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Le climat est-il favorable au changement ?

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Chaque matin, l’actualité vu au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : Obama hypocrite du climat, la levée historique de l’immunité du président guatémaltèque et des espoirs de changement en Malaisie.
Le climat est-il favorable au changement ?
Il y a quelque temps, Barack Obama l’avouait lors d’une interview télévisée : il avait éprouvé une «angoisse terrible» lorsque sa fille, âgée de 4 ans, lui avait un jour déclaré: «Daddy, j’ai de la peine à respirer.» Malia venait en effet d’avoir une crise d’asthme. C'est dire si le climat tient à cœur au démocrate, écrit avec malice ce matin LE TEMPS de Genève, le journal qui rappelle également qu'il y a peu, la demi- sœur de Barack Obama, confiait dans ses colonnes : «Je ne suis pas étonnée que mon frère se sente concerné par le changement climatique. C’est à Hawaii qu’il a développé sa sensibilité pour l’environnement, une connexion toute particulière à la nature. Et de préciser encore, avec notre mère, nous participions à des opérations de nettoyage des rivières.»

Quoi qu'il en soit, depuis le début de la semaine, le président Obama est donc en Alaska, pour un voyage que la Maison Blanche qualifie de «coup de projecteur sur le changement climatique, l'une des plus grandes menaces auxquelles nous devons faire face. » Reste qu'au-delà des convictions personnelles du chef de la maison blanche, ce voyage est aussi et surtout une formidable opération médiatique, nuance toujours le quotidien. Non seulement Obama alimente lui-même le compte Instagram de la Maison-Blanche et répand à l'envie son message sur les réseaux sociaux, mais il doit également participer à une émission de téléréalité, animée par un aventurier et qui sera diffusée cet automne sur la chaîne NBC.

U.S. President Barack Obama views Bear Glacier on a boat tour of Kenai Fjords National Park in Seward, Alaska.
U.S. President Barack Obama views Bear Glacier on a boat tour of Kenai Fjords National Park in Seward, Alaska. Crédits : Jonathan Ernst - Reuters

Voilà donc comment Barack Obama entend charpenter son bilan, ironise encore le journal et surtout rattraper le temps perdu. Car il faut bien l'admettre, son action en la matière a été plutôt modeste au cours de son premier mandat. Pis encore, puisque selon le magasine SLATE, cette fois-ci, Obama ne serait rien de moins qu'un hypocrite du climat. Et son voyage, d'ailleurs, le prouve. Pourquoi ? Parce que deux semaines à peine avant de s'envoler pour l'Alaska, l'administration américaine a autorisé la compagnie pétrolière Shell à forer au large de l'Alaska, dans une région qui regorgerait de pétrole susceptible de générer jusqu’à 193 milliards de dollars de revenus. En d'autres termes, pas vraiment le genre de décision qu'on attendrait de quelqu'un qui se targue de diriger par l'exemple. pour être tout à fait exact, les baux d'exploitation permettant à Shell de forer l'Arctique ont été attribués sous l'administration de son prédécesseur George W. Bush. Et le président actuel n'avait que peu de moyens, en réalité, de les bloquer. Pour autant, comme le fait remarquer THINK PROGRESS, Obama aurait pu tout simplement les révoquer, ou bien initier un processus visant à déclarer la région zone marine protégée, pour que de tels contrats soient impossibles à l'avenir. Deux actions qui n'auraient, certes, pas été faciles, mais qui auraient permis à tout le moins d'envoyer un message fort à l’industrie : en clair, dorénavant la lutte contre le changement climatique passe avant l'exploration énergétique.

Seulement voilà, quand il est question de pétrole, Obama serait victime d'un dédoublement de personnalité, écrit le journal POLITICO, à la fois désireux d'agir vraiment dans le domaine climatique et dans le même temps de l’autre, incapable d'abandonner les leviers que procure à l’Amérique la production d’or noir dans une phase de transition énergétique. Et le magasine SLATE, à nouveau, d'en conclure : pour beaucoup d'écologistes, qu'Obama permette à Shell de forer l'Arctique est la cerise d'un gâteau fourré d'hypocrisie.

Au Guatemala, le gâteau du président est lui carrément fourré de corruption.
Voilà plusieurs mois maintenant que le pays le plus peuplé d'Amérique centrale était en ébullition depuis que son président, Otto Pérez Molina, a été signalé à la tête d’un vaste réseau de corruption, une accusation confirmée officiellement vendredi dernier. Le chef de l'Etat est accusé d’avoir profité de ses prérogatives pour monter une structure mafieuse qui aurait détourné jusqu’à 50% des impôts perçus par l’Etat sur les importations. Hier, alors qu'il pleuvait sur la capitale, des centaines d'habitants enthousiastes ont accouru spontanément devant le Parlement pour célébrer la levée historique de l'immunité du président, peut-on lire ce matin dans les colonnes du NEW YORK TIMES. Et de fait, c'est la première fois dans l'histoire du pays qu'un président perd sa protection judiciaire, ouvrant ainsi la voie à des poursuites. Une décision ô combien symbolique, écrit toujours le quotidien américain, dans un pays où l'impunité pour les puissants était la règle, dans un système lui-même alimenté par la corruption.

Enfin la pression populaire monte également en Malaisie contre le premier ministre, cette fois-ci, soupçonné de pratiques frauduleuses.
Le chef du gouvernement est accusé par ses adversaires de malversations, une somme de 552 millions d’euros ayant été versée sur son compte. Evidemment, l'intéressé nieles accusations de corruption, mais son gouvernement a depuis admis que des donations politiques avaient bien été effectuées sur son compte. La somme proviendrait d’un généreux donateur d’une monarchie pétrolière non identifiée. Désormais et même s’il continue de tenir fermement les rênes de son parti, le premier ministre paraît de plus en plus fragilisé. Plusieurs membres de son gouvernement ou de sa formation semblent d'ailleurs prêts à le lâcher. Et puis surtout un sondage d’opinion effectué par le site d'information en ligne MALAYSIAN INSIDER montre que 62% des personnes interrogées se déclarent à présent en faveur d’un changement de gouvernement.

Reste qu'on le sait, le changement ça n'est pas nécessairement pour maintenant. Les fruits de l'été ne tiennent pas toujours les promesses des fleurs du printemps. Et pour la prochaine saison, il faudra encore choisir votre camp prévient USA TODAY, puisque si traditionnellement les astronomes considèrent que l'automne ne commence que dans trois semaines, pour les Météorologistes, en revanche, l'été lui est déjà bel et bien fini.

Par Thomas CLUZEL

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