LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les conséquences économiques et politiques du Brexit

5 min

Le Brexit ne sera engagé qu’en mars prochain…pourtant, ses conséquences sont déjà à la une de la presse internationale. Conséquences économiques avec les banques qui envisagent de quitter la City. Conséquences politiques avec le retour des Lib-Dems qui entendent fédérer le camp du remain

On ne sait pas si le Brexit sera dur, en tous cas, les conséquences du départ du Royaume Uni de l'Union européenne sur l'économie britannique et européenne commencent à se faire sentir...durement.

Cela concerne déjà le secteur financier : et si les banques de la City étaient sur le départ ?

Le Guardian met en avant un communiqué de l'Association des Banques Britanniques qui estime que beaucoup de petites banques prévoient de démarrer leur délocalisation de Londres avant Noël alors que les établissements plus importants devraient le faire au premier trimestre 2017. Les services financiers rapportent 20 milliards de livres par an à la City...

En Écosse, ce sont les pécheurs qui se font du mauvais sang nous apprend le Shetland Times. Le SNP, le Parti indépendantiste au pouvoir à Édimbourg, souhaite protéger ce secteur du Brexit. Pour cela, il réclame que la pêche soit désormais une compétence d'Holyrood, le parlement écossais et plus de Londres.

L’Écosse, tout comme l'Irlande du Nord et le Pays-de-Galles, qui souhaitent, nous rappelle la Tribune de Genève, peser sur les négociations entre Londres et Bruxelles. Mais comme l'explique le journal suisse, Nicola Sturgeon, la First Minister indépendantiste écossaise et Carwyn Jones, son homologue travailliste gallois sont sortis terriblement frustrés de leur visite à Theresa May à Londres où ils n'ont obtenus qu'une participation sur les discussions avec Bruxelles et non un droit de regard avec vote de leurs parlements autonomes.

Inquiétudes économiques également sur le Continent.

L'Hebdomadaire belge le Vif relaie les craintes de l'industrie belge du textile dont la fédération a rencontré le ministre belge de l'économie Kris Peeters pour lui faire part de ce constat : l'industrie textile belge tourne au ralenti et à déjà perdu des commandes suite au Brexit.

La Grande-Bretagne étant le marché le plus important pour les entreprises belges du secteur en particulier pour les tapis, tissus d'ameublement ou tentures, avec un tiers de leur chiffre d'affaire Outre-Manche, voir même 50% pour certaines entreprises, et un montant de 600 millions d'euros par an pour le secteur. Les industries textiles belges estimant que le retour des barrières commerciales entre l'UE et le Royaume-Uni pourrait leur faire perdre jusqu'à 30% de chiffre d'affaire.

Mais ce Brexit a également des conséquences politiques surprenantes en Angleterre aussi...

Et on dit bien en Angleterre, pas uniquement en Écosse... C'est le retour des Libéraux-Démocrates.

Comme l'explique The Observer les Lib-Dems ambitionnent d'être la voix des électeurs du Remain. Ils comptent rallier les électeurs conservateurs qui ont votés pour rester dans l'UE et qui sont déçus par le Brexit dur de Theresa May et les électeurs travaillistes qui ne suivent pas la ligne à gauche toute de Jeremy Corbyn.

Et d'après le Guardian, ce pari peut être gagné à en croire la législative partielle de Witney, près d'Oxford. La circonscription de David Cameron à qui il fallait trouver un successeur. Alors certes, le candidat conservateur a gagné, mais le score des Tories est passé de 60 à 45%...et qui tire les marrons du feu : le Parti Libéral-Démocrate qui vole la 2e place au Labour en finissant à 5 700 voix des Conservateurs. UKIP plonge également en se faisant prendre la 4e place par les Verts. UKIP se retrouvant à moins de 4% de voix...

Et pour le Telegraph, ce meilleur résultat pour le Lib-Dem dans une législative partielle depuis 26 ans pourrait bien augurer d'autres succès. En particulier à Richmond Park, une circonscription londonienne.

Là, le Conservateur Zac Goldsmith, candidat malheureux à la mairie de Londres, menace de démissionner pour protester contre les pressions du gouvernement, pourtant également conservateur, de Theresa May qui a décider de relancer le projet d'extension de l'aéroport de Heathrow, afin, d'envoyer un message d'ambition économique en plein Brexit. Sauf que cette circonscription de Richmond Park était Lib-Dem jusqu'en 1997 et que le parti centriste compte bien la reprendre. Et comme l'explique le Telegraph, le paradoxe, typiquement anglais, est qu'aujourd'hui, les Libéraux-Démocrates profitent du fait qu'ils n'ont jamais cachés leurs convictions pro-européennes, ce qui leur permet de mobiliser le camp du Remain en prenant des voix à droite et à gauche...

La presse européenne se demande donc où va Theresa May et si le crash n'est pas au bout du chemin...

Le Soir s'interroge même sur ce que pense réellement Theresa May du Brexit. En se basant sur des enregistrements, que le Guardian s'est procuré, le quotidien belge se demande si la Première ministre ne le craint pas plus qu'elle ne veut bien le dire...

Des enregistrements qui datent du printemps dernier lors d'une rencontre privée avec des responsables de la banque Goldman-Sachs à Londres. Theresa May estime alors que le Brexit va entrainer un départ important d'entreprises privées du Royaume-Uni et que l'Union européenne assure la sécurité du pays en particulier grâce au mandat d'arrêt européen...

Ce qui fait dire au quotidien polonais la Gazeta Wyborcza, que la Grande-Bretagne est menacée d'une triple crise majeure : crise systémique pour sa vie politique, crise constitutionnelle grave pour ses relations entre le gouvernement et le Parlement et crise vitale pour sa survie en tant que Royaume-Uni à cause de la rapide détérioration des relations entre l'Angleterre et les trois autres Home Nations, l’Écosse, le Pays-de-Galles et l'Irlande-du-Nord...

Il n'y a pas d'avenir dans les rêves de l'Angleterre chantaient les Sex Pistols dans God Save the Queen en 1977...

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......