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Russie : Un système de dopage d'Etat

Le Cocktail Duchesse : l'arme fatale du dopage en Russie

5 min

Et si la Russie était exclue de toutes les compétitions sportives internationales pour dopage ? Le scandale du dopage d'état en Russie n'en fini pas. Après l'athlétisme russe privée de Jeux Olympiques de Rio en août, cela pourrait être le cas pour tous les sportifs russes...

Russie : Un système de dopage d'Etat
Russie : Un système de dopage d'Etat Crédits : Visactu - Radio France

Il est urgent d'attendre. La presse internationale commente ainsi la décision du Comité International Olympique de ne pas prendre de décision en se défaussant sur les fédérations internationales.

Le quotidien québécois la Presse rappelle cependant qu'il y a au moins un Russe certain de ne pas aller à Rio, c'est le ministre des sports russe, Vitali Moutko, qui n'aura pas d'accréditation, car au cœur de toutes les révélations de ces derniers mois sur le dopage d'état en Russie.

Le journal le Temps, basé à Lausanne, où se trouve également le siège du CIO, rappelle que si le Comité International Olympique temporise, malgré ces accablantes accusations de dopage organisé, en dehors du fait qu'aucun pays n'a jamais été exclu des jeux en dehors de l'Afghanistan des Taliban ou de l'Afrique du Sud de l'apartheid, c'est peut-être aussi parce que le Tribunal Arbitral du Sport n'a pas encore donné son verdict. Le TAS examine actuellement le recours de 68 athlètes russes contre leur suspension pour les JO suite à l'exclusion de la fédération russe d'athlétisme.

Mais, le mal est fait, la Russie n'est plus crédible sur le plan international en matière de sport. Le quotidien libanais, L'Orient le Jour, le souligne avec cette phrase terrible dans le rapport Mac Laren, du nom de ce juge canadien qui a présenté ses conclusions lundi à Toronto : l'Agence Mondiale Antidopage, appelle à l'interdiction des Russes des compétitions internationales, tant que la Russie n'aura pas réalisée un changement de culture.

La Culture du dopage en Russie. La phrase est lâchée, elle est dans tous les journaux.

Le journal belge, la Dernière Heure, n'en revient pas, la Russie a même dissimulé des cas de dopage en curling...Et le journal bruxellois de rappeler que le rapport Mac Laren parle de 33 sports touchés, l'athlétisme, l'haltérophilie et la boxe en premiers, mais également donc le curling avec deux cas...

Le Courrier de Russie, journal francophone publié à Moscou, revient en longueur sur ces accusations de sportifs sous la houlette de leurs entraineurs, d'entraineurs prisonniers d'une culture du dopage et de contrôleurs anti-dopage, contrôlés par le FSB, le successeur du KGB.

C'est l'héritage soviétique tente d'expliquer Serguei Iljoukov, un russe médecin de l'équipe olympique finlandaise. Selon lui, c'est une vieille habitude héritée de l'URSS, en Russie, beaucoup de gens considèrent encore le dopage comme une partie intégrante du sport de haut niveau.

Pour Sport.be C'est à Sotchi, lors de jeux de 2014 que le dopage organisé a tourné à plein régime afin d'assurer à la Russie la première place au classement des médailles.

Une tricherie à grande échelle explique le site belge, avec des échantillons échangés au sein même des laboratoires anti-dopage par des agents du FSB.

Au cœur de ce scandale, le docteur Grigori Rodtchenkov explique la BBC. Un chimiste de formation, ancien numéro un du laboratoire anti-dopage de Moscou, accrédité par l'Agence Mondiale Antidopage pour les jeux de Sotchi.

Forcé de démissionner, Grigori Rodtchenkov s'est enfuit aux Etats-Unis en janvier dernier, affirmant craindre pour sa vie. Deux anciens hauts dirigeants de l'agence russe antidopage étant décédés d'une mort inexpliquée.

C'est lui qui a dévoilé la triche de Sotchi et c'est lui le créateur du désormais célèbre cocktail Duchesse.

L'Equipe nous le présente, ce cocktail. Trois stéroïdes dérivés de testostérone dissous dans de l'alcool, du whisky pour les hommes et du vermouth pour les femmes. L'alcool permettant à la fois de dissoudre les stéroïdes et de masquer les substances interdites, devenues indétectables en 3 à 5 jours.

Certains s'en sont même fait des intraveineuses.

Tout cela c'est un complot anti-russe.

La presse de Moscou hurle, mais sans jamais ni donner de contre preuves aux accusations, ni de parler du fond du dossier.

La Rossiskaïa Gazeta, le journal du gouvernement, dénonce une campagne anti-russe à motivations politiques. L'Agence Mondiale Antidopage n'est pas indépendante, elle est aux ordres de quelqu'un. Ce n'est pas un rapport, c'est une farce.

Les Izvestia affirment qu'en sport, la tentation est trop forte pour ne pas introduire de la politique. Le quotidien proche du pouvoir ne parle pas bien sûr du Kremlin, mais des Occidentaux.

Pour le quotidien économique RBK, c'est une quasi-guerre déclarée à la Russie et le quotidien Gazeta s'adresse à l'Ouest : Ne hurlez pas, vous n'avez pas de preuves.

Autre ligne de défense dans la presse russe face à certaines évidences : le dopage est partout, pourquoi nous ?

Et la coupe du monde de foot en Russie ?

Le mal est fait. Comme le rappelle au Canada, la Presse, le sport russe était déjà à la une du monde entier pour le comportement de ses hooligans au championnat d'Europe de Soccer, c'est comme cela que l'on dit le football en Amérique du nord, elle est désormais au ban du sport mondial.

Du coup, les Anglais reparlent de la coupe du monde 2018 qui aura lieu en Russie. Il faut rappeler que l'Angleterre s'était fait battre pour l'organisation de l'épreuve. Une attribution à la Russie sur fond d'accusation de corruption à la FIFA.

Le Guardian se demande alors s'il ne faudrait pas retirer la coupe du monde 2018 aux Russes...

Un avis partagé en Pologne par Rzeczpospolita qui estime qu'il serait naïf de penser que le football russe est épargné par le dopage. Et c'est là que l'on retrouve Vitali Moutko. Avant d'être ministre des sports, ce proche de Vladimir Poutine a été président de la fédération russe de football et organisateur en chef de la prochaine coupe du monde.

Et Rzeczpospolita de rappeler les 11 échantillons d'analyses de footballeurs russes disparus et l'intervention de Vitali Moutko pour dissimuler les analyses positives d'un autre footballeur de la ligue russe.

Si le sport est un élément essentiel du soft power d'une nation, celui de la Russie traverse une période troublée.

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