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La revue de presse internationale par Bruno Cadène

3 min

C'est un scandale encore plus énorme que celui de la FIFA qui a explosé hier avec la publication du rapport de l'Agence Mondiale Antidopage, le Guardian souligne que dans cette affaire, la Russie est accusée d'avoir mis en place un véritable système d'état de dopage généralisé, comme à l'époque de l’URSS.

Les 325 pages du rapport présenté par le Canadien Dick pound, fondateur de l'Agence Mondiale Antidopage dénonce une culture de la triche profondément enracinée en Russie. Et le quotidien britannique de rappeler les conclusions de ce rapport : la Russie a sabotée les résultats des jeux olympiques de Londres en 2012, il faut l'exclure des épreuves d'athlétisme des prochains jeux olympiques de Rio l'an prochain. La fédération russe doit être suspendue, le laboratoire anti-dopage de Moscou fermé pour avoir détruits 1417 échantillons et les responsables russes exclus à vie de l'athlétisme mondiale.

Le site américain du Daily Beast se penche lui sur l'implication du FSB, l'ex-KGB dans ce scandale.

D'après le rapport de l'AMA, les autorités russes non seulement ne pouvaient ignorer ces pratiques, mais en plus, les services secrets russes y ont participés. Le FSB aurait non seulement intimidés les athlètes russes pour qu'ils se dopent en les menaçant d'exclusion des équipes nationales en cas de refus, mais en plus, le FSB aurait fait pression sur le laboratoire anti-dopage russe pour qu'il triche et détruise les échantillons suspects. Plus grave encore, le FSB aurait infiltré ces laboratoires russes de lutte contre le dopage en faisant passer ses agents pour des techniciens. Une pratique qui se serait déroulée également durant les jeux olympiques d'hiver de Sotchi l'an passé où la Russie a terminée première au classement avec 33 médailles. Le Daily Beast qui souligne également le rôle central de Vitaly Moutko.

Le ministre russe des sports, est un très proche de Vladimir Poutine, impossible pour l'AMA qu'il n'ait pas été au courant de ce scandale. Mais Vitaly Moutko n'est pas que le ministre des sports, c'est le patron du football russe. Ancien président de la fédération russe de football, il est membre du bureau exécutif de la FIFA, il a d'ailleurs été interrogé le 22 septembre dernier à Zürich par la commission indépendante en charge du scandale de corruption à la fédération internationale de football et en plus, il est le patron de l'organisation de la Coupe du Monde de football en Russie en 2018, coupe du monde sur laquelle pèse des soupçons de corruption lors de son attribution à la Russie...n'en jetez plus...

En tous cas, il y a un média qui ce matin non seulement n'est pas surpris par cette affaire, mais qui en plus en ressort conforté, c'est la chaîne publique allemande de télévision, ARD. C'est elle qui il y a un an avait révélé le scandale dans un documentaire intitulé "Comment la Russie produit ses vainqueurs" puis qui en aout dernier avait remis ça dans un autre document accusant des athlètes russes et kenyans. C'est suite à ces révélations que le CIO, le Comité International Olympique, avait confiée cette enquête à l'Agence Mondiale Antidopage. Sur son site internet ce matin, l'ARD rappelle cela en ajoutant que ce rapport de l'AMA allait changer le sport.

Et en Russie alors ? Eh bien la presse suit la ligne officielle de dénégation et de minimisation du scandale.

Le quotidien Sovietski Sport, le sport soviétique, équivalent de l'Equipe en France, reprend les déclarations de l'anciennes championne olympique Tatiana Lebedeva selon laquelle, le dopage est une affaire du passé en Russie, aujourd'hui la Russie lutte contre le dopage affirme-t-elle et les athlètes d'aujourd'hui ne doivent pas payer pour les erreurs de leurs prédécesseurs. Le quotidien populaire, proche du Kremlin, Komsomolskaia Pravda, tente de calmer la tempête en avouant que certes il y a eu des incidents lors des jeux de Londres mais que les coupables ont déjà été punis. Pas certain que la politique de l'autruche ne résiste à la violence des attaques contenues dans le rapport de l'AMA...

La presse internationale revient également sur l'avenir de la Grande Bretagne dans l'Union européenne

Oui, Guillaume parce que c'est aujourd'hui que David Cameron, le premier ministre britannique, doit remettre sa lettre à Donald Tusk, le président du Conseil européen, sur ses demandes pour rester dans l'Union européenne en vue du référendum sur le maintien britannique dans l'Union prévu pour 2016.

Et le journal belge le Vif l'Expresse de revenir sur le discours à ce sujet hier de David Cameron.

Et cette phrase qui retient l'attention : le Royaume-Uni pourra survivre à une sortie de l'UE.

Le premier ministre fera campagne pour le "oui", mais n'exclut rien rappelle le Vif, il faut d'après David Cameron que l'UE soit suffisamment flexible et traite à égalité les membres de la zone euro et les autres, remette à plat les règles concernant la compétitivité et accepte le gel des prestations sociales pour les immigrés en provenance des états membres de l'UE.

Mais en fait comme le précise le quotidien conservateur britannique le Times, ce référendum va vite tourner au débat sur l'identité nationale britannique...

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