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La journaliste maltaise a été tuée le 16 octobre 2017 par une bombe placée sous sa voiture, provoquant un émoi populaire qui lui dressa un sanctuaire au pied d'un monument de la La Valette (photo prise le 19 octobre 2017).

Meurtre de la journaliste Daphné Caruana Galizia : le rapport qui accuse le gouvernement maltais

7 min
À retrouver dans l'émission

L'enquête indépendante sur l'assassinat de la journaliste d'investigation Daphné Caruana Galizia conclue à un "effondrement de l'Etat de droit", et une culture de l'impunité à Malte. Au Pérou, qui est le nouveau Premier ministre ? Sortie de l'album posthume et "visionnaire" de Prince.

La journaliste maltaise a été tuée le 16 octobre 2017 par une bombe placée sous sa voiture, provoquant un émoi populaire qui lui dressa un sanctuaire au pied d'un monument de la La Valette (photo prise le 19 octobre 2017).
La journaliste maltaise a été tuée le 16 octobre 2017 par une bombe placée sous sa voiture, provoquant un émoi populaire qui lui dressa un sanctuaire au pied d'un monument de la La Valette (photo prise le 19 octobre 2017). Crédits : MATTHEW MIRABELLI - AFP

Il n'y a que ça ce matin dans la presse maltaise, l'enquête indépendante sur le meurtre de la journaliste Daphné Caruana Galizia a été publié hier, et juge le gouvernement maltais de l'époque en partie responsable de sa mort.   

Tous les articles de Malta Today sont consacrés à ce rapport d'enquête sur l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia
Tous les articles de Malta Today sont consacrés à ce rapport d'enquête sur l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia Crédits : Malta Today

"Ce meurtre est l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire de Malte ", ce n'est pas moi qui le dit, mais le Premier ministre actuel, Robert Abela lors d'une conférence de presse organisée dans la foulée de la publication du rapport hier.  

L'enquête ne le met pas lui en cause, puisqu'il n'était pas Premier ministre en 2017, quand la journaliste a été assassiné, mais ce que décrit l'épais rapport de 500 pages rédigé par deux anciens magistrats et un juge, c'est une atmosphère d'impunité, générée depuis les plus hauts échelons du pouvoir et de l'administration "dont les tentacules se sont ensuite propagées à d'autres institutions telles que la police, et les autorités de régulation... ce qui a entraîné un effondrement de l'Etat de droit".  Rien que ça, dans un pays de l'Union Européenne.   

TheTimes Of Malta, précise "Bien que l'enquête n'ait trouvé aucune preuve de l'implication du gouvernement dans l'assassinat de la journaliste, il a créé un « climat favorable » pour que quiconque cherche à l'éliminer le fasse avec le minimum de conséquences ".   

De la police inepte aux politiciens puissants : le verdict de l'enquête sur des personnalités clés, titre The Times Of Malta dans un autre article. Les personnalités clés, ce sont l'ancien Premier ministre de Malte Joseph Muscat, son chef de cabinet Keith Shembri et le commissaire Lawrence Cutajar.  

Il ne fait aucun doute que la publication des Panama Papers et l'implication d'un ancien ministre, et du chef de cabinet ont porté préjudice au gouvernement dirigé par Joseph Muscat", écrit le journal. " Il était alors évident que la journaliste, qui avait publié ces articles en 2016, disposait d'informations extrêmement sensibles qui auraient pu ruiner les plans des grandes entreprises ainsi que la stabilité du gouvernement.   

Lors de son audition, pour cette enquête, Joseph Muscat a même admis que la journaliste était alors la seule opposition du pays, rappelle The Times of Malta.  Mais le besoin évident de protéger la journaliste ne fut pas évident pour les commissaires de police et les services de sécurité, selon l'enquête indépendante, qui parle même, c'est cité dans tous les articles de "l'inactivité léthargique" des institutions qui n'ont pas cherché à enquêter sur les allégations graves portées par la journaliste et n'ont rien fait pour préserver les preuves qu'elle détenait.

Un rapport accablant donc, qui n'a été possible (et ça c'est le Corriere della Serra qui nous rafraîchit la mémoire), que parce que le Conseil de l'Europe a fait pression sur Malte pour qu'une enquête réellement indépendante sur cet assassinat puisse avoir lieu ; alors qu'au départ, l'enquête devait être menée par trois personnalités nommées par Joseph Muscat, l'ex Premier ministre. On imagine que les conclusions auraient été différentes le concernant.

Culture de l'impunité contestée par l'ancien Premier ministre maltais

Cette culture de l'impunité, que décrit l'enquête publiée hier, l'ancien Premier ministre Joseph Muscat la conteste. Plusieurs journaux maltais (ici et ici) se font l'écho de ses déclarations hier sur Facebook.   

Je dois faire remarquer que les réserves que j'avais au sujet de l'écart de l'enquête par rapport à son mandat d'origine, que j'ai longuement illustré lors de mon témoignage de cinq heures en décembre dernier, sont toujours d'actualité (...) Alors que l'enquête affirme qu'un état d'impunité a été créé, elle ne reconnaît pas que les tueurs à gages présumés ont été appréhendés en moins de deux mois et le cerveau présumé quelques mois plus tard, à la suite d'enquêtes impliquant entre autres Europol et le FBI. Ce fait dément toute impression d'impunité qu'auraient pu avoir les auteurs présumés. Joseph Muscat, ancien Premier ministre dans un post Facebook. 

"J'ai payé le prix politique pour cela" conclue-t-il. Et effectivement Joseph Muscat a démissionné après l'arrestation de Yorgen Fenech, un homme d'affaire, nous rappelle Malta Today.  

C'était en 2020... Trois ans après la mort de la journaliste d'investigation.   

Celui qui l'a remplacé a présenté hier officiellement ses excuses à la famille Caruana Galicia pour les lacunes de l'Etat maltais (réaction du fils de Daphne Caruana Galizia dans le tweet ci-dessous).      

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Le Premier ministre Robert Abela a même évoqué de possibles compensations financières, promis que les recommandations faites dans le rapport seraient discutées et mises en œuvre, mais il a exclu la démission du gouvernement actuel, puisque dit-il, " tous les membres du gouvernement mentionné dans l'enquête n'y sont plus".   

Ce que conteste le Times of Malta. " Lorsqu'il lui a été signalé par le Times of Malta que certains membres de son cabinet faisaient partie du cabinet de Joseph Muscat et que l'enquête a jugé le cabinet du Premier ministre collectivement responsable, Abela a de nouveau déclaré que les personnes mentionnées dans l'enquête n'y étaient plus ". Mais lui même, insiste The Times of Malta, était conseiller juridique de l'ancien Premier ministre Joseph Muscat. "A cette question, Robert Abela a répondu que l'enquête n'avait rien dit à son sujet et qu'il n'a pas été invité à témoigner devant la commission". 

La démission du gouvernement actuel est réclamé depuis hier par des groupes politiques, et des manifestants, qui dès hier se sont rassemblés devant El Castillo, le siège du gouvernement à la Valette.   

Démissionnez, excusez-vous et expulsez Muscat... titre The Independent, en reprenant quelques slogans. The Times Of Malta publie aussi de nombreuses photos de cette manifestation spontanée, arborant de nombreux portraits de Daphne Caruana, "héroine de Malte" pour avoir mis à jour le système mafieux qui relie politiciens, hommes d'affaire et criminels dans la petite île.   

Pour quels changements au final ? Malta Today retranscrit les modifications de la loi proposée par l'enquête publiée hier. Notamment l'introduction d'une infraction pénale s'inspirant du modèle italien contre la mafia. Délit d'entrave à la justice, abus de pouvoir des fonctionnaires, et protection des lanceurs d'alerte devraient aussi être introduits dans la loi, ainsi pourra s'amorcer conclue l'article "le processus de guérison de la blessure grave et traumatisante dont le pays souffre encore " depuis la disparition de la journaliste.   

Au Pérou, un Premier ministre "homophobe et misogyne" ?

Le nouveau président Pedro Castillo a nommé hier son Premier ministre, un ingénieur sans expérience politique.  

Le président péruvien Pedro Castillo prononce un discours lors d'une cérémonie symbolique d'investiture présidentielle à Pampa de la Quinua à Ayacucho, dans le sud du Pérou, le 29 juillet 2021
Le président péruvien Pedro Castillo prononce un discours lors d'une cérémonie symbolique d'investiture présidentielle à Pampa de la Quinua à Ayacucho, dans le sud du Pérou, le 29 juillet 2021 Crédits : ERNESTO BENAVIDES - AFP

La cérémonie a eu lieu dans le sud du Pays, sur le site de la Pampa de la Quinua, une plaine entourée de montagnes. Grand chapeau de paille blanc sur la tête, Pedro Castillo a juré symboliquement "pour un pays sans corruption, pour tous les peuples du Pérou, et pour une nouvelle constitution", tout le déroulé de la cérémonie est à lire dans Perou 21

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Dans un très long article, le journal Ojo Publico, oeil public rappelle que depuis son indépendance il y a 200 ans, "le Pérou a surtout été présidé par des avocats ou des militaires"... Pedro Castillo est le premier enseignant, un enseignant de campagne, le premier paysan en somme à diriger le pays. Il a mentionné les peuples autochtones dans son discours d'investiture, promis de protéger l'Amazonie péruvienne, dit son intention de récupérer les ressources naturelles, notamment les mines, qui doivent produire, je le cite, "une rentabilité sociale"... Autrement dit, avoir un effet positif sur les communautés installée à leurs abords.     

Outre ce discours, ce qui fait couler beaucoup d'encre ce matin, c'est le nouveau Premier ministre, Guido Bellido Ugarte. 

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"Qui est le nouveau chef du gouvernement ?", titrent La Republica et El Correo. C'est un tout jeune élu de Peru Libre, parti marxiste léniniste jusque là minoritaire, mais passé devant le parti de Keiko Fujimori, la candidate malheureuse des présidentielles. 

Guido Bellido Ugarte n'est membre du Congrès que depuis les dernières élections de 2021. Licencié en génie électronique, et avec mention en gestion publique et développement régional.   

41 ans... Et un passé sulfureux sur lequel s'attardent tous les quotidien péruviens. Guido Bellido est visé par plusieurs enquêtes, en ce moment même. 

  • L'une pour trafic illicite de brevets, en raison d'un coup de fil qu'il a passé à l'un des fugitifs lié à une organisation criminelle.
  • Une autre pour crime présumé d'apologie du terrorisme, parce que pendant la campagne il a eu des propos empathiques pour Edith Lagos, une terroriste du sentier lumineux qui opérait au Pérou dans les années 1980. 

Cette nomination suscite donc déjà rejet et critique, rapporte Expressp.   

Le magazine Caretas, pas le plus à droite, titre carrément "Le profil homophobe, misogyne et radical de Guido Bellido" dans un article qui fait ressortir toutes les anciennes publications du nouveau Premier ministre péruvien sur les réseaux sociaux.   

Alors que le résultat de l'élection présidentielle péruvienne s'est joué à quelques dizaines de milliers de voix, cette nomination risque de ne pas apaiser les divisions du pays.  

Prince, artiste visionnaire...  

C'est aujourd'hui la sortie de l'album posthume de Prince, "Welcome 2 America". "Bienvenu aux Etats-Unis", le morceau ci-dessous, est déjà sorti il y a quelques semaines. 

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Cet album est le choix de la critique du New York Times et les séries musicales du week-end des 7 et 8 août seront consacrées à Prince.     

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Prince a écrit "Welcome to America" en 2010, mais cela parle de 2021, titre le quotidien new-yorkais. 

Les chansons abordent le racisme, l'exploitation, la célébrité, la foi et le capitalisme, la désinformation. On entend, dans celle-ci, "La vérité est une nouvelle minorité... " alors qu'on ne parlait pas encore il y a dix ans de post-vérité, ni de Donald Trump comme potentiel candidat à une élection.  

"C'est comme si Prince savait ce qui nous attendait ", écrit Jon Pareles. "Mais Prince n'est pas pessimiste, poursuit le chroniqueur du New York Times, juste terre à terre." 

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