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l'ambassadrice américaine Nikki Haley à l'ONU montrant les photos d'enfants victimes de l'attaque chimique en Syrie 05 avril 2017.

Les Etats-Unis vont-ils changer de stratégie en Syrie ?

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"Odieuse" et "affront à l'humanité", a tweeté Donald Trump hier après l'attaque chimique qui a fait au moins 86 morts dont 30 enfants lors d'un raid mené sur la province rebelle d'Idlib en Syrie. Revue de presse internationale d'Annabelle Grelier.

l'ambassadrice américaine Nikki Haley à l'ONU montrant les photos d'enfants victimes de l'attaque chimique en Syrie 05 avril 2017.
l'ambassadrice américaine Nikki Haley à l'ONU montrant les photos d'enfants victimes de l'attaque chimique en Syrie 05 avril 2017. Crédits : TIMOTHY A. CLARY / AFP - AFP

"Odieuse" et "affront à l'humanité", a tweeté Donald Trump hier après l'attaque chimique qui a fait au moins 86 morts dont 30 enfants lors d'un raid mené sur la province rebelle d'Idlib en Syrie.

Les victimes ont été surprises dans leur sommeil et ont été asphyxiées, indique The Times. Les images saisies sur place, ainsi que le récit des services de secours, selon Courrier international, indiquent qu’on peut dès lors se passer de l’adjectif «présumé» qualifiant cette attaque, encore en usage dans de nombreux médias. Oui, c’est bel et bien «l’attaque chimique la plus meurtrière qu’ait connue la Syrie depuis des années», note le New York Times. C’est également «la première atrocité majeure attribuée au gouvernement syrien depuis que Donald Trump a pris ses fonctions», indique le même quotidien. «Or, il y a quelques jours à peine, des représentants du gouvernement américain ont indiqué que le départ de Bachar El-Assad du pouvoir n’était plus une priorité, et que les efforts de Washington se concentreraient sur la lutte contre l’Etat islamique.» mais aujourd'hui les Etats Unis vont peser sur un changement de stratégie sur la Syrie titre le Wall Street journal.

"Cette attaque sur des enfants a eu un énorme impact sur moi", a lancé hier Donald Trump lors d'une conférence de presse avec le roi de Jordanie.

Le président américain a reconnu que son "attitude vis-à-vis de la Syrie et d'Assad avait nettement changé", soulignant que "ce qui s'était passé était inacceptable".

Avec ce raid imputé au régime syrien, de "nombreuses lignes" ont été "franchies", a-t-il souligné, en allusion à la "ligne rouge" que s'était fixée son prédécesseur Barack Obama à propos des attaques chimiques du régime syrien.

Donald Trump a évoqué "les petits enfants et même de beaux petits bébés" qui ont péri. "Leur mort fut un affront à l'humanité. Ces actes odieux par le régime d'Assad ne peuvent pas être tolérés", a-t-il martelé à la Maison Blanche. Il n'a toutefois pas dit ce qu'il comptait faire même s'il a suggéré que cette attaque chimique pourrait changer son plan d'action en Syrie relève le quotidien.

Une réponse en sourdine de Donald Trump titre le New York Times

Alors que d'autres présidents appelleraient au départ de Bachar El Assad , Donald Trump ne l'a pas fait relève le journal. Trump ne s'embarrasse pas avec les leçons de morale et ne voit pas l'intérêt d'en appeler aux droits de l'homme et la démocratie comme auraient fait ces prédécesseurs. Son slogan "America's first" , l'Amérique d'abord , traduit bien sa philosophie. Comment les autres nations traitent leur population n'était pas jusque là son affaire mais plutôt qu'est ce que ces nations pouvaient apporter aux Etats unis. Nous allons voir comment cette philosophie se traduit sur le terrain" s'interroge le journal qui rappelle qu'en septembre 2013 , l’actuel président prônait la non-intervention en Syrie à travers – déjà – un tweet adressé à Barack Obama : “Président Obama, n’attaquez pas la Syrie. Il n’y a aucun avantage et énormément de désavantages. Gardez votre “poudre” pour un autre jour !

Le Conseil de sécurité a repoussé le vote d'une résolution, le temps pour les Occidentaux de négocier avec la Russie

Hier l'armée russe a en partie disculpé son allié syrien, affirmant que l'aviation de Damas avait frappé un "entrepôt" des rebelles contenant des "substances toxiques". En explosant, ces dernières se seraient disséminées dans l'atmosphère.

Dans la presse européenne il n'y a guerre que la Stampa pour s'interroger... Quel intérêt Assad aurait-il eu à mener cette attaque ? Le quotidien italien pour sa part rappelle que la Syrie a signé en 2014 la Convention sur les armes chimiques et ne pense pas qu’Assad soit le commanditaire de cette attaque :

«L’épisode est aussi inattendu qu’absurde. Inattendu parce que depuis l’entrée en vigueur de la Convention , celle-ci n’a jamais été violée et dans cette partie du Proche-Orient, il n’y aurait plus dû y avoir de gaz neurotoxique. Absurde car on n’arrive pas à comprendre l’intérêt pour le régime Assad de commettre un acte aussi cruel, choquant et illicite au moment même où la guerre - dont l’issue était indécise pendant des années - finit par pencher, lentement mais inexorablement, à la faveur de Damas. … Et qui croit vraiment que les forces armées syriennes puissent décider d’un bombardement de ce type sans en informer au préalable l’allié russe, le moteur et garant de l’accord qui a libéré la Syrie de la présence d’armes chimiques ? Décidément, c’est impensable.»

Le Frankfurter trouve lui cruel le moment choisi pour mener cette attaque chimique, sachant que depuis mardi, les représentants de 70 Etats et organisations débattent de la prolongation de l’aide humanitaire en Syrie. Il décrit le triomphe d’Assad : «Il a l’assurance que plus personne ne peut lui nuire depuis que les Etats-Unis ont officiellement rayé sa destitution de leur stratégie au Proche-Orient. Aussi la clique au pouvoir en Syrie a-t-elle tôt fait d’interpréter le changement de cap fraîchement proclamé sous la présidence du président Donald Trump comme un blanc-seing pour anéantir à sa guise la population restée sur le sol syrien. Assad et son régime n’ont aucune pression internationale à craindre. »

Hier pourtant, à l'ONU, l'ambassadrice américaine Nikki Haley a fustigé la Russie pour n'avoir pas su tempérer son allié syrien. Elle a menacé de mesures unilatérales des Etats-Unis en cas d'échec d'une action "collective" des Nations unies mais rien d'aussi fort n'a été prononcé à la Maison Blanche relève le New York Times.

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