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Donald Trump (g) et Hillary Clinton (d)

Pile ou face

4 min

Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : les sondages sont serrés avant la grande journée électorale de mardi. Même s'ils donnent l'avantage à la candidate démocrate, une victoire du républicain populiste ne peut pas être complètement exclue.

Donald Trump (g) et Hillary Clinton (d)
Donald Trump (g) et Hillary Clinton (d) Crédits : Brendan Smialowski Jay LaPrete - AFP

Il y a quelques semaines, Nate Silver, l'un des experts électoraux américains les plus réputés, expliquait que les chances d'une victoire de Trump étaient équivalentes à celles de perdre à la roulette russe. Force est de constater, ce matin, à quelques heures d'Election Day, qu’il faut rajouter une balle de plus dans le barillet, précise le magasine SLATE, puisque selon cette même source le candidat républicain aurait désormais un peu plus d'une chance sur trois de l'emporter aujourd’hui. Selon la moyenne des derniers sondages établis par REAL CLEAR POLITICS, Hillary Clinton ne compterait plus que 3 points d’avance. En quelques jours à peine, peut-on lire ce matin sur le site de NBC NEWS, cette folle et délirante campagne présidentielle s'est indéniablement resserrée, au point que hier soir encore, précise son confrère du LA TIMES, chacun a fait monter un peu plus encore les enchères pour espérer rentrer le premier dans l'Histoire.

Depuis la décision du FBI, dimanche, de ne pas poursuivre, finalement, Clinton dans l’affaire dite des e-mails, les deux derniers sondages ont fait légèrement rebondir la candidate démocrate. Le premier, effectué pour la chaîne ABC et le WASHINGTON POST, lui accorde quatre points d’avance. Le second, pour BLOOMBERG, lui est un peu moins favorable, évaluant ses chances à 44%, contre 41% pour son adversaire républicain. Clinton peut donc encore compter sur une bonne surprise. Mais de là à dire que la course est forcément promise à la candidate démocrate, il y a un gouffre que le site spécialisé dans l’analyse des sondages FIVE THIRTY EIGHT, notamment, ne semble pas vraiment décidé à franchir.

Pourquoi ? Parce que l'élection ne se joue pas, en réalité, au niveau national, mais État par État : chaque État attribue un certain nombre de grands électeurs au candidat arrivé en tête (de 3 pour les plus petits à 55 pour la Californie) et ce quel que soit son résultat, qu'il ait obtenu une écrasante majorité avec 90% des suffrages exprimés ou une majorité relative de 40%. Et c'est seulement le candidat qui remporte une majorité absolue des grands électeurs qui est élu président. Cela signifie que la moyenne des sondages au niveau national (en l'occurrence légèrement favorable, ce matin, à Clinton) n'a au fond que peu de signification. On se souvient, notamment, qu'en 2000 George W. Bush avait battu Al Gore en recueillant 500.000 voix de moins au niveau national. En revanche, si l'on en croit les prévisions portant, cette fois-ci, sur la carte électorale elle-même, on s'aperçoit que celles-ci sont dans l'ensemble extrêmement incertaines, avec près d'une quinzaine d'États en balance.

D'où cette analyse détaillée réalisée par le magazine SLATE et intitulée : comment Trump peut encore devenir le 45ème président des États-Unis ? Parmi ces 15 États en balance, si Trump veut pouvoir accéder à la Maison Blanche, il doit déjà gagner tous ceux remportés par Mitt Romney en 2012. Et cela semble plutôt bien parti dans deux d'entre eux, puisqu'en Géorgie et dans l'Arizona, Clinton n'y a été donnée en tête par aucun sondage depuis trois semaines. Le cas de l'Utah est un peu plus complexe, puisque là-bas Trump et Clinton sont concurrencés par un candidat indépendant. Mais quand bien même le milliardaire reste très impopulaire chez les Mormons, il part, là aussi, favori. Le dernier cas est un plus compliqué pour Trump : c'est celui de la Caroline du Nord. Les sondages y donnent le candidat républicain légèrement en tête. Là-bas, la mobilisation des électeurs noirs sera donc cruciale.

On trouve ensuite le cas des États dits "toss-up", ce qui dans le jargon de la politique américaine signifie qu'ils sont tellement serrés que pour tenter d'y prédire un résultat on pourrait tout aussi bien jouer à pile ou face. Dans cette catégorie, on retrouve la Floride et l'Ohio. Dans le premier, les sondages donnent une avance réduite à Clinton et une avance un peu plus confortable, en revanche, à Trump dans le second. Enfin deux plus petits États, le Nevada et l'Iowa, y figurent également, avec à chaque fois une avance modeste pour le candidat républicain.

Quoi qu'il en soit, si Trump parvient donc à l'emporter dans ces 8 États, il obtiendra 265 grands électeurs, ce qui signifie qu'il ne lui en manquera plus que cinq pour accéder à la Maison Blanche. Et c'est là que les choses se compliquent pour lui. Depuis plusieurs mois, une théorie veut que Clinton dispose d'un «mur bleu», c'est à dire d'une série d'États où sa base serait tellement solide qu'il serait quasiment impossible pour Trump d'espérer en remporter un seul. Sauf que cette théorie est aujourd'hui contestée. D'abord, parce que le Colorado paraît serré au vu des derniers sondages. Ensuite, parce que Trump a tenté une audacieuse percée dans le Minnesota. Et enfin parce que la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, plus blancs et moins diplômés que la moyenne, semblent plus prometteurs pour les Républicains. Or si Trump arrive devant dans un seul de ces États, il remporte l'élection.

Enfin, deux autres scénarios témoignent de l'incertitude qui entoure, encore ce matin, le résultat final de cette élection. En cas d'égalité ou si aucun candidat n'atteint les 269 grands électeurs (c'est-à-dire dans le cas où un troisième candidat remporterait un ou plusieurs États), alors c'est la Chambre des représentants qui élira le président. Une projection, a priori, favorable aux Républicains. Et puis Trump pourrait également l'emporter grâce au lâchage d'un grand électeur. La moitié des États environ imposent que les grands électeurs votent pour le candidat pour lequel ils se sont engagés, mais l'autre moitié ne prévoit rien. Et bien sûr, si l'on considère que tous ces scénarios peuvent également se cumuler, bien malin sera celui, ce matin, à même de vous donner le nom du futur locataire de la Maison Blanche.

Par Thomas CLUZEL

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