pas le citer, on va d'ailleurs le citer dans un instant) espéraient que ce serait le vote de trop pour Netanyahu, eh bien non : il s'en tire une fois de plus avec ce qui ressemble bien à un plébiscite, 72,5% des voix en sa faveur, contre 27,5 pour son seul rival l'ancien ministre Gideon Saar qui avait quand même réussi l'exploit de mener une campagne encore plus à droite et encore plus anti-palestinienne. 

Le Jérusalem Post remarque tout de même qu'on ne peut pas non plus parler de fol enthousiasme de la part des militants du Likoud : la participation à cette primaire n'a même pas atteint les 50% et c'est en partie à cause, nous explique-t-on, d'une "décision prise par l'organie juridique du parti qui au dernier moment à obligé de nombreux militants à aller voter loin de chez eux, ce qui en a sans doute dissuadé certains tout comme le mauvais temps" hier en Israël. 

Mais le résultat est là, et Benjamin Netanyahu n'a pas manqué de s'en féliciter tout comme le Times of Israel qui parle d'une "victoire par K-O" avec reddition immédiate du perdant qui a juré de soutenir pleinement Netanyahu aux prochaines législatives le 2 mars prochain.  Avec cette victoire, le Premier ministre consolide aussi son bloc de droite en vue de ce scrutin ; il refait le plein de confiance, se réaffirme comme seul maître à bord... et parvient à faire passer au second plan  les affaires qui lui collent à la peau. 

Tant mieux pour lui, c'est sûr, mais pour Israël alors ? Comme je vous le laissais entendre, cette victoire de Benjamin Netanyahu n'est pas du tout ce qu'espérait Haaretz, mais le quotidien ne peut ce matin que constater à quel point sa bête noire bénéficie d'un soutien inébranlable chez ses nombreux fans, soutien presque irrationnel ou en tous cas "toujours plus fort à mesure que s'amoncellent les ennuis" autour de leur leader adoré : comme si c'étaient eux qui voulaient désormais le protéger, ce Benjamin Netanyahu qui a toujours fait campagne sur l'idée qu'il était le meilleur rempart possible pour un Israël assiégée de toutes parts.    

Israël qui voit sa situation politique plus bouchée que jamais : The New York Times nous rappelle que les deux législatives d'avril et septembre avaient abouti à l'incapacité de la droite comme de la gauche à obtenir une majorité stable et à former un gouvernement. Les Israéliens vont donc devoir revoter en mars, mais la seule manière apparente de sortir de l'impasse c'était que le Likoud lui-même, en interne, décide de tourner la page Netanyahu et de proposer autre chose aux électeurs. Ce n'est pas encore pour cette fois, Benjamin Netanyahu reste au centre du jeu politique quitte à le bloquer pour encore longtemps : en mars les Israéliens seront convoqués à leurs troisième élection législative en un an avec toujours le même choix sur la table. 

Le risque, écirt Isabel Kershner dans le New York Times, c'est qu'ils se détournent tout bonnement des urnes.  Mais tout n'est pas encore écrit, sur le terrain judiciaire en tous cas : la Cour suprême d'Israël doit dire mardi prochain si un candidat mis en examen pour des crimes graves (comme c'est le cas de Bibi) peut ou non se voir confier la tâche de former un gouvernement. Ce sont donc les juges et eux seuls qui semblent avoir encore le pouvoir de "déboulonner" Benjamin Netanyahu.

Terminons la semaine avec notre rubrique jardinage...

Jardinières de balcon et paradis artificiels, en l’occurrence, en Italie où la Cour de cassation vient de légaliser le fait de faire pousser des plants de cannabis chez soi pour sa consommation personnelle. C'est un sujet qui faisait débat depuis des semaines de l'autre côté des Alpes, et l'Avvenire la juge "choquante", cette jurisprudence qui met fin à des années de ligne dure, suivie par la Justice italienne...laquelle considérait que quelque soit la quantité cultivée ou la teneur en principe actif, la culture de cannabis était un crime et devait le rester.  

Tout ça, c'est donc du passé, la Cour de cassation a tranché et pour la Repubblica, c'est "un tabou qui est en train de tomber" en Italie, celui de la légalisation in fine de la marijuana que le quotidien semble considérer comme inéluctable et souhaitable : "la route sera encore longue, écrit Maria Novella de Luca, mais un mur vient de tomber" qui dégage considérablement le chemin. 

Il faut dire, avec ce député du mouvement 5 Etoiles cité par Il Fatto Quotidiano, que la situation était difficilement tenable : la loi italienne ne considérait plus, depuis quelques années comme un crime le fait d'acheter du cannabis auprès d'un dealer (en alimentant donc l'économie parallèle et en prenant des risques pour sa santé) quand c'était toujours un crime de cultiver et fumer sa propre herbe. Il y a donc clarification, mais Il Fatto regrette qu'elle ait été apportée "par les juges et non par des parlementaires jugés bien timorés" sur ce sujet : il faut dire que la Lega de Matteo Salvini avait fait de la lutte contre la dépénalisation l'un de ses chevaux de bataille ces dernières années. 

Mais attention tout de même : Il Sole-24 Ore insiste sur le fait que les juges ont pris soin de préciser qu'il s'agit bien d'autoriser la culture et la consommation "à usage personnel, en quantités minimales". On a déjà hâte de suivre les débats au Parlement pour fixer les apports journaliers recommandés en cannabis ; on ne sait pas non plus si une brigade spéciale des jardins et balcons va voir le jour du côté des carabinieri.

Chroniques

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