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A Londres, Alistair fait campagne pour le "Remain" jusqu'à la dernière minute

Le parti travailliste divisé

5 min

La guerre interne pour le contrôle du parti travailliste britannique fait rage, alors que les conséquences du Brexit inquiètent toujours. La réélection attendue de Jeremy Corbyn ne calme pas les députés travaillistes pro-européens.

A Londres, Alistair fait campagne pour le "Remain" jusqu'à la dernière minute
A Londres, Alistair fait campagne pour le "Remain" jusqu'à la dernière minute Crédits : Catherine Duthu - Radio France

Le vote des militants s'est achevé hier et les résultats seront communiqués samedi lors du congrès annuel du Parti Travailliste à Liverpool, mais le doute n'est plus permis, Jeremy Corbyn sera triomphalement réélu à la tête du Labour.

The Independant l'affirme même déjà, le rival de Corbyn, le député gallois Owen Smith ne se fait plus d'illusions et va concéder sa défaite. Les sondages donnent 68% de voix à Jeremy Corbyn.

Pourtant, cela ne signifie pas que la paix va revenir dans le parti. Toujours dans les colonnes de The Independant, Owen Smith précise qu'il ne participera pas au cabinet fantôme de Jeremy Corbyn, car d'après lui ce dernier ne sera pas capable de reconstruire la réputation du Labour dans le pays.

Et ce, même si Jeremy Corbyn a promis de remettre les compteurs à zéro avec les 172 députés travaillistes qui avaient voté une motion de défiance contre lui en juin dernier.

Mais, comme le précise l'hebdomadaire The Week, Jeremy Corbyn ne risque pas grand chose, tellement les chiffres sont en sa faveur. Sur les 640 000 inscrits pour se vote, 80 000 sont des nouveaux militants et 88% d'entre eux sont favorables à Jeremy Corbyn.

Le labour risque de sortir divisé de ce scrutin, peut-être même définitivement...

Une campagne qui s'est déroulé, d'après le Temps, dans une atmosphère dure de lutte acrimonieuse et existentielle. Pour le quotidien de Lausanne, cette élection signifie que le Blairisme n'existe plus, ce qui a installé chez les députés travailliste une ambiance de mort.

Cela fait dire au quotidien québécois la Presse que le parti est menacé de scission, même si tout le monde serait perdant, à cause du système électoral britannique uninominal majoritaire. De plus, précise le quotidien montréalais, si Jeremy Corbyn est majoritaire chez les militants travaillistes, il reste rejeté par l'opinion. D'après un sondage, seulement 19% des Britanniques estiment qu'il serait la bonne personne pour diriger le Royaume-Uni.

Et la Presse de pronostiquer une fausse réconciliation au sein du parti travailliste, comme un pansement sur une plaie saignante.

Le Guardian évoque lui aussi l'avenir sombre du Labour, avec pour le quotidien londonien de centre gauche, au pire la scission et au mieux une guerre permanente.

Chris Mullin, ancien ministre blairiste affirme qu'il serait souhaitable pour le Labour de se rapprocher des centristes du Lib-Dem et des Verts plutôt que de mener le parti vers l'extrême gauche.

Le Mirror souligne également cette sale ambiance chez les Travaillistes avec cette polémique crée par Owen Smith. Le député gallois demande à Jeremy Corbyn de rembourser la somme de 20 000 livres qu'il aurait touché suite à des interventions sur Press TV, une chaine d'information de la télévision d'état iranienne. Jeremy Corbyn affirme avoir reversé cette somme dans ses comptes de campagne. Une somme que la commission électorale des travaillistes déclare ne pas avoir trouvé de traces.

Et les incertitudes sur le Brexit accentuent cette ambiance délétère en Grande-Bretagne...

Cette crise politique chez les Travaillistes a débutée suite au Brexit. Les députés du parti favorable au remain reprochant à Jeremy Corbyn son manque d'enthousiasme durant la campagne référendaire.

Et le fait que personne ne sache en Grande-Bretagne comment se Brexit va se dérouler pèse encore plus.

Il faut donc aller chez le voisin irlandais pour en savoir plus.

L'Irish Times publie les propos d'Enda Kenny. Le premier ministre irlandais estime que le Royaume Uni activera, probablement, le fameux article 50 début 2017.

Et le chef du gouvernement irlandais, de préciser que même si c'est strictement l'affaire de son homologue Theresa May, il a l'impression, au vu des discussions qu'il a eu, que cela interviendra fin janvier ou début février.

Un Brexit qui inquiète particulièrement l'Irlande, à cause de sa proximité économique avec le Royaume-Uni.

C'est pour cela que d'après l'Irish Times, le ministre irlandais des finances ira à Londres rencontrer son homologue la semaine prochaine.

Un Brexit qui inquiète également en Europe centrale. Le quotidien slovaque SME cite les propos incendiaires de Robert Fico. Le premier ministre slovaque, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, souhaite faire un exemple pour que le Brexit soit très douloureux pour le Royaume Uni. Et Robert Fico précise : "Maintenant, vous allez voir pourquoi, c'est important de rester dans l'UE".

Des propos qui tranchent avec ceux beaucoup plus diplomatiques des autres leaders européens. Mais comme l'explique, le Slovak Spectator, Robert Fico est offensif à usage interne. Il sait sa coalition fragile et envisage des élections anticipées.

Le Brexit, les migrants, tout cela alimente donc les politiques intérieures des pays membres...

En Hongrie, Viktor Orban s'apprête le 2 octobre à faire voter ses compatriotes dans un référendum anti-migrants. Et d'après le quotidien d'opposition Nepszabadsag Viktor Orban compte se servir de ce vote pour s'attaquer aux traités européens. Il pourrait ainsi demander des ajustements au traité de Lisbonne.

Pendant ce temps en Bulgarie, pays de l'UE frontalier avec la Turquie, le journal bulgare de référence, Dnevnik, nous apprend que Sofia va augmenter de moitié sa capacité d'accueil des migrants. La Bulgarie a enregistrée 13 000 migrants en 2016. Et c'est en Bulgarie que sera inauguré en octobre le nouveau corps européen de gardes-frontières.

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