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L'héritage toujours douloureux de la partition entre l'Inde et le Pakistan

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Cette nuit de la mi-août 1947, c'était sa nuit de noces. Sous les étoiles, dans sa nouvelle maison. Une nuit de fête qui se transforme en nuit d'exil. Au petit matin, tout le monde est obligé de fuir.

Veena a découvert le drame du mariage de ses parents en retrouvant un poème de sa mère décédée. Veena qui témoigne aujourd'hui pour la BBC comme onze hommes et femmes dont l'histoire est liée à cette partition de l'Inde et du Pakistan.

Cet été 1947 les parents de Veena vivent dans le Penjab Occidental, qui appartient aujourd'hui au Pakistan. Ils sont obligés d'abandonner leur maison, de passer de l'autre côté. Cet épisode douloureux, le père de Veena n'a quasiment jamais voulu lui en parler "Il était traumatisé, il a commencé à l'évoquer seulement quand il est tombé malade. " confie cette femme aujourd'hui installée au Royaume Uni.

70 ans après, les témoins racontent comment l'atmosphère a brutalement changé cette nuit du 14 au 15 aout 1947. Le parlement britannique vote alors la loi qui entérine la partition de l'ancien territoire des Indes en deux Etats séparés rappelle le journal La Croix, d'un côté l'union Indienne du Mahatma Gandhi, peuplé en majorité d'hindous, de l'autre le Pakistan peuplé en majorité de musulmans. Avec la scission, près de 17 millions de personnes seront déplacées, les musulmans fuyant vers le Pakistan, les hindous et les sikhs cherchant à l'inverse à rejoindre l'Inde. Les conflits religieux feront entre 200 000 et 2 millions de morts.

Et la partition aujourd'hui est toujours conflictuelle . De New Dehli à Islamabad c'est seulement 700 kilomètres précise Andrew Whitehead sur le site internet de la BBC, mais aujourd'hui il n'y a pas de vols directs entre les deux capitales. Et si les deux pays partagent un même amour du cricket, raconte encore le journaliste ils ne jouent pas ensemble dans leur pays. Il y a quelques semaines, la finale du trophée des champions s'est jouée... à Londres. Le Pakistan l'a emporté. Et si certains indiens ont accepté la défaite avec élégance ; sur les réseaux sociaux, dans certains médias, il y avait de la colère et de l'angoisse. Perdre la face contre votre vieux rival pour beaucoup c'est encore trop douloureux à endurer.

L'Inde et le Pakistan, les frères ennemis, qui ont gagné leur indépendance en même temps mais le Pakistan marque l'évènement un jour plus tot que son voisin rappelle The Guardian hier dans les grandes villes du pays, les habitants sont descendus dans les rues habillés de vert et de blanc, ont redécoré leur voiture ou leur maison aux couleurs du Pakistan pour témoigner de leur patriotisme. En Inde c'est un discours du 1er minsitre, Narendra Modi, qui a lancé les célébrations de ce 70e anniversaire.

Une histoire commune racontée de manière bien différente dans les écoles de part et d'autre de la frontière explique La Tribune de Genève. Loin d'avoir enterré la hache de guerre, les deux pays n'hésitent pas à instrumentaliser leur histoire explique le quotidien suisse. Les experts soulignent pourtant que les récits officiels biaisés enseignés dans les salles de classes de New Dehli à Karachi nuisent aux perspectives de paix, la jeune génération faisant preuve de plus en plus d'animosité face à ses voisins.

"Les chapitres sur Gandhi sont un exemple frappant de l'écart entre deux visions de l'histoire, exlique dans les colonnes du journal un professeur à l'universté d'islamabad. Au Pakistan, sa contribution à la lutte pour l'indépendance est à peine évoquée, alors qu'en Inde il est salué comme une armée à lui tout seul. "

70 ans d'indépendance..et les femmes dans tout ça ?

C'est la question que pose The Times of India. Alors que l'on célèbre le jour de l'indépendance, dans quelle mesure nos femmes sont elles libres ? Sont elles rééllements indépendantes au sens littéral du terme : autonome, confiante . ? Et bien non répond la journaliste du quotidien de Bombay qui cite une étudiante : "quand je marche dans la rue la nuit je fais toujours attention, je fais sembant d'être au téléphone avec mon père quand je croise un groupe de garçons et je m'habille en fonction des transports que je prends. "

Ca fait des années que nous sommes libérées des règles britanniques en Inde souligne la journaliste mais les femmes ne profitent toujours pas de cette liberté.

Comme en écho à ces propos, cette vague d'indignation en Inde après l'agression d'une jeune femme de 29 ans rapportée par plusieurs médias dont le quotidien britannique The Independent. Deux hommes ont tenté de la kidnapper alors qu'elle rentrait chez elle en voiture à Chandigarh dans le nord du pays. " La jeune fille n’aurait pas dû se trouver dehors si tard " a régit un élu politique local. Une déclaration sexiste qui a entrainé une vague de protestations sur les réseaux sociaux avec le hashtag #AintNoCinderella (« Je ne suis pas Cendrillon »). De nombreuses femmes ont posté des photos d’elles, dehors, après minuit. La violence sexuelle est un gros problème en Inde rappelle le quotidien. On compte au moins 40 000 viols chaque année mais beaucoup ne sont pas rapportés.

Et si en ce jour de l'Indépendance nous laissions nos différences de côté, propose la journaliste de The Times of India citant les propos de Nelson Mandela " La liberté ne peut être complète sans que les femmes aient été émancipées de toutes les formes d’oppression dont elles sont victimes. »

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