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Bombardement syrien sur Saraqeb, ville reprise par les forces rebelles

L'armée syrienne inflige à la Turquie ses pires pertes humaines depuis le début du conflit

5 min
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Une frappe aérienne syrienne a tué au moins 33 soldats turcs jeudi dans la région d'Idlib, faisant craindre une confrontation directe entre la Turquie et lla Russie alliée de Damas. Non, une armée de 100 000 canards chinois ne va pas être envoyée au Pakistan lutter contre l'invasion des criquets.

Bombardement syrien sur Saraqeb, ville reprise par les forces rebelles
Bombardement syrien sur Saraqeb, ville reprise par les forces rebelles Crédits : AREF TAMMAWI - AFP

C'est à nouveau du côté de la Syrie que se tournent tous les regards ce matin. 

Le risque là-bas, c'est celui d'une "escalade majeure": c'est l'Orient Le Jour depuis Beyrouth qui résume ainsi la situation dans le nord-ouest de la Syrie.  La région d'Idlib, on l'a déja évoqué ici, est l'ultime théâtre d'affrontement du conflit syrien, entre l'armée de Bachar El Assad et les derniers groupes rebelles mais surtout, on le comprend vite, entre leurs alliés respectifs, la Russie et la Turquie. 

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L'escalade, en vrai, ça fait des semaines qu'on nous l'annonce entre ces deux puissances, il ne manquait plus que l'étincelle : de l'avis général, elle pourrait bien être arrivée ce jeudi, quand, comme le rapporte Al Jazeera, une position de l'armée turque près d'Idlib a été détruite par une frappe aérienne. Ankara déplore au moins 33 soldats tués et plus encore de blessés, ce sont là ses plus grosses pertes humaines en Syrie, et l'attaque a immédiatemment qualifiée d'"infâme, contre les héroïques soldats martyrs" de la Turquie. 

Et comme Al Jazeera précise d'emblée que la frappe meutrière a été attribuée à l'armée régulière syrienne (et pas à l'aviation russe), le commandememt turc n'a pas tardé à lancer ses représailles contre "toutes les positions militaires syriennes connues dans la région". On comprend donc que la confrontation que l'on craignait entre Ankara et Moscou reste pour le moment indirecte, cantonnée à une escalade militaire claire entre les voisins turc et syrien. 

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En la matière, "tous les ingrédients sont réunis pour que cette confrontation-là atteigne très rapidement son paroxysme", selon le spécialiste défense de la BBC Jonathan Marcus : cela faisait des semaines qu'Ankara soutenait, à la barbe des Russes, les derniers rebelles autour d'Idlib pour assurer son emprise sur la zone frontalière avec la Syrie. Pour justifier cette intervention en terre syrienne, les Turcs font valoir leur statut d'allié de l'OTAN engagé contre la guerre que Bachar El Assad livre depuis 9 ans à son propre peuple ; ils insistent aussi sur le fait que la récente offensive d'Idlib viole les accords qui avaient été passés en septembre 2018 sur l'établissement d'une "zone de désescalade".  

Mais qu'on ne s'y trompe pas, poursuit Carlotta Gall pour le New York Times : même si ce n'est pas un avion russe qui a bombardé les soldats turcs hier soir, même si ce sont des positions syriennes et pas russes qui ont été pillonées par Ankara dans la nuit qui a suivi, la mort des 33 soldats "pousse bel et bien les deux chaperons internationaux de cette guerre un peu plus sur la pente d'un affrontement direct". 

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D'ailleurs pour bien préparer le terrain, la télé d'Etat russe Rossia24 diffusait dès hier des images accusant les soldats turcs de cibler des avions russes avec leurs lance-roquettes ;  le quotidien Kommersant reconnaissait que les Turcs avaient infligé un vrai camouflet aux Russses en permettant aux rebelles syriens de reprendre le contrôle de la ville stratégique de Saraqeb... autant de casus belli qui pouvaient conduire Moscou à hausser le ton face à Ankara qui, vu de Russie, soutient les "terroristes syriens".  

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A nouveau dans le New York Times, on nous explique que tout cela met Donald Trump dans une situation particulièrement compliquée à gérer, tant il se retrouve écartelé, pris dans un conflit de loyauté entre deux autocrates qu'il ménage depuis trois ans, Vladimir Poutine et Recep Tayip Erdogan.  

Mais le vrai drame, ce ne sont pas tant les cas de conscience du président américain que la situation, pris entre les deux feux, des centaines de milliers de civils syriens qui fuient cette région d'Idlib. Depuis des semaines ils s'entassent dans des conditions inhumaines à la frontière avec la Turquie  qui jusque-là leur était hermétiquement fermée. Ce matin, The Middle East Eye cite un haut-resposable turc selon qui des ordres ont été donnés dès hier soir pour que la frontière soit à nouveau ouverte aux réfugiés. Une manière aussi pour Ankara de rouvrir les vannes de l'émigration vers l'UE, et de forcer les Européens à s'impliquer bien malgré eux dans ce conflit.

Un mea culpa pour terminer cette semaine.

Je dois l'avouer, je me suis laissé avoir par une fausse nouvelle, une infox relayée hier sur mon compte Twitter... mais l'histoire était sans doute trop belle. 

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C'était un article du pourtant sérieux magazine américain Time qui partait d'une dépêche de la pourtant sérieuse agence Bloomberg... où l'on nous apprenait donc que "la Chine entraine en ce moment-même une armée de 100 000 canards qu'elle s'apprête à envoyer en mission commando au Pakistan, pour y combattre l'invasion des criquets dévoreurs de récoltes agricoles". 

Comme dans toute bonne fake news, il y a malheureusement du vrai : c'est vrai que certaines régions désertiques du Pakistan ont vu déferler depuis quelques jours des nuages de criquets venus de péninsule arabique, comme ceux qui ont déja fondu sur les campagnes de la corne de l'Afrique et font des dégâts désormais jusqu'en République démocratique du Congo

Et puis il est véridique, aussi, qu'en Chine on utilise cette technique ancestrale à base de canards pour faire face à ces invasions : "un canard peut en moyenne dévorer jusqu'à deux cent criquets par jour", confirme d'ailleurs dans le fameux article de Time un agronome chinois contacté pour confirmation. 

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Et comme les médias chinois relayent abondemment l'histoire (500 millions de "likes" sur les réseaux sociaux en quelques heures) en l'illustrant avec des vidéos de milliers de canards en rangs serrés sur une route sur fond de marche militaire... on se dit qu'après tout pourquoi pas, tout est possible et puis ça aide à protéger l'environnement en limitant les épandages d'insecticides... 

Sauf que ça ne marche pas du tout, cette histoire de canard :  c'est The Guardian qui siffle la fin de la récré. Non l'armée des canards mangeurs de criquets ne va pas venir sauver les paysans pakistanais ;ça ne marche pas comme ça, et de toute façon les régions pakistanaises touchées sont trop désertiques pour accueillir des dizaines de milliers de canards qui ont d'importants besoins en eau. C'est vrai qu'on avait pas pensé à ce détail...

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