LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le président américain Donald Trump

On nous cache tout, on nous dit rien

5 min
À retrouver dans l'émission

Trump objet d'une enquête pour entrave à la justice ; un scandale de délaissement social dans la catastrophe de l'incendie à Londres ; quand la Russie cherche à réécrire l'histoire de la destruction d'Alep-Est ; des millions dépensés en Australie pour échapper à un procès catastrophique.

Le président américain Donald Trump
Le président américain Donald Trump Crédits : THOMAS COEX - AFP

Si ces derniers jours ont pu vous paraître, parfois, surréalistes, tenez-vous prêts, car les prochains promettent d'être plus fous encore, prévient ce matin THE CHICAGO TRIBUNE. Et pour cause, selon THE WASHINGTON POST, citant des responsables anonymes, Donald Trump ferait actuellement l'objet d'une enquête pour entrave à la justice. Le titre est à la Une, ce matin, de très nombreux médias, à commencer par le journal le plus lu aux Etats-Unis USA TODAY. L'enquête aurait été ouverte déjà le mois dernier, soit quelques jours seulement après le renvoi de l'ancien directeur du FBI, James Comey. Aussitôt l'information publiée, les équipes juridiques du président ont, évidemment, dénoncé cet article. « La fuite ayant trait au président est scandaleuse, inexcusable et illégale », a notamment déclaré l'un de ses conseillers juridiques. De son côté, THE WASHINGTON POST souligne que le fait d'élargir ainsi le champ de l'enquête représente bien un tournant majeur. Car même si les accusations pesant sur Donald Trump ont, en réalité, peu de chances de déboucher sur des poursuites (étant donné l'immunité relative dont bénéficie le président américain), en revanche, elles pourraient servir de motif à un processus de destitution.

Sans compter qu'un nouveau rapport vient accabler, un peu plus encore, l'entourage du président américain. On y apprend que l'ampleur de l'ingérence russe dans l'élection américaine serait beaucoup plus importante que ce que l'on imaginait. Les détails de ces attaques, qui se sont déroulées en automne dernier, ont été obtenus par l'agence BLOOMBERG, grâce à trois sources proches de l'enquête, menée par les services de renseignement. Au total, pas moins de 39 États auraient subi des attaques. Dans l'Illinois, notamment, les pirates russes auraient essayé d'effacer ou de modifier le fichier électoral, en accédant directement au logiciel conçu pour être utilisé par les assesseurs, dans les bureaux de vote, le jour du scrutin. Pour l'instant, aucun des rapports d'enquête consultés ne tire de conclusion hâtive quant à l'impact que ces attaques auraient eu sur le résultat final du scrutin, précise pour sa part le magazine SLATE. En revanche, le renseignement américain craint de nouvelles ingérences russes dans les processus électoraux à venir. Toujours selon BLOOMBERG, la cyberattaque de l'an dernier constituerait un test. De sorte que Moscou, fort de ses connaissances sur le processus électoral américain, pourrait récidiver, dès l'an prochain, lors des élections législatives.

Le grand incendie de Londres

Outre-manche, cette fois-ci, les images de la Tour infernale de Londres sont encore à la Une de très nombreux medias

Et au-delà du bilan toujours provisoire (12 morts), outre les photos et autres vidéos toutes plus spectaculaires les unes que les autres, sans oublier les témoignages plus effrayants encore, après le choc initial c'est surtout la colère qui transparaît, ce matin, dans les colonnes de la presse britannique. Quand THE INDEPENDENT s'interroge : Comment une catastrophe pareille a-t-elle pu se produire ?, son confrère THE TIMES s'étonne de ce qu'il aura suffi de 15 minutes, seulement, aux flammes pour parcourir les 24 étages de la tour HLM, de ce quartier de l'Ouest de la capitale. La vitesse à laquelle le feu s'est propagé, hier, interpelle. Et c'est ainsi que nombreux sont ceux ce matin, dont THE SUN, à pointer du doigt le nouveau revêtement qui avait été installé l’an dernier. Fait dans une sorte de plastique, donnant un aspect métallique, il semble avoir pris feu extrêmement facilement. Ajouté à cela que l'immeuble est aujourd'hui la propriété de la Municipalité Royal de Kensington et Chelsea, l’un des quartiers les plus riches au monde, il n'en fallait pas davantage pour que certains accusent, déjà, la mairie d’avoir délaissé son parc de logements sociaux. Ou quand à la tragédie pourrait désormais s’ajouter un scandale de délaissement social.

Moscou et la chute d'Alep

De la difficulté, toujours et encore ce matin, d'établir la vérité s'agissant, cette fois-ci, de la responsabilité de Moscou dans la chute d'Alep

En décembre dernier, le siège et la quasi-destruction d’Alep-Est par l’armée syrienne, les forces russes et les milices pro-iraniennes avaient été qualifiés par le chef de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon, de « synonymes d’enfer ». Six mois plus tard, note LE TEMPS, la Russie a vu grand hier au Palais des Nations, pour dépeindre une version exactement contraire. Les diplomates et officiers de haut rang de l’armée russe se sont tous employés à décrire la bataille d’Alep et ses suites comme un « succès exemplaire ». L’ambassadeur de Russie à Genève, lui-même, en est venu à affirmer qu'Alep-Est, « a été presque entièrement détruite par les terroristes. Ce sont eux qui ont détruit les immeubles, les hôpitaux et les écoles ». Toujours selon le diplomate, les Russes se tenaient dans la partie de la ville aux mains du régime. Et c’est là que les forces russes, elles aussi, étaient bombardées « par les terroristes ». Et pourtant, précise l'article, si des quartiers entiers de la ville ont été, en effet, rasés sous les bombes, les rebelles syriens (terroristes ou non), eux, n’avaient pas d’aviation.

62 millions d'euros pour des réfugiés

Enfin direction l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où près de 2000 réfugiés et demandeurs d’asiles, retenus dans des conditions dangereuses et dégradantes, devraient se voir attribuer un chèque de 62 millions d'euros.

Une bonne nouvelle, a priori, annoncée hier. L'accord a été conclu entre, d'un côté, les avocats des réfugiés et, de l'autre, les autorités australiennes, qui préfèrent envoyer loin (très loin) de chez eux les migrants qui viennent frapper à leurs portes. Sauf qu'en réalité cette annonce est intervenue quelques heures, seulement, avant que la cour de Victoria à Melbourne ne démarre un procès gênant, durant lequel les exactions commises sur l'île (en particulier les conditions de vie catastrophiques dans le centre de rétention) auraient été exposées. Ou dit autrement, selon THE SYDNEY MORNING HERALD, ces 62 millions sont, d'abord et surtout, une manière pour le gouvernement d’éviter un procès potentiellement catastrophique. Le ministre de l’Immigration s’est d’ailleurs aussitôt empressé de préciser que cet accord ne « valait pas reconnaissance de responsabilité » dans ce dossier.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......