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Quatre hommes et un destin pour l'Espagne

L'Espagne aura, enfin, un gouvernement, de droite...grâce aux Socialistes

5 min

Après deux élections législatives et une crise politique qui a traversé toute l'année 2016, l'Espagne s'apprête à retrouver un gouvernement dirigé par le conservateur Mariano Rajoy en coalition avec les centristes de Cuidadanos. Une désignation rendue possible par l'abstention du Parti Socialiste.

Quatre hommes et un destin pour l'Espagne
Quatre hommes et un destin pour l'Espagne Crédits : Radio France

Il aura fallu 10 mois de paralysie politique, pour que comme le titre El Pais, les Socialistes laissent la voie libre à Mariano Rajoy.

10 mois, et une grave crise au sein du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol avec la décision d'hier du comité fédéral du parti de s'abstenir sur le vote au parlement pour la désignation comme chef du gouvernement du conservateur Mariano Rajoy à la tête d'un gouvernement minoritaire afin d'éviter de nouvelles élections à Noël, les troisièmes de l'année.

Le Spain Report explique que les Socialistes vont cependant voter contre Mariano Rajoy au premier tour histoire de ne pas apparaître comme ayant trop renoncé, avant de s'abstenir in fine au tour suivant.

Un vote symbole des tourments du PSOE, dont la direction est aussi divisée que l'électorat.

Les sondages indiquent en effet que les sympathisants socialistes espagnols sont séparés en deux camps pratiquement égaux entre ceux qui ne veulent absolument pas entendre parler d'un nouveau gouvernement Rajoy et ceux qui ne veulent surtout pas d'une troisième élection à la fin de l'année.

Le Spain report qui ajoute que cette décision du PSOE de permettre à la droite de se maintenir au pouvoir a entrainée une réaction ironique et vive de Podemos. Le parti de la gauche radicale estimant que cette décision était le signe de la mort annoncée du bipartisme en Espagne avec l'avènement d'un gouvernement faible et que Podemos était désormais le chef de l'opposition.

Mais cette crise politique laisse les Socialistes espagnols totalement déboussolés et divisés

Et effectivement, l'image laissée par la décision des Socialistes espagnols peut être celle de l'effacement et du renoncement.

Ce que le Telegraph, en Angleterre, résume par ce titre : les Socialistes permettent à Rajoy de rester au pouvoir. Et le quotidien britannique d'ajouter que Pedro Sanchez, le chef socialiste écarté, a déclaré après ce vote qu'il entendait reconstruire un PSOE indépendant et opposé au Parti Populaire de Mariano Rajoy. Ce qui démontre pour le journal, la profondeur de la division qui existe chez les socialistes espagnols.

Même si le Telegraph précise, en citant un membre de la direction du PSOE, que désormais que cette décision difficile a été prise, elle sera appliquée par tous les députés socialistes.

Même idée, toujours en Grande-Bretagne, dans les colonnes du Guardian.

Le quotidien de centre gauche parle d'un parti en pleine guerre interne qui a pris une décision difficile après des débats amers et certainement, des futurs départs de militants, en particulier en direction de Podemos.

Le quotidien londonien explique cependant que c'est la puissante section socialiste d'Andalousie, qui a fait pencher la balance en direction du vote d'abstention, estimant que l'opinion publique espagnole ne pardonnerait pas au PSOE un blocage de la vie politique du pays et un nouveau scrutin législatif en décembre. Le leader andalou socialiste affirme qu'on ne pouvait laisser se développer l'idée que le vote des Espagnols ne comptait pas et que l'on pouvait indéfiniment recommencer des élections.

L'Andalousie étant, on le rappelle, la terre d'origine de l'ancien premier ministre socialiste Felipe Gonzalez au pouvoir pendant 13 ans de 1982 à 1996.

Au contraire du responsable basque du PSOE qui estime lui que ce vote d'abstention laisse le parti malade, sans leader et avec une culpabilité éternelle.

Mais, pour le Guardian, c'est en Catalogne que les conséquences risquent d'être les plus difficiles pour le PSOE avec une possible scission des socialistes catalans et un départ massif vers la gauche radicale et Ada Colau élue à la mairie de Barcelone en 2015 avec le soutien de Podemos.

Mais est-ce que l'Espagne avait le choix ?

Et c'est le New York Times qui pose la question. Avec l'Union européenne qui menace Madrid de sanctions pour incapacité à réduire ses déficits et avec l'indépendantisme catalan de plus en plus puissant et cette possibilité de référendum sur l'avenir de la Catalogne en 2017, est-ce que l'Espagne pouvait continuer longtemps sans gouvernement et avec des élections tous les trois mois ?

Comme chaque scrutin ne donne aucun vainqueur net et que le parlement est fragmenté entre 4 mouvements politiques pratiquement de même importance, est-ce qu'il n'était pas possible de laisser une chance à une coalition entre les conservateurs du PP et les centristes de Ciudadanos ? Et le New York Times d'ajouter que certes Mariano Rajoy est affaibli...mais qu'il l'est moins que ces trois autres rivaux.

Une impasse politique qui d'après le Wall Street Journal se termine avec cette décision socialiste de laisser la voie libre à Mariano Rajoy. Et que ce dernier sort vainqueur d'un bras de fer alors qu'il était une cible de la ferveur anti-establishment qui se développe partout en Europe. Même si le Wall Street Journal admet que le gouvernement de Rajoy sera vulnérable et qu'il devra comme celui de Enda Kenny en Irlande, se lancer dans de sévères économies après avoir été réélu.

Le Wall Street Journal explique que Rajoy a également des atouts dans sa manche. Alors que la menace populiste est à son maximum en Autriche, en Italie, en France et en Allemagne, Le futur gouvernement espagnol aura au moins l'avantage de ne pas être confronté à une vague eurosceptique et anti-migrants, que le pays n'a pas connu d'attentats depuis une décennie.

Et enfin, que la croissance est attendue à plus de 3% cette année.

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