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Marta, attaquante de l'équipe de football du Brésil, en 2015

"Les hommes, assez de sexisme, nous sommes en 2016 ! "

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C'est la présidente de la Chambre des députés en Italie qui lance cette phrase dans la presse italienne après ce dessin publié le 10 août en une du journal Il Fatto Quotidiano, pour illustrer le débat sur la réforme constitutionnelle dans le pays.

Marta, attaquante de l'équipe de football du Brésil, en 2015
Marta, attaquante de l'équipe de football du Brésil, en 2015 Crédits : FRANCK FIFE - AFP

Sur le dessin, la ministre chargée de la réforme, Maria-Elena Boschi, jambes croisées et court vêtue, accompagnée d'un jeu de mot sur "l'état des cuisses"

"Satire sexiste" lance Il Giornale alors que le Corriere della serra dénonce un "sexisme insupportable " et rappelle que ce n'est pas la première agression du genre envers la ministre alors que sur le Huffington Post Italia une tribune souligne que l'attaque vise la femme, et non son travail

Une controverse absurde pour l'auteur du dessin, Riccardo Mannelli qui répond dans les colonnes de La Reppublicca. "La sature n'a pas de limite" dit-il soutenu par d'autres journalistes Le dessinateur a fait son travail et il a aussi également déjà visé des hommes politiques.

Mais la vague d'indignation s'étend remarque Il Giornale alors qu'un autre scandale a secoué la presse italienne cette semaine : un groupe de quotidiens a commenté la défaite de l'équipe féminine de tir à l'arc aux Jeux Olympiques en qualifiant ses membres de "trio des grassouillettes". Des excuses ont été présentées. Le directeur du cahier sportif renvoyé.

Et en matière de sexisme les Jeux Olympiques décrochent la médaille d'or. Des commentaires sexistes qui ruinent ces JO écrit Zoe Strimpel dans le Telegraph "alors que les athlètes femmes, se démarquent par leur prouesses, leur endurance et des victoires, du côté des commentaires masculins c'est toujours la même vieille histoire : condescendant, infantilisant , sexistes " Et le quotidien britannique égraine de nombreux exemples comme ce commentateur de la NBC qui s'est exclamé alors que la nageuse américaine Katie Ledecky battait le record du monde :  "certaines personnes disent qu'elle nage comme un homme"

Et plus pernicieux encore écrit le journal, c'est cette habitude récurrente d'expliquer les performances d'une femme par l'homme qui est proche d'elle, son entraîneur, son mari.

La différence de traitement entre athlètes est pourtant bien réelle souligne La Libre Belgique s'appuyant sur une étude de l'université de Cambridge paru au début du mois. Si les femmes sont aujourd'hui plus nombreuses à participer aux Jeux Olympiques, les mentalités ont encore du mal à évoluer, avec des remarques plus sur leur physique que sur leur performance.

Selon l'étude de l'université britannique, les mots les plus associés aux hommes lors de cette grande compétition sportive sont « forts », « rapides » et « grands », alors que pour leurs homologues féminines, on entend davantage les termes « âgées », « enceintes » et « célibataires ». Cette année encore, les commentateurs, les journalistes et les réseaux sociaux s'enfoncent dans ce machisme ambiant constate le quotidien belge.

Et ce n'est pas seulement une question de langage assure le site internet de BBC news, car il y a aussi une différence d'attitude. On parle moins dans les médias des athlètes femmes que de leur compères masculins. Quand un des commentateurs évoquent un sport c'est admis qu'il s'agit de la compétition masculine. Par exemple les médias parlent de foot féminin mais quand il s'agit des hommes, c'est tout simplement le football.

Malgré tout, les choses avancent note encore la chaîne d'information britannique.La présence des femmes athlètes aux JO n'a pas cessé d'augmenter. Elles étaient un peu plus de 13 % de participantes en 1964 aujourd'hui à Rio on en est à 45%. Le traitetement de l'information aussi s'est amélioré et on remarque aussi plus quand il y a du machisme ordinaire.

Et en écho à cette évolution ce papier ce vendredi 12 août dans l'International New York Times sur l'équipe de foot du Brésil. L'équipe féminine. Avec ce titre " là où les hommes étaient les rois, les femmes maintenant mènent le bal." Dans ce reportage à Manaus le journaliste a constaté un soutien considérable à l'équipe féminine. Le jeu des femmes - des brésiliennes en particulier mais aussi d'autres équipes étrangères- s'est emparé ici de l'imagination collective ici.

L'attaquante star de l'équipe brésilienne, Marta, connue comme la Pelé féminine, a pourtant passé une grande partie de sa carrière sans reconnaissance dans son propre pays. Maintenant elle entend des applaudissement dès qu'elle touche le ballon.

Des femmes qui ont conquis aussi les cœurs masculins comme ce chauffeur de taxi qui reconnait l'énorme surprise du jeu de l'équipe brésilienne. Il reconnait son erreur d'avoir si longtemps préféré les hommes.

Même écho parmi les autres habitants de la ville amazonienne rencontré par le journal américain. Il faudrait plus d'argent pour assurer la promotion du foot féminin, souvent retransmis sur le câble alors que les hommes sont sur toutes les grandes chaînes. Pour venir jouer à Manaus les brésiliennes ont pris un avion, en classe économie et sans repas servi à bord.

Un cas qui n'est pas spécifique au Brésil, c'est la même chose aux Etats Unis et ailleurs en Europe constate le journal. Les joueuses restent des citoyennes de seconde zone.

Mais la roue tourne. Certains fans ont fait un immense voyage pour venir jusqu'au cœur de l' Amazonie supporter leur équipe et ils se réjouissent " le Brésil est une société macho, mais c'est magnifique , c'est en train de changer "

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