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Le climat répressif s'assombrit encore sur Hong Kong, le 19 août 2020

La loi de sécurité nationale à Hong Kong pousse les dissidents à fuir par la mer

5 min
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Deux mois après son entrée en vigueur à Hong Kong, la loi liberticide de sécurité intérieure pousse certains opposants à l'exil par la mer. L'un d'eux a été arrêté et emprisonné en Chine continentale. Black-out autour de la mortalité due au COVID-19 dans les maisons de retraites britanniques.

Le climat répressif s'assombrit encore sur Hong Kong, le 19 août 2020
Le climat répressif s'assombrit encore sur Hong Kong, le 19 août 2020 Crédits : Anthony Wallace - AFP

A Hong Kong, un militant du mouvement pro-démocratie a été arrêté par les autorits chinoises alors qu'il tentait de fuir par la mer.  

Ce sont des informations livrées par la BBC World, selon qui donc une dizaine de personnes au total ont  été arrêtés dimanche alors qu'elles se trouvaient à bord d'un bateau qui avait apparemment mis le cap sur l'île de Taïwan. Parmi elles se trouvait l'opposant Andy Li quçi a depuis été placé en détention dans une prison de Chine continentale.

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On sait que Taïwan et sa présidente s'étaient dits prêts à offrir l'asile politique aux dissidents hong-kongais, fin juin, quand la loi de sécurité nationale très répressive avait été imposée par Pékin après plus d'un an de mobilisation massives ; mais ce qui frappe dans cette histoire de bateau intercepté en mer c'est (comme le souligne la BBC)  que les tentatives d'exil par la voie maritime étaient jusque-là très rares. Et ce qu'elle semble révéler, c'est que la situation est devenue vraiment très dure, voire désespérée pour les derniers activistes pro-démocratie qui n'ont pas encore fuit Hong Kong par la voie légale.  

Andy Li, lui, ne pouvait pas le faire, car il  était déjà poursuivi par la justice hong-kongaise en vertu de la loi de sécurité nationale. Dans le quotidien anglophone de Hong Kong le South China Morning Post on trouve des précisions sur cette arrestation, qui avait eu lieu le 10 août et qui était en fait le plus important coup de filet mené par la police grâce aux nouveaux droits très étendus qui lui ont été conférés par Pékin. 

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Ce jour-là, une dizaine d'opposants de premier ordre, parmi lesquels donc Andy Li mais aussi l'homme d'affaires Jimmy Lai, patron du journal Apple Daily qui a toujours soutenu le mouvement pro-démocratie, avaient été interpellés et mis en examen pour atteintes à la loi de sécurité nationale, à commencer par intelligence avec des forces étrangères.  Ce sont donc ces poursuites qu'Andy Li semble avoir voulu fuir en embarquant discrètement pour Taïwan. Il se retrouve aujourd'hui poursuivi, en plus, pour violation illégale des frontières chinoises, ce qui peut lui valloir un an de prison.   

En attendant son jugement, le jeune homme est donc détenu en Chine continentale... et ça aussi c'est une première très symbolique.  Jusque-là, poursuit le South China Morning Post, les prisonniers politiques hong-kongais ne pouvaient pas se retrouver devant des juges chinois, en vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui datait de la rétrocession de Hong Kong et qui devait garantir une autonomie judiciaire de l'ancienne colonie britannique (en gros, le respect des droits de l'Homme). C'est très précisément pour défendre ce principe que les démocrates hong-kongais ont commencé à descendre dans les rues il y a plus d'un an. Alors voir aujourd'hui l'un des leurs, détenu et jugé en Chine continentale, après avoir essayé de fuir par la mer, c'est un symbole fort.  

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Ajoutez à cela, comme on a pu le lire sur le site Hong Kong Free Press, que ces derniers jours deux députés pro-démocratie ont été arrêtés eux aussi et inculpés pour participation à des "émeutes" ; ajoutez aussi cet article du Straits Times de Singapour où l'on nous explique que la police de Hong Kong n'hésite plus à éplucher les anciennes publications et discours des personnalités de l'opposition pour trouver des raisons de les inculper pour des délits d'opinion ; ajoutez enfin, à lire dans le magazine en ligne Quartz, que la même police de Hong Kong n'a plus grand-chose à apprendre de son homologue chinoise en matière de propagande, tant elle réécrit allègrement l'histoire des récentes manifestations pour réfuter toutes violences policières. Nous sommes deux mois presque jour pour jour après l'entrée en vigueur de la loi de sécurité nationale... et pour ceux qui en doutaient encore, l'étau de la répression politique, est bel et bien en train de se refermer sur Hong Kong.

La presse britannique dénonce de son côté le black-out autour de la mortalité liée au Covid-19 dans les maisons de retraite. 

Ce sont les quotidien The I et The Guardian qui s'indignent du fait que les autorités compétentes, les agences d'évaluation de la qualité de soins en Angleterre et en Ecosse, refusent de rendre publics les nombres de morts du Covid dans chaque établissement. On connaît le chiffre global de la mortalité dans les Ehpads anglais et écossais, mais impossible pour le grand public de savoir quels maisons de retraites ont été particulièrement endeuillées, ou lesquelles ont mieux géré la crise sanitaire, alors qu'on sait qu'il y a eu des manquements graves et des situations vraiment dramatiques dans certains établissements.  

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Ce qui choque plus encore dans cette affaire, c'est la justification fournie par les agences d'Etat pour ne pas donner ces chiffres : elles disent vouloir "préserver les intérêts des sociétés privées" à qui cette dernière décennie elles ont complètement délégué ce secteur des soins aux personnes âgées. Or, si la crise a produit un effet dans la population britannique, constate The I, c'est bien la remise en question de ce mode de gestion privé, commercial et lucratif, qui a conduit dans les pires des cas à des maisons de retraites en sur-effectifs, avec un manque criant de personnel et d'équipements. The Guardian enfonce le clou en citant un rapport qui confirme ce que sont bien ces établissements-là qui ont payé le plus lourd tribut à la pandémie.  

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Voir aujourd'hui les autorités sanitaires couvrir ces sociétés gestionnaires pour préserver leurs bénéfices a quelque chose de profondément indécent, concluent les deux quotidiens qui ne nient pas par contre la gravité de la crise économique qui s'ouvrent pour ce secteur des maisons de retraites. La perte de confiance est profonde, les Britanniques retirent leurs aînés ou refusent de les y placer, et l'on s'attend à ce qu'il y ait jusqu'à 180 000 lits vides, fin 2021, dans les Ehpads du Royaume-Uni.

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