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Habitants de Goma (RDC) fuyant l'(éruption du Nyiragongo par bateau, le 27/05/21

Le volcan Nyiragongo sème la panique entre Congo et Rwanda

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A la frontière entre la RDC et le Rwanda, la ville congolaise de Goma voit sa population fuir la menace d'une éruption cataclysmique du Mont Nyiragongo. En Turquie, un chef mafieux en disgrâce vide son sac sur Youtube et fait trembler la présidence Erdogan.

Habitants de Goma (RDC) fuyant l'(éruption du Nyiragongo par bateau, le 27/05/21
Habitants de Goma (RDC) fuyant l'(éruption du Nyiragongo par bateau, le 27/05/21 Crédits : Guerchom Ndebo - AFP

Un vent de panique souffle sur la région des Grands Lacs en République Démocratique du Congo... et c'est dû au volcan Nyiragongo qui menace d'entrer à nouveau en éruption.  

Le Mont Nyiragongo se trouve juste au nord de Goma, la ville congolaise au bord du lac Kivu, et dans sa première éruption samedi la lave a miraculeusement évité la métropole de plus de 600 000 habitants mais elle a détruit plusieurs villages et fait au moins 32 morts. 

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Depuis, comme le décrit le site d'info AfricaNews, la ville est secouée par de violentes répliques, qui semblent dire que la menace n'est pas passée ; et ce jeudi, le gouverneur de Goma a lancé l'ordre d'évacuer 10 quartiers sur les 18 que compte la ville, provoquant l'exode de dizaines de milliers d'habitants vers la frontière toute proche avec le Rwanda à l'Est ou à l'Ouest vers la ville de Saké toujours en RDC.  

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Dans ce reportage d'AfricaNews, on voit les embouteillages, les familles chargées de leur ballot qui s'entassent à la frontière, et l'on entend donc la peur d'un scénario catastrophe. Celui qui circule le plus depuis jeudi dans Goma, relayé par le journal en ligne de Kinshasa Politico, est le pire des trois envisagés par l'Observatoire de Volcanologie de Goma (l'OVG) :  celui qui verrait le volcan s'ouvrir sur son flanc sud, la roche en fusion dévaster toute une partie de la ville, et en même temps une autre éruption se produire sous le lac Kivu, générant une explosion et libérant du CO2 et du soufre à l'état de gaz qui pourraient potentiellement intoxiquer mortellement des milliers de personnes. 

Dans le quotidien Le Phare, on parle même de "galeries volcaniques souterraines qui menaceraient de s'ouvrir à tout moment et de lâcher des laves fumantes et des gazs toxiques". On raconte que "des autochtones ont signalé des boules de feu sortant des toilettes", ou des flammes qui sortent de fissures dans le sol" dans un des quartiers de la ville dont l'évacuation a été décrétée. 

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Voilà donc ce que fuient les habitants de Goma, loin d'être rassurés, et on les comprend, par cet observatoire, l'OVG, dont on a appris après la première éruption, en lisant là encore Le Phare, que la plupart de ses salariés n'avaient pas été payés, ni salaire ni prime, depuis plusieurs mois, et que d'après certaines sources "le volcan Niyragongo n'était tout simplement plus surveillé depuis sept mois". A présent, le gouvernement de RDC assure que tous les impayés seront versés, que tous les moyens nécessaires sont donnés aux volcanologues, mais c'est un peu trop tard pour tenter de rassurer les gens de Goma qui fuient bien au-delà des quartiers concernés par l'ordre d'évacuation.

Ils fuient, et cet exode commence à avoir des conséquences humanitaires dans toute la région des Grands Lacs : côté RDC, dans la ville de Saké à 20 kilomètres à l'ouest, on voit déferler "les 3/4 de la population de Goma", selon Radio Okapi qui décrit l'absence de solutions d'accueil et l'urgence humanitaire d'en créer très rapidement, au risque de voir se propager des maladies dues au manque de latrines et d'eau potable. Des sites vont être aménagés, assure le gouvernement congolais, avec l'aide de l'ONU. 

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Mais il y a aussi des inquiétudes sur la situation côté rwandais : la frontière qui touche l'agglomération de Goma a été traversée ces dernières 24 heures par des milliers de personnes. Quand on connaît les tensions anciennes et permanentes qui existent entre les deux pays, RDC et Rwanda, on se dit que cet exode-là pourrait rapidement poser problème. Pour l'heure, le journal rwandaisThe New Times explique que les réfugiés du Nyiragongo ont été pris en charge dans les camps de Rugegero, Nkamira et Busasamana qui reprennent donc du service après avoir accueilli ces dernières années de précédents exodes fuyant alors des combats entre l'armée et les rebelles du Nord-Kivu.  

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Pour se rassurer tout de même on lira l'interview d'un vulcanologue belge cette fois, dans Le Soir, qui explique que "le scénario apocalyptique est peu probable" à Goma... Dommage qu'on ne puisse pas lire ce genre de propos scientifiques et exempt de panique générale dans la presse congolaise.

La presse turque, elle, vit depuis deux semaines au rythme d'un feuilleton politico-criminel diffusé sur Youtube. 

Des vidéos explosives postées depuis la suite d'un hôtel dubaïote par Sedat Peker, ce chef mafieux qui était encore récemment l'un des criminels les plus puissants et craints de Turquie et qui se retrouve aujourd'hui tombé en disgrâce, poursuivi par la Justice de son pays, forcé à l'exil et sous le coup (c'est le dernier rebondissement en date annoncé par le quotidien Sozcu) d'un mandat d'arrêt qui lance les polices et services secrets turcs à ses trousses. 

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Car dans ces vidéos Youtube, précise la BBC en langue turque, Sedat Peker vide son sac, lave son linge sale en public et dévoile, puisqu'il n'a "plus rien à perdre", les secrets les plus sombres du régime Erdogan : les liens qu'entretiendrait l'entourage du président avec le monde du crime organisé, les basses oeuvres que Peker et ses hommes auraient réalisés pour le compte de leurs parrains politiques (assassinats de journalistes, extorsion de fonds, corruption, trafic de drogues, arrestations arbitraires et tortures en tous genres). Le tableau fait froid dans le dos ; la présidence turque fait tout pour discréditer le délateur en rappelant son très peu recommandable pedigree. L'agence d'Etat Anadolu lui a même trouvé des liens avec la mouvance guléniste accusée de tous les torts en Turquie.

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Erdogan en personne, rapporte Takvim, a juré ce jeudi de "traquer le criminel où qu'il se terre pour le traîner devant un tribunal". Mais le moins que l'on puisse dire est que tout ce déballage fait trembler Erdogan et son parti l'AKP. L'affaire fait énormément de bruit et les Turcs se ruent par dizaines de millions sur chaque nouvelle vidéo publiée. Il y a là selon David Lepeska du journal emirati The National, une sorte de remake turc de la série The Soprano sur les mémoires d'un ancien chef mafieux qui règle ses comptes... mais dans la vraie vie politique du pays. La première victime pourrait être Sedat Peker lui-même, l'hypothèse d'une démission du ministre de l'Intérieur restant sur la table même s'il a reçu ce jeudi le soutien appuyé de Recep Tayyip Erdogan en personne. 

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