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Manifestant réclamant la démission du président vénézuélien Nicolas Maduro

Offensive insurrectionnelle au Venezuela

5 min
À retrouver dans l'émission

Un hélicoptère de la police a ouvert le feu, hier, contre le siège de la Cour suprême et le ministère de l'Intérieur à Caracas. Le président Nicolas Maduro dénonce une « attaque terroriste ».

Manifestant réclamant la démission du président vénézuélien Nicolas Maduro
Manifestant réclamant la démission du président vénézuélien Nicolas Maduro Crédits : CARLOS BECERRA / ANADOLU AGENCY

Si notre pays plonge dans le chaos, ce sera la guerre. Après 90 jours de manifestations et presque autant de morts, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, cible de tous les mécontentements, a tenu à rappeler, hier, à tous ceux qui pouvaient encore en douter, qu'il n'abandonnerait jamais, quitte à prendre les armes si son gouvernement venait à être renversé. Quelques heures plus tard, signe que cet avertissement était surtout celui d'un homme acculé, une attaque à la grenade était menée depuis un hélicoptère, contre le siège du Tribunal suprême de justice. Une attaque aussitôt qualifiée par le chef de l'Etat de « terroriste » et destinée, selon lui, à « provoquer un putsch ». Ce matin, à la Une de toute la presse vénézuélienne, des photos montrent l'appareil, survolant la capitale et affichant une banderole sur laquelle est écrit « 350 Libertad », en référence à l'article de la constitution autorisant la déchéance du gouvernement. Sur les images, on distingue deux pilotes, dont l'un à visage découvert. Selon Nicolas Maduro lui-même, il s'agirait là du pilote de son ex-ministre de l'Intérieur et de la Justice, un général à la retraite qu'il accuse de fomenter un coup d'État à son encontre. Enfin, précise EL NACIONAL, le président qui soupçonne par ailleurs les dirigeants de l'opposition de s'être alliés avec Washington pour le renverser s'est directement adressé, hier, au président Donald Trump, pour lui demander d' « arrêter cette folie ».

Des menaces qui ne semblent guère émouvoir la presse américaine qui, à l'instar du NEW YORK TIMES, pointe essentiellement le renoncement hier de la majorité républicaine du Sénat à voter, cette semaine, la réforme du système de santé. Et ce en raison de fortes divisions internes. Un nouveau revers dans la saga de l'abrogation d' « Obamacare ». Mais aussi un échec cuisant qui vient balayer, en seulement 24 heures, la demi victoire que la Cour Suprême avait offert, la veille, à la Maison Blanche en remettant partiellement en vigueur son décret anti-immigration pourtant très controversé.

Enfin preuve, là aussi, des difficultés de la présidence Trump, cette enquête d'un think tank américain, PEW RESAERCH CENTER, largement relayée par la presse. Mené entre le mois de février et le 8 mai dernier, ce sondage réalisé auprès de 40 000 personnes dans 37 pays livre un constat sans appel : 74% des personnes interrogées déclarent ne pas faire confiance à Donald Trump, contre 23% sous Barack Obama. Jamais un président américain n'avait été aussi impopulaire. Les raisons de ce désaveu, note THE GUARDIAN, sont à rechercher à la fois dans la personnalité de Trump mais aussi dans sa politique étrangère. Les seuls pays où le locataire de la Maison-Blanche reste populaire sont naturellement la Russie et Israël, où il recueille respectivement 53 et 56% d'avis favorable.

Autre sujet à la Une de la presse, ce matin : Une vaste cyberattaque mondiale

Une vague massive de cyberattaques s'est répandu, hier, à plusieurs multinationales européennes et américaines. Mais ce sont surtout l'Ukraine et la Russie qui ont été les plus touchés. En particulier, précise ce matin LE TEMPS, le site du gouvernement ukrainien a été bloqué, tout comme celui de la centrale de Tchernobyl. A Kiev, les usagers du métro se sont retrouvés dans l'incapacité d'acheter de tickets par carte bancaire, tandis qu’à l’aéroport international la plupart des panneaux d’affichage se sont subitement éteints. Les autorités ukrainiennes ont aussitôt soupçonnées la Russie. Sauf que son voisin a, lui aussi, été directement frappé. La banque centrale russe, notamment, a fait état d’établissements financiers infectés, de même que Rosneft, l’un des plus gros producteurs de pétrole au monde, qui a indiqué qu’un serveur de secours avait dû être mobilisé pour ne pas interrompre la production.

Le sauvetage, dimanche, en Italie de deux banques publiques en faillite continue d'alimenter les commentaires dans la presse

Le gouvernement italien a débloqué 17 milliards d'euros de fonds publics. La Commission européenne a donné son feu vert, faisant valoir que les créanciers participeront aux coûts. Mais pour nombre d'éditorialistes, le fait que ce soient toujours les contribuables qui sauvent les banques en difficulté prouve que l'Union bancaire ne fonctionne pas. Ces aides ont un goût amer, peste notamment DER STANDARD, car l'UE avait fait croire aux citoyens que les établissements financiers en difficulté ne seraient plus renfloués par le biais de fonds publics. Le filet de secours tissé à cet effet semblait être prêt : il incombait d'abord aux actionnaires et aux créanciers de mettre la main à la poche. En d'autres termes, poursuit EL PAIS, ce n’était plus aux contribuables de sauver les banques en Europe. Seulement voilà, les différents Etats, la Commission européenne et le mécanisme de surveillance unique ne cessent, en réalité, de trouver des arguments afin de justifier pourquoi, dans chaque nouveau cas, le nouveau règlement ne saurait s'appliquer. Sans compter, relève à nouveau EL PAIS, que les toutes nouvelles règles européennes font ici eau de toutes parts dans le pays même de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne.

Enfin la Commission Européenne a infligé, hier, une amende historique de 2,42 milliards d’euros à Google

Selon la commissaire chargée de la Concurrence, Google aurait abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne, afin de favoriser son comparateur de prix. Et bien évidemment, une telle décision défavorable à une entreprise américaine pourrait encore accentuer les tensions entre Bruxelles et Washington. Il y a presque un an, rappelle THE WASHINGTON POST, la Commission avait déjà estimé qu’Apple avait bénéficié, en Irlande, d’aides d’État illégales. Quoi qu'il en soit, Google a maintenant 90 jours pour rectifier le tir, sans quoi il sera soumis à des astreintes pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires moyen réalisé quotidiennement au niveau mondial.

Par Thomas CLUZEL

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