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L'Arabie Saoudite à la manoeuvre dans la lutte anti-terroriste

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C'est le prince Mohammed bin Salman, ministre saoudien de la défense, et numéro deux du régime saoudien qui en fait l'annonce hier. L'Arabie Saoudite met sur pied une grande coalition islamique sunnite de 34 pays pour lutter contre le terrorisme en Syrie, Irak, Libye, Egypte ou Afghanistan.

Mais cette annonce surprise interroge la presse mondiale. Le Wall Street Journal se demande quel sera le rôle de ces pays membres dans cette lutte. Qui va faire quoi et comment ces pays vont surmonter leurs divergences ?

Pour le journal économique américain, en fait, Riyad, à travers cette initiative, veut répondre aux critiques occidentales sur son soutien et son influence sur les groupes islamistes radicaux sunnites. Et de rappeler que le couple terroriste en Californie avait séjourné en Arabie Saoudite...

Pour le journal britannique The Independant cette coalition est plus symbolique qu'autre chose. Et le quotidien d'affirmer que Riyad n'a même pas prévenu Washington de cette initiative. Une coalition pour quoi faire demande The Independant qui note également que l'Indonésie, 200 millions de Musulmans sunnite n'en fait pas partie. Certainement pour rappeler le sort des travailleurs indonésien dans le royaume et plus particulièrement celui des trente femmes de ménage indonésiennes croupissant dans les geôles du pays.

Le Financial Times voit lui dans la formation de cette coalition un nouveau signe de l'interventionnisme saoudien venant à la suite de la coalition arabe mis sur pied par Riyad au Yémen.

Pour le FT, l'Arabie Saoudite joue son rôle de leader régional et sunnite en regroupant au sein de cette coalition, la Turquie, le Pakistan, l'Egypte, le Maghreb ou les monarchies du Golfe. Mais comme le note le journal britannique, il manque évidement dans cette coalition les chiites iraniens et irakiens...

Evidement, cette initiative est saluée par le site internet de la chaine d'information Al Arabiya, sous contrôle saoudien. La chaine estime que cette coalition peut changer la donne en Syrie, car rappelle-t-elle, les forces aériennes saoudiennes et émiratiennes sont modernes et puissantes.

Et pendant les frappes, la diplomatie continue...

Et le rapprochement diplomatique sur le dossier syrien semble se confirmer entre la Russie et les Etats-Unis. John Kerry, le chef de la diplomatie américaine a passé la soirée d'hier à Moscou pour de longues, très longues discussions avec les dirigeants russes. La RTBF évoque trois heures de négociations avec Sergueï Lavrov puis trois autres heures avec Vladimir Poutine pour tenter de rapprocher les points de vue sur la Syrie.

Il en est sorti qu'une réunion internationale au niveau des ministres des affaires étrangères se tiendra sur le sujet vendredi à New York aux Nations Unies. Même si la RTBF note que les divergences persistent sur le sujet. John Kerry ayant reproché à Moscou les bombardements russes sur l'opposition syrienne non-djihadiste. Cependant, la presse russe veut croire que les tensions s'apaisent entre Moscou et Washington. Le grand quotidien économique et libéral Kommersant note un changement de ton lors de cette visite de John Kerry à Moscou. Dans les symboles tout d'abord, la détente entre Sergueï Lavrov et son homologue américain devant le grand sapin de Noël planté devant le palais de la rue Spiridonov à Moscou, siège de la résidence du ministère russe des affaires étrangères, ou l'accueil plus chaleureux qu'à l'accoutumé qu'a réservé Vladimir Poutine à son hôte. Le président russe s'inquiétant même de la fatigue supposée de John Kerry. Mais, Kommersant note surtout que pour la première fois, John Kerry a déclaré publiquement que la Russie n'était pas et ne devait pas être isolée internationalement.

Un soulagement pour la presse russe libérale. Le journal d'opposition la Novaïa Gazeta signale même qu'un haut gradé de l'armée russe a évoqué une possible collaboration avec des groupes de l'opposition syrienne. Mais la Novaïa Gazeta d'ajouter en bémol que les responsables russes ont tenus des propos contradictoires sur ce sujet.

Les zones de tension ne sont uniquement concentrées dans le monde arabo-musulman...

Pendant la guerre contre le terrorisme au Proche-Orient, la diplomatie continue ailleurs, avec parfois, la tentation de montrer les muscles. L'Australie est inquiète de l'expansionnisme chinois en Mer de Chine Méridionale. Pékin revendique toute la zone et agit en ce sens. La Chine remblaient des îlots, investit des récifs coralliens en les transformant en ports, pistes d'atterrissage et cela inquiète donc ses voisins. La BBC révèle ainsi qu'un avion militaire australien a survolé cette zone revendiquée par la Chine et que le pilote s'est adressé à la marine de guerre chinoise pour la prévenir que l'Australie entendait exercer son droit à la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale.

Le journal The Australian développe l'information mais en affirmant que l'avion s'est contenté d'approcher la zone revendiquée par la Chine sans y pénétrer. Le gouvernement australien a cependant confirmé au journal qu'il avait bien organisé des patrouilles dans ce secteur au nom de la défense de la sécurité et de la stabilité de l'Asie du Sud-Est.

Preuve en tous cas, que si la Chine n'est pas vraiment concernée par le Proche orient, elle n'en oublie pas de défendre ses intérêts dans son pré carré asiatique

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