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La vie ailleurs et/ou autrement.

4 min

Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : y a-t-il de la vie sur Mars, la marche schizophrénique de la Catalogne vers l’indépendance et quand le parc de la perplexité de Banksy rejoint la jungle de Calais.
Il était 17h, hier, lorsque le monde entier, du moins à en croire la twitosphère, s'est mis a entonné la même chanson. Même Salman Rushdie y est allé de son

: y a-t-il de la vie sur Mars, "Life on Mars", comme dirait un certain David Bowie. Et tant pis si, en l'occurrence, la chanson ne parle en rien de l'existence d'une vie extraterrestre.
NASA's Hubble Space Telescope snapped this portrait of Mars within minutes of the planet's closest approach to Earth in nearly 6
NASA's Hubble Space Telescope snapped this portrait of Mars within minutes of the planet's closest approach to Earth in nearly 6 Crédits : NASA NASA - Reuters

A peine le temps de se remettre de la lune rousse que les fans d’astronomie ont donc eu fort à faire hier avec, cette fois-ci, les nouvelles révélations de la Nasa. Des scientifiques affirment que les taches découvertes à la surface de la planète rouge sont des traces d’eau, ruisselant le long des canyons et des falaises. L’eau coulerait lors des mois d’été martien, avant de sécher ou de s’évaporer à l’automne. En revanche, les scientifiques ne sont pas tout à fait certains de la provenance de cette eau, précise THE GUARDIAN, mais elle pourrait venir de glacier souterrain ou d’aquifère salin, ou bien encore de la condensation de la fine atmosphère martienne.

Toujours est-il que les implications de cette annonce inédite pourraient être nombreuses.
Tout d'abord, cette découverte nous laisse supposer qu’il est possible d’avoir un environnement habitable aujourd’hui. En particulier, elle offre la promesse de disposer de zones d’atterrissage pour des missions humaines, où l’eau pourrait être recueillie naturellement. Ou dit autrement, précise l’ancien chef des programmes d’exploration de Mars à la Nasa, interrogé par THE BOSTON HERALD : la présence d'eau liquide s’écoulant librement sur Mars serait un avantage énorme pour qui veut aller l'explorer un jour, permettant à l’équipage d'économiser énormément de place dans leur navette.

Et puis évidemment, aussitôt connue, la découverte a donc réveillé de nouveaux espoirs quant à la présence de vie sur la planète rouge. Dans les colonnes du SYDNEY MORNING HERALD, repéré par le magazine Slate, une spécialiste écrit : s'il y a jamais eu une vie microbienne sur Mars, alors elle serait encore là et s'ils ont trouvé de l'eau liquide, Mars serait le premier endroit où aller la chercher. En clair, c'est notre meilleure opportunité pour, peut-être, trouver une seconde origine de la vie, quelque part ailleurs dans le système solaire et dans l'univers.

Une autre aventure est devenue depuis dimanche un peu moins inimaginable, la déclaration d'indépendance de la Catalogne.
La presse continue de s'interroger sur ce mystère de la vie démocratique : dimanche, les indépendantistes catalans ont remporté la majorité absolue en sièges au parlement mais sont restés minoritaires en nombre de suffrages. Et c'est ainsi qu'EL MUNDO, par exemple, peut affirmer que le séparatisme a perdu son plébiscite. Tournure négative et encore plus radicale chez son confrère ABC : la Catalogne vote non à l'indépendance et oui à l’unité de l’Espagne. En réalité, l'une des principales conclusions à tirer des résultats de ces élections, c’est que la province est plurielle, tranche de son côté le quotidien de Barcelone LA VANGUARDIA.

Catalan President Artur Mas greets supporters of Junts Pel Si (Together For Yes) after polls closed in a regional parliamentary
Catalan President Artur Mas greets supporters of Junts Pel Si (Together For Yes) after polls closed in a regional parliamentary Crédits : Andrea Comas - Reuters

Quoi qu'il en soit, si la Catalogne est probablement en train de façonner l’histoire, il apparaît encore bien difficile de prédire quelle direction elle prendra, commente pour sa part LE JOURNAL DE MONTREAL. Son confrère de Genève LE TEMPS évoque même une marche schizophrénique vers l’indépendance. Sans compter que ramenée sur le terrain strictement politique, cette querelle presque matrimoniale n’en est que plus caricaturale encore. Au nationalisme des uns, les autres ont répondu par un nationalisme au carré. Oublié, dans le camp indépendantiste, le prix exorbitant que coûterait un éventuel passage à l’acte. Tout a été rêvé en rose du côté de Barcelone. Tout est vu comme possible pour une nation nouvelle, tant qu’existe la foi inébranlable en l’avenir.

Enfin de compte, écrit le gouverneur de la banque centrale espagnole, interrogé sur le portail de gauche lisboète EL DIARIO : difficile de savoir quel nationalisme est le plus déplacé : le «séparatisme miracle», qui ne tient pas compte des répercussions sur l’économie et vante la séparation de l’Espagne comme un remède universel, ou le nationalisme espagnol, qui évoque les sept fléaux, l’apocalypse et la fin de la civilisation.

Enfin quand la schizophrénie a parfois, aussi, du bon.
Quand Banksy improvise un nouveau coup d’éclat. L’artiste de rue, à l’initiative du parc lugubre et provocateur Dismaland, a trouvé une suite à son projet : «Dismaland Calais». Dimanche dernier, précise THE INDEPENDENT, le jour de la fermeture de son parc éphémère de la perplexité, Banksy a annoncé que tout le bois et les accessoires seront envoyés au camp de réfugiés de la “jungle” près de Calais, pour construire des abris.

Sur la page d’accueil du site, un photomontage superpose d'ailleurs à présent le camp de Calais au fameux château de Cendrillon, version glauque, de Banksy. Enfin dernier précision de l'artiste : aucun billet en ligne ne sera disponible.

Par Thomas CLUZEL

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