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Le président français Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump

Petit manuel de communication politique

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A l’occasion de la 72ème Assemblée générale de l’ONU, les projecteurs seront braqués mardi sur Donald Trump, dont c'est la première apparition à la tribune des Nations-Unies ainsi que le président français, Emmanuel Macron, lequel fait aussi ses débuts onusiens.

Le président français Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump
Le président français Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Hier, alors que s'ouvrait la 72ème assemblée générale de l'ONU, tous les projecteurs étaient braqués sur un homme et un seul, Donald Trump, lequel faisait ses premiers pas au sein de la prestigieuse enceinte new-yorkaise. Et c’est peu de dire que parmi les diplomates présents, nombreux sont ceux qui appréhendaient cette première journée de visite, tant le nouveau locataire de la Maison-Blanche est connu pour avoir la dent dure contre l’institution. Sauf qu'au lieu d’un tigre c’est davantage un chat tigré qui s’est présenté devant eux, écrit THE NEW YORK TIMES. Laissant de côté sa traditionnelle rhétorique anti-onusienne, le président américain a offert une prestation plutôt timide, certains diront amicale, allant même jusqu’à reconnaître à l’ONU un rôle important. Mais ne vous y trompez pas, prévient aussitôt le quotidien new-yorkais ce matin, si Trump s'est employé à passer de la pommade, hier, c'est parce qu'il ne s'agissait là que du premier jour de cette grand'messe diplomatique. Et dès aujourd'hui, le ton devrait changer. En particulier, lorsque le président prendra la parole à la tribune avec la ferme intention de mettre au défi les représentants du monde entier de faire plus pour contrer les menaces à la fois de l'Iran et de la Corée du Nord.

Pour lui, aussi, ce sera son baptême du feu devant l'Assemblée générale des Nations-Unies. Lui, c'est Emmanuel Macron

Emmanuel Macron qui, selon le site d'information BLOOMBERG, cherchera certainement, cet après-midi, à redonner à la France sa position traditionnelle d’après-guerre, en tant qu’acteur important. Il faut dire que le comportement erratique, justement, de Donald Trump, mais aussi le Brexit, ont créé un vide, là où la planète avait pris pour habitude de voir une puissance occidentale prendre les rênes en matière de sécurité. Or l'omniprésence de la France, en particulier, sur le dossier nord-coréen illustre combien Emmanuel Macron entend, aujourd'hui, jouer des coudes sur tous les dossiers. La Corée du Nord a beau se trouver à 8 000 kilomètres du territoire français le plus proche, note BLOOMBERG, le président français a déjà fait pression sur la Chine pour renforcer les sanctions contre Pyongyang et dans le même temps assuré son soutien au président sud-coréen. Reste, conclue l'article, que de potentiels pièges existent pour un ancien banquier d’affaires et ministre de l’Économie avec aussi peu d’expérience qui souhaite se jeter, ainsi, dans le grand jeu d’échecs diplomatique.

Quand la Corée du Nord sert les intérêts politiques nationaux

Il est un autre homme à qui la crise nord-coréenne pourrait, également, profiter, un homme qui (lui aussi) était encore cet été en chute dans les sondages, cet homme c'est : Shinzo Abe. Pour éviter les critiques sur les scandales qui l'ont mis à mal et alors que son pays a déjà vu par deux fois ces dernières semaines un missile nord-coréen traverser le ciel, le Premier ministre japonais envisage de dissoudre la chambre basse du Parlement à la prochaine session parlementaire. De sorte que les prochaines élections pourraient avoir lieu dès le 22 octobre prochain, titre l’ASAHI SHIMBUN, repéré par le Courrier International. Le journal qui, à l'instar de nombre de ses confrères, condamne la tactique du Premier Ministre. L’annonce a, en effet, surpris l’opposition, pour qui le timing est particulièrement défavorable. Le Parti démocrate progressiste vient à peine d’élire son président. Quant à l'autre concurrent du parti au pouvoir, il est toujours en cours de formation. Or, le vide politique en période de risque n’est pas du tout souhaitable, note le quotidien, avant d'en conclure que cette dissolution relève de l’abus et de l’irresponsabilité.

Enfin s'agissant toujours de la Corée du Nord, la solution à la crise pourrait, peut-être, venir d'un acteur, inattendu : l'Allemagne. C'est en tous les cas le vœu exprimé par plusieurs quotidiens outre-Rhin. La TAZ, notamment, rappelle que l'Allemagne est un des rares pays occidentaux à avoir une ambassade en Corée du Nord. Une relique du temps de la RDA. Dès-lors, pourquoi notre pays ne pourrait-il pas être le point de départ d'une solution diplomatique ?, se demande le journal. Quoi qu'il en soit et aussi longtemps qu'il y aura des discussions, l'option militaire restera éloignée, insiste de son côté la FRANKFÜRTER ALLGEMEINE ZEITUNG. Un optimisme, toutefois, déjà mis à mal par de nombreux autres journaux qui relatent, eux, les manœuvres militaires des Etats Unis, de la Chine et de la Russie vers la frontière nord-coréenne.

On reste en Allemagne avec, cette fois-ci, la dernière ligne droite vers les élections législatives

Si plus personne ne doute, désormais, de la victoire de la chancelière, de nombreux commentateurs spéculent, à présent, sur les conséquences qu’aurait sur les autres partis la victoire prévisible d'Angela Merkel. Au cas où les populistes et les démagogues de l’AfD entreraient en force au Bundestag, ils pourraient former une véritable opposition, s'inquiète notamment le quotidien madrilène ABC. De son côté, le journal danois JYLLANDS POSTEN juge que les résultats du scrutin, le weekend prochain, détermineront dans une très large mesure le calendrier de la politique européenne. Et de s'interroger : Pourquoi, en Europe, la social-démocratie ne remporte-t-elle plus aucune élection ? Quelle stratégie doit-elle adopter pour regagner, enfin, la confiance des électeurs ? Faut-il que les sociaux-démocrates aillent chercher ceux qui, aujourd'hui, se détournent des partis et combinent grogne sociale, sentiments anti-immigration et anti-européen ? Ou bien vaut-il mieux se démarquer clairement de cette mouvance et prendre une direction tout autre, par exemple, en se déportant vers la gauche, au risque de passer pour économiquement irresponsable ? En attendant, tant que les conservateurs sont garants de la préservation de l’Etat social, les sociaux-démocrates auront une marge d’action extrêmement limitée.

Enfin direction l'Italie, où les prochaines législatives devraient avoir lieu au plus tard en mars 2018

Et à en croire LA STAMPA, la fabrique de leaders politiques est visiblement en panne. A tout le moins, n'en produit-elle plus d'une carrure susceptible d'évincer un personnage aussi encombrant que Berlusconi. Car, tenez-vous bien, l'ex-Premier ministre est de retour ! A 81 ans, il a annoncé qu'il comptait représenter son parti, Forza Italia, aux prochaines élections. De quoi laisser pantois les commentateurs de la péninsule, qui à l'instar du HUFFINGTON POST ITALIA, ne peuvent que constater qu'en dépit de toutes les condamnations et de toutes les critiques, le leader du centre-droit, sans héritier et sans successeur, mise désormais sur son grand âge pour se distinguer de ses jeunes concurrents. Dans une campagne dominée par des quadragénaires, Berlusconi, en grande forme et plus mince que jamais, continue à faire de son corps un véritable instrument politique en essayant, cette fois-ci, de capitaliser sur ses rides.

Par Thomas CLUZEL

Chroniques

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Journal de 7h30

Journal de 7h30 : Mardi 19 septembre 2017
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