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Explosion meurtrière à Manchester : les « unes » de la presse britannique

Massacre à Manchester

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La Grande-Bretagne a de nouveau été frappée par un attentat, le plus meurtrier depuis douze ans, qui a fait 22 morts et près de 50 blessés à l'issue d'un concert pop lundi soir à Manchester.

Explosion meurtrière à Manchester : les « unes » de la presse britannique
Explosion meurtrière à Manchester : les « unes » de la presse britannique Crédits : Radio France

.Les journaux britanniques de ce matin font tous leurs manchettes sur l'attentat d'hier soir dans l'Arena de Manchester... Des manchettes plutôt dans le genre sobre et factuel pour la presse dite de qualité : le Times, le Guardian, ou le Financial Times ; manchettes plus émotionnelles pour la presse populaire : "Le massacre des innocents" titre ainsi le Daily Mail, en référence à l'âge moyen du public adolescent qui se trouvait au concert d'Ariana Grande... "Terreur au concert des ados" renchérit sur le même ton le Sun qui relève aussi la noria de messages ayant inondé les réseaux sociaux: messages de soutien ou de condoléances émanant de personnalités politiques, du show business ou de la chanson... mais aussi des centaines de messages d'anonymes, habitants de Manchester offrant l'hospitalité aux blessés du drame. Mais le Sun est également allé collecter (toujours sur les réseaux sociaux) et se fait ainsi l'écho des messages applaudissant l'attentat, messages émanant d'individus proches des djihadistes de l'Etat Islamique.

Tous les médias britanniques en revanche diffusent des témoignages de personnes qui se trouvaient dans la foule à Manchester : adolescents ou jeunes adultes, parents qui venaient chercher leurs enfants à la sortie du concert. L'explosion s'est en effet produite juste à la fin du show d'Ariana Grande... Et tous de raconter l'horreur et la panique qui a saisi les milliers de personnes se trouvant encore dans l'Arena...

Pour ce qui est des faits eux mêmes, "Les causes de l'explosion ne sont pas encore établies mais, explique le site en ligne de la BBC la Première ministre Theresa May a indiqué que la police "traitait l'affaire comme une effroyable attaque terroriste"... En fait, s'il n'y a pas de confirmation officielle pour le moment, la chaîne américaine NBC, citant des officiers de police américains briefés par leurs collègues britanniques, rapporte que "des éléments matériels sur place - notamment un corps retrouvé à l'endroit de l'explosion - font penser à une attaque suicide. Les enquêteurs britanniques pensent avoir même identifié le poseur de bombe", précise le site en ligne de la chaîne américaine.

Les faits devraient être établis dans la journée supputent les médias londoniens, la Première Ministre a suspendu sa campagne électorale, rapporte la BBC elle a déclaré travailler à l'établissement détaillés des faits et elle présidera ce mardi une réunion du comité COBRA - la cellule de crise du gouvernement britannique - en réponse à l'attaque d'hier, précise encore la chaîne publique.

Ailleurs dans le monde les journaux reviennent sur ce qui semble tourner à la crise diplomatique entre les Etats-Unis et la Turquie. Les deux pays "étaient déjà sur le chemin d'une collision annoncée" écrivait la semaine dernière Colin Kahl dans une longue tribune publiée dans Foreign Policy, particulièrement concernant leur rôle respectif en Syrie. Washington en effet appuie et a décidé d'armer les Kurdes de l'YPG pour reprendre Raqqa la capitale de l'Etat Islamique en Syrie, tandis que les Turcs qui considèrent l'YPG comme une émanation du PKK ne veulent pas en entendre parler et redoutent que l'armement américain fourni aux Kurdes se retrouve un jour ou l'autre en Turquie... La visite du président Turc Recep Tayyip Erdogan en fin de semaine dernière n'a visiblement rien fait pour calmer les esprits... Pire en fait : une échauffourée devant la résidence de l'ambassadeur turc à Washington est aujourd'hui en train d'évoluer en une petite crise diplomatique.

Au départ il y a - comme c'est souvent le cas dans la capitale américaine - une petite manifestation : moins d'une quinzaine de personnes si l'on en croit les images diffusées par la chaîne Voice Of America . Des militants anti-Erdogan qui protestent contre lui criant quelque slogan et brandissant pour l'un d'entre eux un drapeau aux couleurs kurdes. Dans la minute qui suit une noria d'hommes en costumes , manifestement des membres de la délégation ou des personnels de sécurité turcs, se jette sur les manifestants, débordant le cordon policier américain. Neuf personnes seront hospitalisées , rapporte le Wall Street Journal, et deux personnes interpellées, apparemment des membres de la suite présidentielle turque.

L'incident était jugé suffisamment grave (les vidéos de l'échauffourée ont largement circulé sur les réseaux sociaux) pour que le Département d'Etat américain convoque l'ambassadeur turc, et lui signifier que de telles violences n'ont pas droit de cité aux Etats Unis ou la liberté d'expression comme celle de manifester sont garanties. rapporte le Washington Post. Sur la chaîne MSNBC, le sénateur républicain John Mac Cain demandait même que l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis soit tout simplement expulsé...

Du côté turc, bien sûr le son de cloche est tout différent, l'Agence Anatolie, expliquant que les manifestants étaient des proches des "terroristes du PKK" et qu'ils ont fait preuve "d’agressivité envers des citoyens turco américains venus soutenir le président Erdogan, lesquels citoyens ont agi en état de légitime défense". Hier lundi, rapporte le quotidien Sabah, _proche du pouvoir, c'est l'ambassadeur américain en Turquie qui était à son tour convoqué au ministère turc des affaires étrangères. Une protestation verbale lui a été transmise suite _"aux actions agressives et non-professionnelles des policiers américains à l'encontre de l'équipe de protection du ministre des affaires étrangères turc, en violation des règles et des pratiques diplomatiques", indique le quotidien...

En fait , explique pour sa part Hürriyet cette protestation "est une réponse au fait que les deux personnes interpellées durant l'incident de Washington ne sont ni plus ni moins que des gardes de sécurité du ministre des affaires étrangères turc et qu'à ce titre ils bénéficiaient d'une immunité diplomatique"... Même quand ils se comportent en voyous.

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