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Belle voiture américaine sur le Malecón, à la Havane, en mai 2015

La vieille garde cubaine conserve solidement le pouvoir

5 min

Le Congrès du Parti Communiste Cubain vient de s'achever à la Havane sur ce constat : rien ne change !

Belle voiture américaine sur le Malecón, à la Havane, en mai 2015
Belle voiture américaine sur le Malecón, à la Havane, en mai 2015 Crédits : Christine Moncla - Radio France

Après la visite de Barack Obama à Cuba le mois dernier, le monde c'était prit à rêver d'une ouverture du régime castriste.

Le congrès du parti communiste cubain qui vient de s'achever à remis les choses au clair : le communisme est toujours la seule issue pour Cuba. Rien de neuf sous les tropiques.

C'est d'ailleurs le mot immobilisme qui revient le plus dans la presse internationale.

Le Parti Communiste choisi l'immobilisme titre le quotidien espagnol El Pais.

Raùl Castro quittera la tête du pays en 2018 et le parti dans 5 ans. En attendant, rien de neuf.

El Pais nous précise que la vieille garde reste en place avec en numéro 2, Ramon Machado Ventura, 85 ans. Pour le rajeunissement, il ne faut pas compter sur le bureau politique, mais descendre au niveau global du comité central où la moyenne d'âge nous apprend le quotidien espagnol est de 54 ans.

Toujours en Espagne, où l'on suit particulièrement l'actualité de l'ancienne colonie, El Mundo titre également sur la famille Castro ancrée dans l'immobilisme.

Le quotidien dénonce une direction gérontocratique, un régime opaque et un pouvoir totalement bloqué.

Les frères Castro, explique El Mundo, comprennent qu'ils ont besoin de promouvoir la jeunesse, mais en même temps, ils sont confrontés à la nécessité de contrôler ce passage de témoin intergénérationnel.

Comme ce congrès sera le dernier dirigé par la direction historique, le régime limite tout changement pour assurer sa survie.

Ce congrès a donc été celui de la rigidité idéologique.

Le Journal de Montréal décrit un Raùl Castro ferme sur sa ligne politique qui défend le modèle de parti unique, seul solution pour préserver le système communiste. Pour le chef d'état cubain, les Etats-Unis restent déterminer à mettre fin au socialisme à Cuba.

Le message est donc clair : la visite de Barack Obama le mois dernier n'a rien changé, il s'agit de refroidir les attentes.

Rien de neuf sous le soleil.

Symbole de ce raidissement, remarqué toujours au Québec, dans le quotidien la Presse, cette déclaration de Bruno Rodriguez, le ministre cubain des affaires étrangères. Il accuse le président américain d'avoir mené lors de sa visite sur l'île, une attaque de fond contre le régime cubain, son histoire et ses symboles.

Dans la ligne de mire, la défense des petits entrepreneurs par Barack Obama, comme si, d'après Bruno Rodriguez, il n'était pas avant tout le défenseur des grands groupes capitalistes...

Une crispation idéologique que la presse mondiale explique par le futur changement de génération.

Fidel Castro dit au revoir au monde titre Die Welt. Le quotidien berlinois explique que le lider maximo est venu conclure les travaux du congrès avec nostalgie mais que derrière l'émotion il y a surtout du pragmatisme et la volonté de la famille Castro de contrôler leur succession.

Une explication partagée par El Nacional, journal vénézuélien. A cause de la loi inexorable de la vie, comme l'a dit Raul Castro, il faut, à l'occasion de la dernière, probablement, intervention de Fidel Castro dans un congrès qui a lieu tous les cinq ans, insister sur la validité de l'idéologie communiste pour que cette pensée survive à la génération des fondateurs du régime cubain actuel.

Le Wall Street Journal explique cette défense acharnée d'une ligne dure économique, politique et idéologique par la volonté farouche de la vieille garde de verrouiller son pouvoir afin que cette visite de Barack Obama ne soit pas le déclencheur d'un changement de génération. Et pour cela, le Parti Communiste doit s'opposer de toutes ses forces à des réformes économiques trop rapides.

Mais est-ce que la population cubaine accepte cette situation figée ?

Difficile à savoir dans une dictature, d'autant plus que le congrès était fermé à la presse étrangère et la télévision cubaine a même diffusée en différé le discours de Fidel Castro.

Cependant, comme l'explique le journal brésilien Folha de Sao Paulo, même si Fidel Castro a expliqué aux congressistes qu'il allait bientôt mourir et qu'il leur demandait donc de défendre ses idées, l'écart idéologique entre le gouvernement et le peuple est désormais clair, en particulier depuis la visite de Barack Obama.

En fait, pour Folha de Sao Paulo, le vrai débat a été repoussé à plus tard.

Pour le Financial Times, les espoirs de changement à Cuba ont été douchés alors que le pays a un besoin urgent de réformes économiques.

Le message donné par le Parti Communiste à son peuple est clair : rien ne change. Ce sont d'après le FT quatre jours de rigidité absolue.

Et le journal de donner le témoignage d'une habitante de la Havane de 52 ans qui refuse de donner son nom et qui se déclare très déçue, avec toujours les mêmes dirigeants, la même politique. Je suis sensée attendre d'avoir quel âge, regrette-t-elle pour voir un vrai changement ? Et le FT de conclure que les jeunes eux n'écoutent plus les discours officiels et ne songent qu'à partir.

Pour le Guardian, Fidel Castro est venu présenter son testament et a fait le bilan d'un demi-siècle où il s'est moqué d'une superpuissance qui a essayé de le tuer, de le renverser et de l'isoler.

Le quotidien londonien de rappeler que les présidents américains se sont succédé, le mur de Berlin est tombé, mais Fidel Castro a résisté. Et aujourd'hui que la solution biologique, selon les termes américains, s'approche, il a fait devant ses camarades un discours en forme d’élégie, le chant de la mort antique...

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