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Le président français Emmanuel Macron

Le grand chamboule-tout

5 min
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Le deuxième gouvernement de la présidence Macron dévoilé, hier soir, après le départ de quatre ministres sous la pression des "affaires", intègre plusieurs élus issus de la droite, du MoDem et de la gauche.

Le président français Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron Crédits : MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Le grand chamboule tout. Quand le quotidien EL PAIS note que le gouvernement des irréprochables aura tenu à peine un mois, LE TEMPS remarque, ce matin, que le mini-remaniement en France, hier, aura débouché sur un maxi-bouleversement : le premier gouvernement du quinquennat Macron est aujourd'hui décapité, tranche le journal de Lausanne. Une crise inédite, tant par sa rapidité que par son ampleur : pas moins de trois portefeuilles régaliens changent de main. Sans compter, précise le magazine SLATE, que ce ne sont pas seulement trois ministres soupçonnés qui quittent le gouvernement, mais aussi trois poids lourds d'une des deux composantes de la majorité.

Pour autant, et même si certains à l’instar du FINANCIAL TIMES estiment que ces démissions en cascade constituent une gêne pour Emmanuel Macron, nombre de commentateurs supputent, au contraire, que ce changement ne contrariera pas le président outre mesure. La SÜDDEUTSCHE rappelle que la victoire d’Emmanuel Macron est en grande partie liée à sa promesse de nettoyer un monde politique entaché par l'avidité et la corruption. Et en ce sens, il était grand temps que le ministre soupçonné de corruption, Richard Ferrand, quitte le gouvernement. C’est là une décision cohérente. Mais ne nous y trompons pas, ce remaniement est également stratégique, analyse IL SOLE. En l’occurrence, le départ de Richard Ferrand permet à Emmanuel Macron à la fois d’éliminer les dangers potentiels pour son gouvernement (le parquet ayant ouvert une enquête préliminaire contre l’ex ministre de la Cohésion des Territoires), tout en portant l'un de ses alliés les plus fidèles à un poste clé : la présidence du groupe La République En Marche à l'Assemblée. Sans compter que ces départs sont, aussi, l'occasion pour Emmanuel Macron d'élargir sa coalition, tout en affaiblissant, un peu plus encore, les camps socialiste et conservateur, note de son côté DIE TAGESZEITUNG. Enfin, la FRANKFURTER ALLGEMEINE s'intéresse plus particulièrement au cas Sylvie Goulard, l'ex ministre de la défense, car à Berlin, écrit le quotidien, nombreux sont ceux qui vont regretter le départ de cette germanophile et européenne convaincue.

Et l'Europe, justement, il en est question ce matin avec l'interview fleuve d'Emmanuel Macron

Pour son premier grand entretien depuis son entrée à l'Elysée (et alors qu'il doit participer aujourd'hui à son premier conseil européen), Emmanuel Macron a choisi pas moins de 8 quotidiens européens (LE SOIR, LE TEMPS, THE GUARDIAN, EL PAIS, CORRIERE DELLA SERA, SÜDDETUSCHE ZEITUNG, GAZETA WYBORCZA, LE FIGARO) pour dévoiler sa vision de l'Europe. Selon lui, la relance européenne passera d'abord par l'Alliance franco-allemande. Sauf que pour être crédible aux yeux de Berlin et du monde, la France doit aussi accomplir, dit-il, « des réformes fondamentales indispensables ». Pour Emmanuel Macron, « la clé pour repartir c'est une Europe qui protège ». Il plaide, ainsi, pour une vraie politique de défense et de sécurité commune. Enfin, le président réaffirme que la lutte contre le terrorisme islamiste constitue sa priorité absolue. « Ce sont eux nos ennemis », dit-il, en désignant les groupes terroristes.

Et la lutte contre les terroristes nous ramène, ce matin, à Mossoul

Les habitants de Mossoul l'appelaient « la bossue ». Ce minaret penché était un emblème de la ville, avant de devenir aussi un symbole du règne de l'EI, lorsque les jihadistes y ont planté leur drapeau noir à son sommet, à 45 m de hauteur. Or hier soir, précise THE NEW YORK TIMES, au quatrième jour de l'offensive menée contre Daech, les islamistes sur le point de perdre le contrôle de la ville ont entouré le minaret et la mosquée adjacente d'explosifs, avant de les détruire. Peu de temps après que l'armée irakienne eut annoncé la nouvelle, le groupe terroriste a rapidement réagi, en accusant l'aviation américaine d'avoir détruit les deux monuments. En réalité, poursuit le quotidien américain, en refusant ainsi aux forces irakiennes la reprise de ce minaret (ce que beaucoup avaient déjà anticipé comme une image symbolique de la libération de la ville), Daech a entrepris une grande opération de propagande, en faisant porter sur la coalition la responsabilité de la destruction de la mosquée et de son célèbre minaret. Le journal qui précise, par ailleurs, que dans tout le territoire qu'il contrôle, l'EI utilise les mosquées à des fins essentiellement militaires. Quand les minarets sont généralement investis par les tireurs d'élite, les salles de prière sont, elles, transformées en usines de fabrication de bombes et les cours utilisées pour y stocker les armes.

Enfin au Portugal, alors que les premières funérailles des victimes suscitent une forte émotion dans le pays, les pompiers poursuivent sans relâche leur combat contre l'immense incendie qui fait rage depuis samedi.

Et une photo virale, en particulier, résume bien le combat et les sacrifices des pompiers portugais. On y voit treize soldats du feu exténués, littéralement effondrés sur l’herbe comme morts, en réalité, tombés dans le sommeil sans même avoir pu pour certains enlevés leurs combinaisons. Sur le site EL PAIS VERNE, l’homme qui a pris cette photo (l’un des 1 200 pompiers portugais qui se succèdent pour essayer de venir à bout des flammes) précise : « Après une nuit et un jour de combat contre l’incendie, nous avons eu droit à vingt-cinq minutes de repos, pendant que les véhicules remplissaient leurs réservoirs d’eau. »

Enfin, à l'orée d’un été annoncé spécialement féroce, le débat s’envenime. Même si le feu a vraisemblablement été provoqué par un « orage sec » (un phénomène climatique peu courant sous ces latitudes), beaucoup de médias s'interrogent encore : Pourquoi a-t-on permis aux automobilistes en péril de transiter par la nationale « EN236 », depuis baptisée « la route de la mort », où ont péri étouffées une quarantaine de personnes ? Pourquoi, aussi, y a-t-il eu des dysfonctionnements au sein du système national de coordination entre toutes les forces d’interventions ? « Pourquoi ? », s’interroge notamment PUBLICO, avant d'ajouter : Nous ne pouvons plus nous contenter de hausser les épaules : nous devons demander des comptes. Oui, il va falloir parler responsabilité politique.

Par Thomas CLUZEL

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