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Le marché du pétrole, jusqu'où la baisse ?

5 min

Les pays producteurs de pétrole ne sont pas parvenus à un accord sur une stabilisation des prix de l'or noir et c'est à la une de la presse internationale.

Doha
Doha Crédits : L. Tourret - Radio France

Les 18 pays producteurs de pétrole réunis à Doha, au Qatar, ce week-end pour un sommet capital ne sont pas parvenus à un accord sur un gel de la production afin d'enrayer la chute des cours du pétrole.

Pour le quotidien allemand Frankfuter Allgemeine Zeitung, c'est un revers pour les pays producteurs, incapable de s'entendre. Même si le quotidien de Francfort rappelle que les Etats-Unis et la Norvège, gros producteurs, ne sont ni membres de l'OPEP, ni impliqués dans ces pourparlers, qu'il y a une surabondance de pétrole sur le marché qui rend difficile une hausse des cours et qu'il y aura une autre réunion de ce genre en juin.

Cependant, pour Radio Canada, c'est la crédibilité de l'OPEP qui est en jeu. Incapable de coordonner la production mondiale et qui se trouve désormais dans un état déplorable en ce qui concerne les relations entre membres de l'organisation. Un avis partagé par Gazprom, le géant russe des hydrocarbures qui constate que chacun poursuit des objectifs égoïstes qui peuvent conduire aux scénarios les plus imprévisibles. Et Radio Canada de rappeler que les cours du pétrole ont chutés de 70% par rapport à la mi-2014

Et c'est l'Arabie Saoudite qui est pointée du doigt pour expliquer cet échec

L'Hebdomadaire belge le Vif estime que l'Arabie Saoudite a volontairement torpillé l'accord en exigeant que l'Iran se soumette. Or, Riyad ne veut pas perdre de part de marché face à Téhéran qui revient petit à petit sur le marché mondial.

Conséquence relevé par le Vif, suite à cet échec de Doha, le baril de Brent, pour le pétrole de la Mer du Nord est tombé à 40 dollars et le WTI à la bourse de New York à 37 dollars.

Une décision saoudienne de faire capoter l'accord expliquée par le Wall Street Journal par des raisons à la fois géopolitiques et de stratégiques. Pour le journal, Riyad veut politiser le dossier dans le cadre de ses relations très tendues avec le rival chiite iranien, mais il y a également un aspect économique : l'Arabie Saoudite c'est 10 millions de barils par jour soit trois fois plus que l'Iran actuellement. Un accord sur la production aurait fait perdre des parts de marché à l'Arabie Saoudite dans le contexte d'un retour de l'Iran sur le marché mondial.

Pourtant, comme le rappelle le New York Times, l'inquiétude grandit en Arabie Saoudite, où se rend demain Barack Obama.

Les défis du royaume sont importants. Défis économiques et démographiques. La crise est là et de nombreux jeunes saoudiens arrivent sur le marché du travail au moment où les cours du pétrole sont au plus bas. Comment le régime va-t-il pouvoir continuer dans ces conditions à acheter la paix sociale ? D'autant plus que les tensions géopolitiques sont très vives dans la région.

L'inquiétude est vive également dans d'autres régions du monde.

La Russie est particulièrement concernée. Hier après l'annonce de l'échec de Doha, l'indice de la bourse de Moscou, le RTS a baissé de 4% et le rouble de 3%.

Un échec d'autant plus amer pour la Russie que le Kremlin avait tout fait pour trouver un accord avec l'Arabie Saoudite, alors que la Russie n'est pas membre de l'OPEP.

Une déception exprimée par Alexander Novak, le ministre russe de l'énergie, dans les colonnes de la Nezavissimaïa Gazeta : "Nous étions très confiants et malheureusement, certains ont changés de position".

Certains, comprenez les Saoudiens.

Le quotidien économique russe Kommersant constate que la tentative russe de convaincre l'OPEP de construire une politique commune de contrôle du marché mondial a échouée. Et même si c'est à cause de Riyad, Moscou va en payer les conséquences.

Et Kommersant de rappeler quelques chiffres pour 2015 : baisse du PIB russe de 3,7%, des revenus de 4%, du salaire moyen de 9 et demi % et hausse de l'inflation de 13%

Kommersant qui précise également que désormais les Russes consacrent plus de la moitié de leurs revenus dans l'alimentation, ce qui n'était plus arrivé depuis la crise de 2008.

Pour le Financial Times, la Russie aura avec le Vénézuela, tout tenté pour convaincre l'Iran de se rendre à Doha et pour faire des concessions à l'Arabie Saoudite. En vain.

Pour l'Algérie c'est également une déception. Dans les colonnes d'El Watan, le ministre de l'énergie avait qualifié Doha de rendez-vous crucial pour la stabilisation des prix de l'or noir autour des 40 dollars le baril.

Au Canada, également pays producteur, le dollar canadien sera une victime collatéral de cet accord avorté pour le Huffington Post Canada. La monnaie canadienne ayant déjà perdue hier 45 cents par rapport au dollar américain.

En revanche, nous affirme la Presse à Montréal, les marchés nord-américains ne sont absolument pas inquiets, le Dow Jones est resté flegmatique, ce qui d'après des experts interrogé par le journal québécois est un peu surprenant et laisse perplexe.

Et l'avenir ? Est-ce que la presse mondiale est optimiste ?

Pas vraiment. Le Soir, à Bruxelles nous rappelle que le Koweït, à cause de la chute des cours a du prendre des mesures d'austérité. Et que pour protester contre des baisses de salaire, les salariés de l'industrie pétrolière sont en grève.

Et en Allemagne, le Spiegel dresse un tableau inquiétant : Doha est devenu le symbole de la perte progressive de contrôle et de l'impossibilité d'arrêter la guerre des prix du pétrole.

A terme le baril peut descendre à 30 dollars et de nombreux pays producteurs ne pourront plus payer leurs programmes sociaux...

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