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En Côte d'Ivoire l'opposition appelle à faire des barrages pour perturber les élections de samedi.

Présidentielles sanglantes en Côte d'Ivoire et en Guinée

5 min
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Les scrutins présidentiels font à nouveau sombrer dans la violence la Guinée et la Côte d'Ivoire. Les opposants à Alassane Ouattara continuent d'appeler au boycott du scrutin de samedi, tandis qu'en Guinée la réélection d'Alpha Condé est toujours plus contestée.

En Côte d'Ivoire l'opposition appelle à faire des barrages pour perturber les élections de samedi.
En Côte d'Ivoire l'opposition appelle à faire des barrages pour perturber les élections de samedi. Crédits : AFP

La Côte d'Ivoire est à deux jours maintenant d'élections présidentielles qui font couler l'encre et le sang. Au moins une vingtaine de morts sont à déplorer ces derniers jours dans le pays. Hier à Abidjan un jeune homme a été poignardé et plusieurs véhicules incendiés par des hommes cagoulés rapporte le journal indépendant Soir Info.

35 000 policiers mobilisés pour le scrutin de samedi 

"Il reste 72h au président Ouattara pour éviter le chaos à la Côte d'Ivoire" titrait même le journal L'Héritage hier, qui annonce que 35 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés samedi pour le scrutin. Tandis que Le Nouveau Courrier fait lui un focus sur les milliers de personnes qui fuient selon le quotidien Abidjan et ses violences.

Des violences qui ont débuté on le rappelle dès le 6 d'août. L'étincelle vient alors de la candidature surprise du président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2010. Après la mort de son dauphin désigné, le chef d'Etat revient sur sa décision de quitter le pouvoir et prétend à un 3e mandat, malgré la limitation à 2 par la constitution ivoirienne. Dans la foulée le conseil constitutionnel lui donne raison, estimant que la constitution renouvelée en 2016, remet les compteurs à 0.   S'ensuit une vague de protestation dans de pays, protestations qui font déjà plusieurs morts cet été.   Et la 2e étape de la flambée des violence intervient mi septembre, quand le conseil constitutionnel rejette 40 des 44 candidatures à la présidentielles, dont celles de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Résultat : les oppositions se liguent contre Alassane Ouattara mais surtout contre la tenue de ces élections présidentielles.

Appels au boycott et à la désobéissance civile

En ce sens, l'un des 4 candidats restants Pascal Affi N'Guessan déclarait hier sur RFI Afrique « Pour nous, il n'y a pas d'élection samedi prochain». Il appelle - en son nom et en celui d'un autre candidat l'ex président Henri Konan Bédié - à faire des barrages pour perturber la bonne tenue des élections de samedi. Un appel au boycott et à la désobéissance civile en bonne et due forme afin de rendre selon lui "impossible l'organisation d'une élection sereine, digne de ce nom et qui serait reconnue par la communauté internationale".

Une communauté internationale qui commence à sérieusement s'inquiéter de la montée des violences en Côte d'Ivoire. Des violences qui prennent vite des allures d'affrontement communautaires, dans ce pays où près de la moitié de la population est étrangère ou d’origine étrangère. La procureure de la Cour Pénale Internationale Fatou Bensouda lance ainsi un appel au calme relayé ce matin par le site ivoirien Fratmat.info. "Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale" affirme-t-elle. La magistrate qui ne manque pas de faire références au passage de pouvoir sanglant de 2011, entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, qui avait fait plus de 3000 morts.

9 ans après, Laurent Gbagbo va sortir du silence

Kemy Seba est également apparu pour mettre son grain de sel. Selon le site Jeune Afrique, l'activiste panafricaniste franco-béninois - condamné en France pour antisémitisme - a fait le voyage en pyrogue pour rejoindre la Cote d'Ivoire, un des nombreux pays africain dans lequel il est persona non grata. Ce détracteur de longue date d’Alassane Ouattara appelle à lutter de manière pacifique pour que les élections de samedi n'aient pas lieues. Il déclare être venu pour "parasiter ce processus électoral vicié, pour pousser Alassane Ouattara à reporter les élections et à inclure les candidats qu’il a exclus" rapporte Jeune Afrique.  

Autre prise de parole très attendue, qui doit avoir lieu aujourd'hui, celle de l'ex-président Laurent Gbagbo. Il s'exprimera pour la première fois sur cette élection présidentielle, à 17h45 sur TV5 monde. C'est d'ailleurs la fin d'un mutisme officiel de 9 ans pour l'ancien chef de l'Etat, muré dans le silence depuis son sanglant départ du pouvoir.

Alpha Condé accusé de tirer à balle réelles sur son peuple

En Guinée il est question de violences post-présidentielles. Avec encore une fois un président qui veut un 3e mandat. Alpha Condé, réélu officiellement à la tête de son pays il y a 5 jours, au terme d'un processus électorale largement contesté. Contesté dès la révision de la constitution guinéenne en mars dernier qui lui a donné le droit de se représenter. Depuis l'annonce des résultats, les violences ont fait une trentaine de morts et plusieurs centaines de blessés dans le pays, et Alpha Condé est accusé de tirer à balle réelles sur son peuple.

Alpha Condé est accusé par l'opposition de tirer à balles réelles sur son peuple
Alpha Condé est accusé par l'opposition de tirer à balles réelles sur son peuple Crédits : AFP

Ce matin le site AfricaGuinée fait la part belle au candidat de l'opposition Cellou Dalein Diallo, qui continue de revendiquer la victoire. Les forces de l'ordre Guinéenne bloquait son domicile jusqu'à mardi, une véritable séquestration à domicile levée devant la pression internationale. Dans une vidéo relayée par AfricaGuinée, Cellou Dalein Diallo salue la prise de position de certains pays qui ont condamné les violences et exprimé des doutes sur la transparence du scrutin, et parmi ces pays, la France. Le candidat Diallo qui ajoute en revanche ne pas attendre grand chose de la communauté internationale dans la résolution de cette crise.

Crise des denrées alimentaires à Konakry

AfricaGuinée revient également sur la crise des denrées alimentaires qui frappe la capitale Konakry, suite à la flambée des violences. Les produits de première nécessité commencent à manquer sur les marchés, le prix du pain a quasiment doublé.

Enfin RFI Afrique revient de son côté sur la première sortie d'Alpha Condé depuis sa réélection. Le président s'est rendu au chevet des victimes des violences post-électorales, dans un hôpital militaire de la capitale. Une sortie qui lève en partie les doutes sur son état de santé. De nombreuses rumeurs le donnaient même gravement malade et évacué en Turquie. "Mais où est passé le président Alpha Condé ?" titrait même hier le Financial Afrik avant cette visite. Le chef d'Etat n'était pas apparu depuis le scrutin du 18 octobre.

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