LE DIRECT

Le recul du droit des femmes aux Etats-Unis

5 min
À retrouver dans l'émission

Le droit à l'avortement de plus en plus contesté aux Etats-Unis, la question migratoire et les purges en Corée du Nord au menu de ce vendredi

Les répercussions du sommet raté entre le président américain et le numéro 1 nord coréen. C'était à Hanoï au Vietnam. Et la colère du grand leader est grande. Il a eu beau accuser officiellement Donald Trump de tous les maux, c'est vers son entourage que le couperet est tombé. C'est le quotidien sud coréen le Chosun Ilbo qui nous l'apprend. L'émissaire spécial de Pyongyang auprès des Etats-Unis ainsi que 4 responsables du ministère des affaires étrangères ont été exécutés, accusés d'espionnage. Le général Kim Yong Cho, l'interlocuteur de Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat américain a lui été envoyé en camp de travaux forcés et de  redressement idéologique. L'interprète du sommet en camp pour prisonniers politiques. C'est une erreur de traduction qui lui vaudrait ce traitement. 

Enfin, nul n'a oublié les image de la soeur de Kim Jong Un, à ses côtés lors des deux sommets nucléaires. Eh bien elle n'a pas été revue en public depuis le sommet de Hanoï. Son frère lui aurait conseillé de faire profil bas. Il s'agirait, explique Politico, de détourner l'attention alors que le mécontentement grandit en interne.  

Des migrants qui rapportent

Politico qui revient sur la politique migratoire de l'administration Trump Alors que le président américain menace de nouveau le Mexique. Toute la presse américaine relaie l'annonce d'une hausse de 5% sur tous les produits importés du Mexique à partir du 10 juin prochain, si Mexico ne met pas un terme à l'immigration clandestine. Mais Politico s'intéresse aussi à un projet de loi qui a les faveurs de Donald Trump et concerne non les clandestins mais les demandeurs d'asile de toute l'Amérique centrale. S'ils ont résidé dans un autre pays que le leur avant d'entrer aux Etats-Unis, l'asile leur sera refusé. Ce qui concerne plusieurs milliers de migrants qui attendent au sud de la frontière, rapporte le journal, après avoir entrepris un dangereux périple en traversant le Mexique.  Et pourtant la prospérité règne où les migrants se trouvent, écrit Bloomberg, notant d'ailleurs que Trump a beau s'en prendre aux migrants, ce n'est pas un hasard si ses affaires se concentrent dans les Etats qui les attirent, qu'ils soient clandestins ou non. Bloomberg a passé au crible une vingtaine d'Etats et son verdict est sans appel : le lien entre la richesse et le nombre de migrants est incontestable. Dans les 5 Etats qui ont la proportion la plus élevée de migrants, Californie, New York, New Jersey Floride et Texas, les revenus ont augmenté de 10% en deux ans. Et les créations d'emploi y ont été deux fois supérieures à celles dans les Etats qui accueillent moins de migrants.

L'avortement toujours plus difficile aux Etats-Unis 

Aux Etats-Unis, toujours la question de plus en plus prégnante des droits des femmes et de l'avortement.  Avec cette décision de l'Etat de Louisiane d'interdire l'avortement dès qu'un battement de cœur est détecté. Ce pourrait être dès la 6ème semaine de grossesse, explique le New York Times, un moment où la plupart des femmes ignorent même qu'elles sont enceintes. Il faudra passer un test avec ultra sons. Et le texte interdit l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. La seule exemption concerne les cas où la vie de la femme serait en danger.  Déjà la Géorgie, l'Ohio, le Mississippi ou encore le Kentucky ont adopté des lois similaires sur le battement de cœur, note la BBC.  En Louisiane, la loi a été adoptée par une majorité écrasante d'élus des deux bords (79 voix contre 23) et soutenue par le gouverneur démocrate, rappelle le New York Times. Seize Etats américains ont déjà réformé la législation sur l'avortement dans un sens toujours plus restrictif. Mais en Louisiane, souligne le quotidien, ce qui est notable c'est la coalition politique : ce sont les républicains qui ont massivement approuvé la loi mais elle a été écrite par un sénateur démocrate, que cite d'ailleurs le quotidien. "Dieu accorde un prix très élevé à la vie humaine, l'Etat de Louisiane aussi", déclare John Milkovitch, parlant d'un "cartel de l'avortement" qu'il s'agit de démanteler.  Et ce texte de loi est endossé par un gouverneur démocrate.  Pour qu'il entre en vigueur, il faudra toutefois attendre que la cour fédérale qui a été saisie du cas du Mississippi statue. 

De fait c'est en justice que tout se joue et les adversaires de l'avortement qui ont lancé cette campagne à travers les Etats du sud espèrent en arriver jusqu'à la cour suprême. Il s'agit de renverser l'arrêt Roe vs Wade qui a légalisé l'avortement aux Etats Unis en 1973. Mais attention, nous dit Politico, il ne faudrait pas que ce combat juridique, qui pourrait prendre des années, occulte un fait : même si l'arrêt Roe vs Wade est maintenu, les opposants à l'avortement ont déjà gagné. 

L'avortement a beau être légal dans notre pays, de plus en plus d'Américaines n'y ont plus accès. C'est un mouvement de restrictions progressives, qui a été entamé il y a une décennie. Dans six Etats, détaille Politico, il n'y a plus qu'une seule clinique qui pratique l'avortement, l'Etat du Missouri pourrait bientôt n'en plus avoir. Certains femmes doivent faire plus de 200 km parfois dans les zones rurales, du sud et du Midwest. L'avortement est de plus en plus cher et de plus en plus inaccessible, sans oublier les manifestations toujours plus importantes devant les cliniques qui le pratiquent, les menaces contre les femmes et les équipes médicales.  

Obstacle après obstacle, écrit le journal, les opposants à l'avortement ont peu à peu obtenu qu'il y ait de moins en moins de médecins en mesure de pratiquer un avortement ou souhaitant le faire. Politico cite une étude qui montre qu'au Texas depuis 2013, 20 cliniques privées ont fermé leurs portes en raison d'une série de lois de plus en plus sévères. Des lois contestées avec succès devant la cour suprême en 2016, mais les cliniques ne rouvriront pas. Trop compliqué d'entamer de nouveau les procédures d'autorisation et de réembaucher du personnel.  Résultat, au Texas, par exemple, décrit Politico, si le nombre d'avortements a baissé, le nombre d'avortements intervenant après 6 mois de grossesse a lui augmenté car les femmes sont contraintes d'attendre de plus en plus longtemps et de voyager de plus en plus loin.

La mobilisation de Hollywood

Pour ne pas être complètement déprimant, une bonne nouvelle dans ce dossier que reprend la BBC ce matin. La mobilisation de Hollywood contre les atteintes portées au droit à l'avortement. Connaissez vous le point commun entre Star Wars, Stranger Things, Black Panther ou encore les Avengers? Ces films et séries sont tous tournés en Géorgie, grâce à des dispositifs fiscaux très avantageux. Eh bien Netflix, Warner et Disney, Universal et Sony ont publié un communiqué hier pour prévenir qu'ils pourraient arrêter tout tournage en Géorgie ou dans les Etats qui tentent de limiter le droit à l'avortement. En Géorgie les tournages ont tout de même rapporté quelque 3 milliards de dollars l'an dernier. Dernier coup d’œil à un autre Etat américain le New Hampshire, qui nous réconforte. Le Guardian, The Hill, le Washington Post ce matin reviennent sur l'abolition de la peine de mort dans cet Etat. Le sénat  a réussi à contourner le veto du gouverneur républicain. Le New Hampshire est le 21ème Etat américain à abolir la peine de mort.

Marie-Pierre Vérot

Chroniques

7H40
47 min

L'Invité(e) des Matins

Droits des femmes : un recul mondial ?
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......