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La revue de presse internationale par Mathieu Laurent

5 min

La Turquie dans l'abîmeEncore et toujours la sidération ,des survivants de ce que la presse turque entre autres considère comme la pire attaque terroriste de l'histoire du pays...et pour prendre la mesure de leurs blessures .; ce témoignage à lire sur le site de la BBC .. "La première explosion est venue , quelques secondes plus tard l'autre!J'ai réalisé qu'il y avait des morceaux de corps en face de nous " A ses côtés,un jeune manifestant a encore la voix brisée et les jambes qui tremblent ",Tmoignage receuilli par Selin Girit ,rrespondant de la BCC à Ankara qui est revenu sur les lieux du drame.Le quotidien Suisse "le Temps " titre ," La Turquie en deuil et en colère",Anne Andlauer a rencontrélors de l'un de ces nombreux rassemblements qui ont eu lieu hier dans quantité de villes turques ,l'un des survivants du massacre de Suruc - 35 morts 35 militants kurdes fauchés dans un attentat revendiqué par l' organisation Etat Islamique "près de la frontière syrienne le 20 juillet dernier (ndlr) " C'est à chaque fois le même cauchemar :une bombe a décimé ceux qui voulaient la paix " . Un de ses compagnons ajoute " Deux kamikazes au coeur de la capitale , dans un meeting annoncé depuis longtemps , dans un contexte déjà violent et la police n'a rien vu ? Les services de renseignement n'ont rien su ?Le gouvernement est responsable ,il n'a pas su nous protéger. " Fin de citation.Comment le gouvernement a-t-il réagi ?Eh bien ,outre le silence -remarqué-,l'extréme discrétion du président Recep Tayep Erdogan et faute de revendication ,le chef du gouvernement Ahmet Davutoglu a énuméré quatre suspects: le groupe État islamique (EI), le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) et le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). Hier , deux sources haut placées au sein des services de sécurité, citées par l’agence Reuters, désignaient l’EI comme la piste «privilégiée».Dans les colonnes du journal Radikal (d'obédience libérale),Fehim Tastekin ,membre de la rédaction et expert du Moyen Orient ajoute que,certains militants du Groupe Etat Islamique peuvent être manipulés par le Palais. " -Qui peut être derrière les attentats ?Sur le site de Courrier International ,Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), évoque l'hypothèse de "cellules clandestines" cachées dans "les rouages de l'appareil d'Etat".Le chercheur écarte la piste du PKK un peu trop vite empruntée par le gouvernement ,qui aurait eu,je cite une réaction pavlovienne .Le PKK ajoute-t-il mène des actions ciblées sur des policiers ,des membres de l'armée.L' hypothèse d'un petit groupe d'extreme gauche lui semble peu crédible et Didier Billion de ne pas négliger l'Etat profond, qui est composé de quelques cellules clandestines, cachées dans les rouages .....de l'appareil d'Etat, notamment au sein de l'armée mais aussi de la police, et dont on sait qu'il a pu commettre des attentats, des opérations de déstabilisation, (...) de façon à tenter de ressouder les rangs autour du pouvoir en place...Autre piste,évoquée cette fois par Dorothée Schmidt, chercheuse à l'Iris: "Il existe des mouvances radicales prêtes à passer à des actions politiques violentes, notamment chez les militants de l'Akp .Certains observateurs poursuit-elle notent que les attentats ont eu lieu dans une zone d'Ankara où se trouve le siège d'institutions importantes comme le MIT les services secrets turcs .Comme dans les années 70 /80 , on peut parler d'anomie sociale et d'opacité du système politique .Nous sommes dans une guerre,mis on ne sait pas laquelle ."Fin de citation.LA question pourrait être la suivante ! Le président RecepTaype Erdogan contrôlet-il encore la situation ?Plusieurs journaux d'opposition ne cessent de le présenter en pompier pyromane ,en sultan nouvelle génération ,absolutiste, énivré par le pouvoir,et dans une fuite en avant désastreuse pour le pays ..Neil Arun ,toujours sur le site de BBC estime que sa stratégie offensive contre le PKK est "à hauts risques" ,que son laxisme si mal dissimulé à l'égard des combattants de l'organisation Etat Islamique est en train de se retourner contre lui et son camp lui et son clan .Ce qui autorise le chef du PKK,Cémil Bayik d'accuser Recep Tayep Erdogan de protéger Daech en frappant les combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan .Et puis il n'est pas question d'annuler les élections malgré la loi martiale décrétée dans les provinces du Sud Est ,ces provinces encore et tjs bombardées y compris hier ! Aucune trêve décrétée en plein deuil national !-Comment le pouvoir turc envisage-t-il de riposter face aux critiques de la communauté internationale ?Des critiques mesurées somme toute et pour répondre à votre question ,il suffit pour cela de se tourner vers l'un des médias proche du pouvoir : Yeni Safac en l'occurence .Un papier daté du 6 octobre dernier ,fait suite à la visite du président turc à Bruxelles " Il y a quelques heures ,on lisait dans les médias européens des milliers d'articles et de commentaires appelant à s'attaquer à la dictature , le tyrannie , le despotisme d'Erdogan .. voici qu"ils s'aperçoivent subitement que Mr Erdogan est un dirigeant politique dont ils ont besoin " Comprendre besoin pour contenir sur son sol les milliers de réfugiés qui fuient la guerre le titre de cet article : l' Union Européenne utilise Erdogan,quand ça l'arrange."

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