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La campagne continue de se tendre à 4 jours des élections présidentielles

États-Unis : la presse en ébullition à quelques encablures du scrutin présidentiel

5 min
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J-4 avant une élection qui s'annonce déjà historique. Avec un montant record dépensé en frais de campagne, et une fracture qui ne cesse de grandir, dans la population mais aussi au sein des médias américains.

La campagne continue de se tendre à 4 jours des élections présidentielles
La campagne continue de se tendre à 4 jours des élections présidentielles Crédits : AFP

J-4 avant une élection qui s'annonce déjà historique. Avec pour commencer un chiffre record dévoilé par le New York Times, et qui résonne particulièrement en ces temps de crise économique. Ce chiffre c'est 14 milliards de dollars, la somme dépensée par les partis démocrates et républicains pour les campagnes présidentielles et sénatoriales. Un record et quel record, puisque c'est le double du précédent, établi en 2016 lors du Duel Clinton-Trump.

La campagne électorale la plus chère de l'histoire des États-Unis

Le quotidien qui précise que près de 2 milliard de dollars ont servis à la seule diffusion de spots publicitaires à la télévision.  Et côté financement, le journal note que les dons ont particulièrement augmenté : près d'un milliard de dollars ont été récoltés par Joe Biden, en provenance de petits donateurs comme de milliardaires prêt à faire chauffer le carnet de chèque.

Et sur le fond, la campagne semble ne jamais avoir été aussi clivante, à mesure que la couperet se rapproche. Les éditorialistes du New-York Times ont depuis bien longtemps choisi leur camp, et sortent toujours d'avantage la sulfateuse. Avec des titres au vitriol dans la colonne de droite réservé aux éditos : "4 années perdues à penser à Donald Trump" signé Michelle Goldberg, ou encore "Lies, Damned lies and Trump Rallies" par Paul Krugman.

Un pays rempli de peur, de haine et de pensées apocalyptiques

On peut citer également "Les cinq grandes choses que Biden a déjà faites" signé David Brooks, dans lequel l'éditorialiste explique pourquoi selon lui le candidat démocrate est incroyablement sous-estimé, même dans son propre camp. "Biden fait campagne dans un pays rempli de peur, de haine et de pensées apocalyptiques écrit-il. Il lui serait si facile de renvoyer cette peur et cette haine aux électeurs, comme Trump. Mais Biden reste convaincu que malgré tout, les Américains aiment profondément leur pays et aspirent viscéralement à son unité" conclut l'auteur, qui estime que Grant et Eisenhower, parmi les plus grands présidents américains selon lui, souffraient du même manque de reconnaissance que son candidat favori.

Joe Biden, "un candidat sous-côté" selon l'éditorialiste David Brooks
Joe Biden, "un candidat sous-côté" selon l'éditorialiste David Brooks Crédits : AFP

Des rédactions qui explosent à l'approche du scrutin

Glen Greenwald, l'un des trois cofondateurs du site d'information américain The Intercept a claqué la porte de son propre site. Glen Greenwald est loin d'être un inconnu, puisqu'il a entre autres recueilli les révélations d'Edward Snowden sur l'agence américaine de renseignement NSA en 2013. 

Et il accuse donc aujourd'hui sa rédaction d'avoir censuré ses articles sur Joe Biden, des articles qui comportaient des éléments défavorables au candidat démocrate. "Cet épisode illustre le virus qui a contaminé quasiment tous les médias grand public de centre-gauche et les institutions académiques. Les mêmes tendances à la répression, à la censure et à l'homogénéité idéologique qui empoisonnent la presse nationale ont atteint le média que j'ai co-fondé avec, comme point d'orgue, la censure d'un de mes articles" écrit-il. À l'inverse ses désormais ex-collègues l'accusent de recycler des affirmations douteuses de l'équipe de Donald Trump, et de les blanchir sous couvert de journalisme. En voilà qui ne devraient pas se rabibocher d'ici le scrutin de mardi.

Les femmes américaines s'apprêtent à voter massivement Joe Biden

C'est en tout cas le pronostic du Wall Street Journal qui se base sur les derniers sondages. Joe Biden serait soutenu aujourd’hui par 58 % des femmes et 43 % des hommes, alors que l'actuel président Donald Trump serait soutenu par 50 % des hommes et seulement 35 % des femmes. Si cette tendance se confirmait dans les urnes il s'agirait là encore d'un nouveau record

Joe Biden serait soutenu aujourd’hui par 58 % des femmes et 43 % des hommes
Joe Biden serait soutenu aujourd’hui par 58 % des femmes et 43 % des hommes Crédits : AFP

Alors le quotidien rappelle que cette tendance des femmes américaines à voter démocrate ne date pas d'hier. Les femmes ont donné plus de la moitié de leurs voix aux démocrates à chaque élection depuis 1996, alors que les hommes ne l’ont pas fait depuis 1976 explique le journal. Ce désamour croissant va au delà de la personnalité de Donald Trump pour le Wall Street Journal, qui cherche plutôt du côté de la crise économique liée au coronavirus, une crise qui a frappé beaucoup plus durement les femmes aux Etats Unis. Avec des chiffres à l'appui : 865 000 femmes seraient sorties du marché du travail au mois de septembre, soit quatre fois plus que les hommes. 

Dans les colonnes du Washington Post, l'éditorialiste Catherine Rampelle accable elle une nouvelle fois Donald Trump dans son rapport aux femmes. Elle cite un discours prononcé par Donald Trump il y a trois jours à Lansing, dans le Michigan. Selon elle le président aurait accidentellement admis qu'il avait abandonné les femmes qui travaillent. "Je reçois aussi vos maris. Ils veulent retourner au travail, non ? Et bien nous remettons vos maris au travail" a-t-il notamment déclaré avant d'ajouter : "Les femmes de banlieues comme les autres veulent de la sécurité, elles veulent la loi et l'ordre et elles doivent l'avoir. Nous allons faire ça bien. Et j'aime les femmes, je ne peux pas m'en empêcher, ce sont les meilleures. Je les aime bien plus que les hommes ! "

Une déclaration en mauvaise et due forme pour l'éditorialiste, qui conclut tout en sarcasme :  "C'est rafraîchissant de l'entendre admettre, même accidentellement, à quel point il nous a déçus".

Bref vous l'aurez compris, cette campagne sur fond de pandémie et de violences racistes policières, est des plus clivantes, dans toutes les strates de la société américaine, qui semble plus fracturée que jamais. "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots" disait Martin Luther King. Il ne reste désormais que 4 jours avant les premiers résultats, et aucun scénario n'est à exclure. This is America

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