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A partir d'aujourd'hui, les Terriens que nous sommes vivent à crédit

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Ce mercredi marque en effet le jour du dépassement. Et la presse internationale ne manque pas d'en parler, même si le sujet n'est pas toujours une priorité.

Crédits : Visactu

La Repubblica reprend dans ses colonnes une partie des résultats de l'étude de l'ONG Global Footprint Network. "Le 3 août, demain, sera apparemment un jour comme tous les autres, écrit Antonio Cianciullo, mais seulement parce qu'il existe une Banque mondiale et non pas une Banque écologique". Il y a 20 ans, en 1997, ce moment de bascule intervenait le 8 octobre. Le 10 novembre, il y a 40 ans.

Dans les années 60, le point d'équilibre était encore d'actualité entre notre consommation et les ressources renouvelables de la planète.

60% de l'empreinte écologique mondiale provient des émissions de gaz à effet de serre. En précisant que pour la 3e année consécutive, les émissions de CO2 se sont stabilisées.

Des données planétaires que l'on retrouve sur le site d'Indian Today, l'hebdomadaire indien le plus lu dans le monde. Mais on serait bien en peine d'y trouver une déclinaison nationale de ce constat alarmant, alors que le pays est par exemple confronté, nous en parlions il y a quelques jours de cela, à un grave problème de stress hydrique chronique qui se traduit par une pénurie hydraulique.

Pour mémoire, l’Inde possède environ 4% des ressources mondiales en eau potable, ce qui la place parmi les dix pays les plus riches en eau.

Ailleurs dans le monde, ce n'est pas forcément aujourd'hui que l'on déniche des titres à la une liés à cet "Overshoot day", ce jour du dépassement.

En revanche, les articles qui témoignent du dérèglement climatique sont légion. Autant de symptomes d'un mal global.

En Australie, par exemple, le Sydney Morning Herald revient longuement sur les records de chaleur enregistrés le mois dernier. La température moyenne de juillet a été supérieure de 2 degrés 62 par rapport à la norme sur le long terme et de 0 degré 66 par rapport au précédent record de 1975.

C'est surtout dans le centre et le nord du sous-continent que le phénomène se fait sentir. Sans entrer dans le détail, le système dominant de haute pression empêche la pénétration des fronts froids porteurs de pluie qui viennent habituellement du sud de l'Australie. Et ce scénario a peu de chance d'évoluer dans les mois qui viennent. A la chaleur, il convient d'ajouter les risques de sécheresse : l'état méridional de Victoria, dont la capitale est Melbourne, a connu les mois de juin et juillet les plus secs depuis un siècle, si l'on excepte l'année 1982.

Parmi les combats à mener pour empêcher l'Homme de dévorer son petit capital biologique figure la lutte contre le gaspillage alimentaire. Chaque année, 1 milliard 300 000 tonnes de nourriture est perdu, c'est-à-dire un tiers des aliments produits. Si l 'on diminuait cette déperdition de 50%, précise la Repubblica, le jour du dépassement pourrait être repoussé de 11 jours...

Autre préconisation, réduire la consommation de viande dans le monde. L'élevage du boeuf, par exemple, est la 1ère cause de déforestation dans le monde, en particulier au Brésil. Ce qui m'amène à évoquer un article du quotidien suisse Le Temps, intitulé de façon assez sibylline : "Migros se distancie d'une végane anti-cloche"...

Migros, 1er distributeur alimentaire de Suisse, vient de retirer de sa dernière campagne promotionnelle les photos de Nancy Holten, mannequin et militante de la cause animale.

Figurez vous qu'elle mène un combat sans relâche, raconte Le Temps, contre les cloches de vache, convaincue que leur tintement nuit au bien-être des bovidés. Ce qui fait grimper au rideau le groupe de citoyens baptisé "les cloches de vache, notre tradition", qui s'est fendu d'un post sur Facebook où l'on peut lire " Chère Migros, pourquoi soutenez vous une personne qui veut se débarrasser de nos traditions ?"

Cela a suffi visiblement pour que le groupe annonce le retrait des photos de la modèle végane. il semblerait que cette affaire de cloche ait résonné dans toute la Confédération puisque plusieurs centaines de nouveaux membres répondent à son appel chaque jour.

La Chine vient d'installer sa 1ère base logistique militaire hors de son territoire...

Information relayée par le site du China Daily. La cérémonie officielle d'installation a eu lieu hier à Djibouti. Cette base située près de l'entrée sud de la mer Rouge et du golfe d'Aden est établie en soutien aux missions de maintien de la paix en Afrique et sur la façade occidentale du continent asiatique. Cette base peut accueillir jusqu'à 10 000 personnes.

L'inauguration de cette 1ère base chinoise hors de son territoire. Quand les Etats-Unis comptent plus de 600 bases à l'étranger et la France une dizaine, selon la chercheuse Juliette Genevaz
L'inauguration de cette 1ère base chinoise hors de son territoire. Quand les Etats-Unis comptent plus de 600 bases à l'étranger et la France une dizaine, selon la chercheuse Juliette Genevaz Crédits : STR - AFP

La Chine n'est pas la seule, loin de là, à placer ses pions dans cette partie de la corne de l'Afrique, face à l'un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde. C'est déjà le cas des États-Unis, de la France, du Japon et bientôt de l'Arabie saoudite. Selon un spécialiste du continent africain cité par China Daily, "Djibouti est idéalement située à la fonction de l'Asie et de l'Afrique, en un sens, c'est le carrefour du monde".

Cette base militaire chinoise a le don d'inquiéter le gouvernement de New Delhi, ajoute le site en ligne de la RTBF. L'Inde, qui redoute les incursions de l'autre géant asiatique dans l'océan Indien, au moment où les deux pays sont à couteaux tirés en raison d'un différend frontalier dans l'Himalaya.

Crédits : Laurence SAUBADU, Vincent LEFAI, Sabrina BLANCHARD - AFP

China Daily rappelle que la Chine a par ailleurs financé et construit la ligne de chemin de fer de 750 kilomètres de long qui relie Djibouti à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

L'investissement de la Chine en Afrique de l'ouest ne date pas d'hier. En témoigne cette autre information donnée par le quotidien de Pékin. Des squelettes chinois viennent d'être découverts par des archéologues sur la côte kényane. Ils pourraient correspondre à l'un des voyages africains de l'amiral Zhan He au 15ème siècle, durant la dynastie Ming. Ce marin et explorateur est considéré comme le Christophe Colomb chinois. Il ouvrait alors de nouvelles voies commerciales entre la Chine et l'est africain.

Hier, un peu plus de 600 ans après, l'un de ses successeurs, le vice-amiral Tian Zhong, a inauguré la nouvelle base militaire chinoise à Djibouti.

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