LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le président tunisien Kaïs Saïed, au Qatar le 16/11/20

En Tunisie, une tentative d'empoisonnement du président... sans pièce à conviction

6 min
À retrouver dans l'émission

Le cabinet du président tunisien Kaïs Saïed a reçu un courrier contenant une poudre suspecte qui a rendu malades deux personnes. Une enquête est ouverte, sur fond de grave crise politique. Aux Etats-Unis, l'élue républicaine pro-Trump et Q-Anon Marjorie Taylor Greene a-t-elle sa place au Congrès ?

Le président tunisien Kaïs Saïed, au Qatar le 16/11/20
Le président tunisien Kaïs Saïed, au Qatar le 16/11/20 Crédits : Karim Jaafar - AFP

La rumeur semble se confirmer en Tunisie : le président Kaïs Saïed aurait donc bien été victime d'une tentative d'empoisonnement.  Elle était née, cette rumeur, dans la presse algérienne mercredi après qu'un communiqué énigmatique de la présidence à Alger s'était "enquis de la santé du chef de l'Etat tunisien après des informations sur une tentative d'empoisonnement", alors qu'à ce moment-là, Tunis n'avait encore rien du tout révélé au public. 

Forcément, le palais de Carthage avait dû communiquer à son tour, et il a fini par confirmer l'info : oui, relate La Presse de Tunis, Kaïs Saïed a bien reçu lundi dernier une enveloppe sans document mais avec une poudre suspecte à l'intérieur : oui, l'agent du cabinet présidentiel qui a ouvert le courrier, ainsi que la directrice du cabinet, ont été victimes de malaises, la directrice a même dû être hospitalisée ce jeudi.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Alors bien sûr, rapporte le site Algérie 360, une enquête a été ouverte, il se dit dans la presse d'à peu près tout le Maghreb que c'est de la ricine qui aurait été utilisée, un poison très violent donc quelques milligrammes, sous forme de poudre, suffisent à tuer leur victime. Sauf que, dans cette affaire tunisienne, les enquêteurs n'ont toujours pas pu récupérer la fameuse enveloppe puisque, selon la présidence, elle a été "passée à la déchiqueteuse" immédiatement après avoir été ouverte. Un réflexe étonnant, s'il en est, quand on parle d'une enveloppe contenant potentiellement un poison en poudre. Mais le fait est, confirme la chaîne de télé tunisienne Attessia, que la Justice n'a toujours pas entre les mains la principale pièce à conviction, et tant que la poudre suspecte n'a pas été analysée, la réalité de l'empoisonnement reste soumise à caution.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La chaîne Attessia se retrouve d'ailleurs prise, malgré elle, dans cette affaire : comme nous le révèle Kapitalis, l'un de ses journalistes, Riad Jrad, a été arrêté par la police mercredi, peu de temps après avoir été l'un des premiers à ébruiter la rumeur de l'empoisonnement. Il a été libéré quelques heures plus tard, mais le plus étonnant c'est que, dans son communiqué de jeudi soir, la présidence tunisienne redit à quel point elle se porte garante de la protection de la liberté de la presse et des journalistes. Riad Jrad s'est même exprimé, toujours dans Kapitalis, pour remercier le président Saïed de l'avoir personnellement appelé pour s'enquérir de sa santé après sa garde-à-vue.  

Et c'est là que l'on aborde l'arrière-plan politique de toute cette affaire de tentative d'empoisonnement : elle survient à un moment où, le président est doublement fragilisé, à la fois par les manifestations violentes qui se multiplient à l'occasion des dix ans de la révolution du Jasmin et de ses espoirs déçus, mais aussi par le conflit ouvert qui l'oppose à son Premier ministre Hichem Mechichi. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Jeune Afrique nous explique que ce dernier, la semaine passée, a mené un remaniement gouvernemental vécu comme un camouflet par le président qui a vu notamment le ministre de l'Intérieur, l'un de ses plus proches alliés, se faire limoger. Lundi, jour où est arrivé le courrier suspect, Kaïs Saïed a prononcé un discours très virulent contre son chef de gouvernement, laissant éclater leurs dissensions au grand jour. Alors, en critiquant à demi-mots l'arrestation du journaliste Riad Jrad, le président essaye-t-il de jeter le soupçon sur son adversaire politique Mechichi ? Toute cette affaire d'empoisonnement présumée est-elle liée à ce contexte politique délétère ? Il semblerait que la réponse à ces questions ait disparu lundi dans une déchiqueteuse.  

Aux Etats-Unis il y a un nom qui revient beaucoup ces derniers jours dans les journaux.

Marjorie Taylor Greene, c'est le nom de cette élue républicaine à la Chambre des représentants qui a remporté son élection en Géorgie début novembre et qui, depuis, a donc rejoint les bancs du Congrès où elle se retrouve aujourd'hui visée par une procédure démocrate visant à la faire expulser de l'hémicycle au motif qu'elle représenterait "un danger pour la démocratie américaine". 

Oui, car Marjorie Taylor Greene fait partie de ces "bébés-Trump" qui sont en train de s'affirmer au sein du Parti Républicain, élus avec le soutien de l'ex-président et sur des bases tout aussi populistes, suprémacistes blanches et complotistes que ce dernier. Marjorie Taylor Greene, pointe par exemple The Sacramento Bee, c'est cette femme qui soutient ouvertement les théories conspirationnistes délirantes et dangereuses des Q-Anons, qui affirmait il y a deux ans que les incendies géants de Californie avaient été causés volontairement par des lasers activés depuis l'espace. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

CNN a également retrouvé des vidéos d'avant son élection, où elle soutient que les tueries de masse dans les écoles de Sandy Hook et Parkland ces dernières années seraient en fait des mises en scène du lobby anti-armes. Et enfin, la chaîne a exhumé des messages sur les réseaux sociaux où elle apporte son soutien à des appels à exécuter la chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, "d'une balle dans la tête".  

Cette personne dont on parle est donc aujourd'hui élue républicaine à ce même Congrès. Pire, elle a même été désignée tout récemment pour siéger au sein de la commission éducation de la Chambre des représentants : c'est trop, pour Nancy Pelosi en personne :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La speaker démocrate questionne le fait que le Parti républicain ait pu laisser Taylor Greene, qui s'est donc moquée de la mort de dizaines d'enfants à Parkland et Sandy Hook, siéger à la commission éducation. "A quoi ont-ils pensé, demande-t-elle, si tant-est qu'on puisse appeler ça penser ?". 

Et c'est là toute la question, reprise par le site Axios, l'attitude des républicains face à cette frange pro-Trump qu'incarne Marjorie Taylor Greene. Comment cette femme a-t-elle même pu être désignée candidate et élue alors que l'on connaissait ses positions, et qu'à l'époque cela n'a semblé choquer personne dans les rangs républicains ? Le chef du groupe Républicain au Congrès, Kevin Mc Carthy a promis de convoquer Taylor Greene pour un rappel à l'ordre... Trop peu, trop tard, selon les éditorialistes du Washington Post notamment qui y voient un forme de protection que le parti apporterait à sa membre. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le procès engagé contre Marjorie Taylor Greene est bien celui de l'héritage politique de Donald Trump, un défi lancé au Parti républicain pour qu'il éclaircisse sa position et qu'il fasse le ménage dans ses rangs. En bonne héritière, Marjorie Taylor Greene s'est elle contentée de rejeter les accusations contre elle en les qualifiant de "fake news" et en accusant à son tour CNN de vouloir "l'effacer", à l'image de cette "cancel culture" qui fait tant fantasmer la droite américaine.

Chroniques
7H40
45 min
L'Invité(e) des Matins
Au pays de la nuit avec Leïla Slimani
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......