LE DIRECT
Etienne Tshisekedi. Photo d'archive

Le retour de l'opposant Etienne Tshisekedi en RDC avant la présidentielle

5 min

La presse internationale revient sur le retour de l'opposant Etienne Tshisekedi ce week-end à Kinshasa. Il demande au président Kabila de respecter la constitution en se retirant du pouvoir à la fin de l'année après l'élection présidentielle. Revue de presse avec Sébastien Berriot.

Etienne Tshisekedi. Photo d'archive
Etienne Tshisekedi. Photo d'archive Crédits : maxppp - Maxppp

Etienne Tshisekedi, 83 ans aujourd'hui est depuis 40 ans engagé dans la lutte contre le pouvoir congolais, du Maréchal Mobutu Sese Seko à Joseph Kabila en passant par Laurent Désiré-Kabila. Après un séjour de deux ans en Belgique pour raisons médicales, il a donc fait ce week-end son grand retour au pays.

Un retour que la presse internationale qualifie de triomphal, notamment en Belgique ancienne puissance coloniale. La Libre Belgique raconte que tout au long du cortège entre l'aéroport et la résidence de l'opposant, des centaines de milliers de personnes étaient massées sur le bord de la route, alors que quelques jours auparavant, en prévision de cette visite, la majorité présidentielle avait peiné à réunir 50 000 personnes. Jeune Afrique parle d'une liesse et précise qu'Etienne Tshisekedi aura mis 5 heures au total pour parcourir les 17 kilomètres, s'arrêtant à de très nombreuses reprises pour saluer ses partisans..

Dans Le Soir de Bruxelles, la spécialiste de la RDC Colette Braeckman, explique que le président de l'UDPS, l'union pour la démocratie et le progrès social a, malgré son âge, gardé une immense popularité, gagnée à l'époque de l'ex-Zaire, lorsque Tshisekedi démystifiait un Mobutu au faîte de sa puissance. Aujourd'hui encore écrit Colette Braeckman, Tshi Tshi comme on le surnomme est le préféré des quartiers populaires de Kinshasa et son  nom reste connu jusque dans les campagnes les plus reculées.

Retour triomphal donc et pas à n'importe quel moment. Le pays est à 4 mois de l'élection présidentielle. Lors de son premier meeting dans la capitale congolaise Etienne Tshisekedi s'est montré très virulent à l'encontre du pouvoir en place. Le correspondant de la Voix de l'Amérique à Kinshasa raconte que l'opposant a d'abord fait observer une minute de silence pour les souffrances endurées par le pays, et Tshisekedi de dénoncer ensuite un régime de prédation, de misère et de désolation.

L'opposant explique Jeune Afrique a fixé une première ligne rouge à ne pas franchir, le respect de la date du 19 septembre pour la convocation du corps électoral. Dés cet instant a-t-il ajouté le décompte du préavis de 3 mois pour le locataire du palais présidentiel aura débuté et le président Kabila devra avoir quitté les lieux le 20 décembre puisque selon la constitution, il n'a pas la possibilité de briguer un troisième mandat après 15 ans de pouvoir.

Un discours très combatif pour la Libre Belgique et, dans un pays où la violence est endémique, à l'approche d'une élection à haut risque, Etienne Tshisekedi s'est aussi adressé aux forces de l'ordre. Vous devez être au service de la nation et pas d'un individu a-t-il lancé aux policiers et aux militaires.

Joseph Kabila a bien perçu le risque de dérapage dans le quatrième pays le plus peuplé du continent. Jeune Afrique rappelle qu'en 2015 le chef de l'état a proposé un dialogue à l'opposition. Une opposition plutôt favorable mais qui a fixé des préalables, notamment la libération des prisonniers politiques. Une opposition prudente aussi qui ne veut pas tomber dans un piège, car comme l'explique le magazine Newsweek, le gouvernement a  dores et déjà invoqué des problèmes logistiques qui pourraient aboutir à un report de la présidentielle. Problèmes liés à l'enregistrement des électeurs. Les opérations viennent à peine de commencer et elles sont censées durer dix mois, bien au delà donc du 27 novembre.

Et le risque dans ces conditions,  c'est de voir le président Kabila s'accrocher au pouvoir. Newsweek explique que certains de ses partisans voudraient un référendum, un changement dans la consitution pour permettre au président de se présenter à l'élection, comme l'a fait par exemple, ajoute el mundo, le voisin Paul Kagame au Rwanda.

Etienne Tshisekedi  entretient le doute sur ses ambitions présidentielles. Officiellement l'opposition est derrière lui, mais peut être plus en tant que fédérateur pour lancer le mouvement de protestation. Pour Newsweek, il y a un candidat plus crédible, en la personne du milliardaire Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga qui s'est réfugié à l'étranger en raisons de menaces d'arrestation.

En attendant son retour c'est Etienne Tshisekedi qui est là pour assurer le lancement de la campagne, et comme l'explique le New York Times, il veut mettre la pression non seulement sur le camps Kabila, mais aussi sur l'Union Africaine. A peine rentré à Kinshasa, Tshisekedi a annoncé qu'il récusait le facilitateur du dialogue désigné par l'UA, l'ancien premier ministre togolais Edem Kodjo, considéré comme trop proche de Kabila.

Chroniques

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......