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L'activiste hongkongais Joshua Wong tient en main le texte qui lui notifie l'invalidation de sa candidature

Hong Kong : candidatures aux législatives invalidées pour 12 militants pro-démocratie

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Le camp pro-démocratie espérait réitérer son succès aux scrutins locaux de novembre dernier. Dans cette revue de presse, nous évoquons également le levée de l'immunité parlementaire de Matteo Salvini votée hier au Sénat italien.

L'activiste hongkongais Joshua Wong tient en main le texte qui lui notifie l'invalidation de sa candidature
L'activiste hongkongais Joshua Wong tient en main le texte qui lui notifie l'invalidation de sa candidature Crédits : Anthony WALLACE / AFP - AFP

Les électeurs hongkongais sont appelés aux urnes début septembre prochain pour élire les membres du LegCo, le conseil législatif.

Hier, les autorités pro-Pékin ont fait connaître l'invalidation des candidatures de 12 militants pro-démocratie, notamment celle de Joshua Wong, visage bien connu du mouvement des parapluies.  Voici par exemple à ce sujet la réaction de Chris Patten, ultime gouverneur britannique de Hong Kong. Pour lui, aucun doute, il s'agit d'une "purge politique scandaleuse". "Il est évident, dit-il, qu'il est désormais illégal de croire en la démocratie".

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On en apprend plus en lisant Hong Kong Free Press, site fondé par des journalistes indépendants à Hong Kong.

Déjà "le week-end dernier, peut-on lire, de nombreux candidats démocratiques ont reçu des lettres d'officiers électoraux, demandant des réponses dans les 24 heures à des questions sur leur politique et leurs positions sur des sujets tels que la loi de sécurité nationale appliquée par Pékin".

Et hier, selon le militant Joshua Wong, les autorités ont disqualifié "presque tous les candidats pro-démocratie, depuis les groupes progressistes les plus récents jusqu'aux partis modérés traditionnels"

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Dans Hong Kong Free Press, on lit également la réaction de plusieurs candidats exclus qui appartiennent au Parti civique, l'une des formations de la mouvance démocrate. Selon eux les autorités chinoises sont "inquiètes (...) de voir à nouveau une victoire du camp pro démocratie, comme lors des élections locales de novembre dernier".

Le fondateur du parti civique Dennis Kwok veut garder espoir. "Aujourd'hui, ce n'est pas la fin du monde, déclare-t-il. Aujourd'hui est le jour où Hong Kong doit repenser et aller de l'avant".

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Mais existe-t-il encore vraiment, cet espoir pour la démocratie aux prochaines législatives ? On peut en douter en lisant cet article du Guardian.  

"Il y a peu de possibilités de recours", nous apprend le quotidien britannique. "Les tentatives précédentes pour annuler des disqualifications n'ont abouti que pour des raisons techniques, et cette année les autorités ont suivi la procédure avec soin". Par ailleurs l'élection "pourrait être retardée [notamment à cause du coronavirus], ce qui laisserait aux autorités une plus grande marge de manœuvre pour démanteler efficacement le système politique qui a donné à Hong Kong une forme limitée de démocratie et d'autonomie pendant 23 ans".

Les militants hongkongais en danger pourront-ils se réfugier ailleurs pour éviter la répression chinoise qui s'intensifie ? Sur ce sujet, il y a un article à lire dans Foreign Affairs, revue sur l'actualité internationale.

Plusieurs Etats, peut-on lire, "se sont engagés à accélérer l' immigration des personnes qui fuient Hong Kong". "Mais ces pays - l'Australie, le Royaume-Uni, les États-Unis et Taïwan - sont mal placés pour tenir leurs promesses". Taïwan par exemple ne dispose pas de législation nationale en matière d'asile. "Ceux qui demandent des visas taïwanais pourraient attendre des mois sans protection ni garantie d'acceptation".  Le Royaume-Uni "pourra accueillir trois millions de personnes titulaires d'un passeport BNO", mais pour y avoir droit "il faut être né avant 1997". "Ceux qui ont participé aux manifestations de Hong Kong sont largement trop jeunes pour en bénéficier".

Le site Foreign Affairs conclut avec ces mots : 

"Exprimer son soutien aux demandeurs d'asile de Hong Kong tout en vidant de sa substance le soutien aux réfugiés en général suit une logique transparente d'opportunisme politique".

Partons pour l'Italie... où l'ancien Ministre de l'intérieur Matteo Salvini a été hier privé d'immunité parlementaire.

C'est ce qu'a voté hier le Sénat italien. Matteo Salvini, chef de la Ligue, parti d'extrême-droite, va pouvoir être renvoyé en justice dans une affaire de migrants bloqués en mer lorsqu'il était au gouvernement. Il est accusé par le tribunal de Palerme, en Sicile, de séquestration de personnes. Au mois d'août 2019, alors ministre de l'Intérieur, il avait refusé d'autoriser le débarquement de plus de 80 migrants bloqués à bord du navire Open Arms.

Discours de Matteo Salvini hier au Sénat avant le vote de la levée de son immunité
Discours de Matteo Salvini hier au Sénat avant le vote de la levée de son immunité Crédits : Andreas SOLARO / AFP - AFP

A l'audience il entend assumer ses actes. "Je suis fier d'avoir défendu l'Italie et je le referais" a-t-il dit hier.

Pourquoi est-ce une affaire importante ? Réponse dans le journal La Repubblica : parce qu'elle met en jeu tout simplement la "viabilité politique future" de Salvini. Il encourt jusqu'à 15 années de prison. Or, nous dit le quotidien, "La loi Severino de 2012", prévoit "à son article 1 (...) qu'une condition essentielle pour se présenter aux élections législatives, sénatoriales ou européennes, ainsi que pour être et rester membre du gouvernement, est d'avoir un casier judiciaire vierge, sans condamnation supérieure à deux ans. Si la sentence est prononcée au milieu d'un mandat, elle entraîne immédiatement la déchéance de ce mandat, comme cela s'est passé en 2013 pour Sivio Berlusconi, condamné pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. Il avait cessé d'être sénateur".

Est-ce pour cela que Berlusconi manifeste aujourd'hui sa compassion envers Salvini ? C'est que nous apprend Il Giornale.

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Pour l'ancien chef de gouvernement italien, "l'utilisation politique de la justice est l'arme avec laquelle la gauche veut se débarrasser de ses adversaires. C'est la même méthode qu'ils ont utilisée contre moi, dit-il, avec 96 procès et 3 636 audiences".

Rappelons pour conclure sur ce sujet qu'avant cette affaire-là, Matteo Salvini doit être jugé le 3 cotobre prochain dans une autre affaire similaire. Il lui est reproché d'avoir bloqué en juillet 2019 durant plusieurs jours 116 migrants à bord d'un autre bateau le Gregoretti, navire des gardes-côtes.

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