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Les partisans de Raila Odinga ont commencé à manifester dans certains quartiers de Nairobi

Le Kenya attend avec anxiété le résultat de l'élection présidentielle

5 min
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Les résultats provisoires donnent le président sortant Uhuru Kenyatta largement vainqueur, mais son rival Raila Odinga conteste les chiffres et revendique la victoire. La commission électorale doit donner dans les prochaines heures en principe les résultats définitifs. La tension est palpable.

Les partisans de Raila Odinga ont commencé à manifester dans certains quartiers de Nairobi
Les partisans de Raila Odinga ont commencé à manifester dans certains quartiers de Nairobi Crédits : maxppp - Maxppp

Le Kenya sous haute tension titre Jeune Afrique. L'hebdomadaire rappelle que le pays a déjà connu par le passé de graves troubles post-électoraux. En 2007 notamment les violences qui avaient suivi la présidentielle et la défaite d'Odinga avaient fait au moins 1100 morts et 600 000 déplacés.

Le différend cette fois porte sur le décompte des voix. Le camp de Raila Ondinga affirme que des pirates informatiques ont pu avoir accès aux codes d'un responsable de la commission électorale et ont ainsi pu maniupuler les chiffres. Démenti de la commission, mais pour The Economist, ces élections risquent fort de mal tourner. Le journal publie une photo des partisans de Raila Odinga qui ont commencé à manifester leur colère. Mercredi la police a tiré à balles réelles dans le bidonville de Mathare à Nairobi.

Les partisans d'Odinga sont particulièrement remontés car, écrit The Economist, leur candidat est âgé de 72 ans et c'est certainement sa dernière chance de devenir président, lui qui s'est déjà présenté à plusieurs reprises, mais sans jamais décrocher la victoire.

Ce qui inquiète particulièrement l'hebdomadaire britannique, c'est que pendant la campagne, Raila Odinga n'a pas semblé vouloir décourager ses partisans à descendre dans la rue en cas de défaite. Mercredi il a, du bout des lèvres, lancé un appel au calme mais, en prévenant qu'il ne pouvait pas contrôler la population.

Au Kenya les journalistes eux aussi sont dans l'attente. Dans un éditorial, le quotidien de Nairobi le Daily Nation explique que les médias n'ont aucun moyen à ce stade de savoir qui dit la vérité dans ce nouveau bras de fer électoral.

Le pays risque fort de retomber dans ce que le journal appelle la sombre histoire des recours présidentiels au Kenya. A chaque élection la justice est saisie, et à chaque fois les recours sont rejetés.

L'espoir dans cette nouvelle crise, c'est que le système démocratique kenyan, depuis la mise en place du multipartisme en 1992, est considéré comme un modèle en Afrique.

Malgré des périodes de fortes tensions, le pays est toujours parvenu à se relever, notamment après les violences post-électorales de 2007. Un accord de partage du pouvoir avait été conclu avec le président élu Kibaki et Raila Odinga, le perdant, était devenu premier ministre, ce qui avait permis de ramener le calme.

Au Proche-orient, la décision du gouvernement israélien d'interdire le chaîne Al Jazeera fait beaucoup réagir.

L'élément déclencheur qui a incité le gouvernement israélien a prendre cette décision, ce sont les récents événements qui se sont déroulés sur l'Esplanade des Mosquées. Tel Aviv reproche à la chaîne de télévision basée au Qatar, d'avoir attisé les tensions. Mais le différend est évidemment beaucoup plus profond. Depuis longtemps, le gouvernement israélien considère qu 'Al Jazeera sert de relais à bon nombre de ses ennemis, de Daech au Hamas en passant le Hezbollah et l'Iran.

Le bureau d'Al Jazeera à Jérusalem
Le bureau d'Al Jazeera à Jérusalem Crédits : maxppp - Maxppp

Le New York Times publie ce matin une tribune du représentant au Moyen-orient du Comité pour la protection des journalistes, une association mondialement reconnue dans la défense de la presse. Ce représentant explique qu'Israël aime se présenter comme la seule véritable démocratie au Moyen-orient, mais en décidant de fermer le bureau d'Al Jazeera à Jérusalem, Benjamin Nétanyaou a pris une décision là pour le coup anti-démocratique et il a envoyé un message très inquiétant pour la liberté de la presse.

Le Jerusalem Post explique, sans prendre position, que le gouvernement a privilégié la sécurité plutôt que la liberté d'expression, exactement comme l'ont fait déjà d'autres pays de la région, le Barheïn, l'Egypte, les Emirats Arabes unis ou encore l'Arabie Saoudite. Des états pas vraiment connus pour leur respect des droits de la presse. Leur décision de couper l'antenne d'Al Jazeera n'a surpris personne. Mais pourquoi donc se demande le quotidien Haaretz, le gouvernement israélien a-t-il rejoint ces régimes?

Le journal donne la parole au responsable du bureau d'Al Jazeera à Jérusalem. Celui ci rappelle qu'avant la création de la chaîne en 1996, le plupart des habitants dans les pays Arabes n'avaient encore jamais vu un dirigeant israélien sur leur poste de télévision, les chaînes nationales se contentant de diffuser leur propagande. Al Jazeera a donc permis au monde Arabe d'avoir accès au point de vue israélien.

Evidemment on reproche aussi à la chaîne de beaucoup donner la parole aux extrémistes musulmans, mais pour le représentant d'Al Jazeera à Jérusalem, la preuve de l'indépendance c'est que la chaîne est critiquée des deux cotés. Critiques d'Israël donc mais aussi de Mahmoud Abbas qui a dénoncé son traitement de l'information à plusieurs reprises, et certains islamistes estiment également qu' Al Jazeera est trop proche des thèses occidentales.

Benjamin Nétanyaou lui a estimé que la sécurité de l'Etat hébreu était en jeu. Les journalistes d'Al Jazeera devraient voir leurs accréditations retirées, mais comme l'explique Haaretz, la fin de la diffusion d'Al Jazeera sur le satellite n'est semble-t-il pas pour demain. La coupure est très compliquée à mettre en oeuvre sur les plans juridiques et techniques.

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