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Le gendre de Donald Trump Jared Kushner (ici avec l'ancien Conseiller à la Sécurité Nationale Michael Flynn) intéresse le FBI dans son enquête sur les liens de l'équipe Trump avec la Russie.

Quand la Russie colle aux basques de Donald Trump

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Pas un jour sans de nouvelles révélations sur les liens - passés ou actuels - de l'équipe Trump avec la Russie.

Le gendre de Donald Trump Jared Kushner (ici avec l'ancien Conseiller à la Sécurité Nationale Michael Flynn) intéresse le FBI dans son enquête sur les liens de l'équipe Trump avec la Russie.
Le gendre de Donald Trump Jared Kushner (ici avec l'ancien Conseiller à la Sécurité Nationale Michael Flynn) intéresse le FBI dans son enquête sur les liens de l'équipe Trump avec la Russie. Crédits : MANDEL NGAN - AFP

Par Eric Biegala

La Russie est à Donald Trump ce que le sparadrap était au capitaine Haddock : on a beau secouer la main dans tous les sens : ça colle irrémédiablement aux doigts. Et quand on croit s'en être débarrassé c'est qu'on ne s'est pas aperçu que l'objet était allé se coller sur une casquette ou sur le revers du veston...

A vrai dire il ne se passe pas une journée sans que la presse américaine ne mentionne une nouveauté concernant quelque collusion d'un membre ou l'autre de l'équipe Trump avec des proches ou des affidés du Kremlin. L'affaire a déjà fait deux victimes : l'ancien général Michael Flynn premier Conseiller à la Sécurité Nationale du cabinet Trump et qui a du démissionner suite à la révélation de ses liens avec l'ambassadeur de Russie. Paul Manafort avait été lui aussi écarté : le directeur de campagne de Donald Trump, avait été par ailleurs rémunéré, et pendant des années, par des proches de Poutine, notamment son protégé ukrainien l'ancien président Viktor Yanoukovitch.

Dernières révélations en date ce jeudi : celles du Washington Post et de NBC qui racontent que l'enquête du FBI sur les possibles immixtions de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016 s’intéresse maintenant de très près à Jared Kushner, nul autre que le conseiller spécial et surtout le gendre de Donald Trump... La chaîne NBC citant des sources comparables à celles du Post présente la chose de la manière suivante : "le FBI croit que (Jared Kushner) possède des informations qui sont importantes pour cette enquête russe, qu'il s'agisse de documents, qu'il s'agisse de réunions auxquelles il a participé... et les enquêteurs veulent savoir ce qu'il sait... ça ne veut pas dire qu'il est lui même l'objet de l'enquête", précise Ken Dilanian, journaliste d'investigation et spécialiste défense et sécurité sur NBC ; "si dans cette enquête, Michael Flynn et Paul Manafort sont bien des sujets d'investigation pour le FBI, Jared Kushner ne l'est pas directement". Il n'empêche : la curiosité des enquêteurs se concentre aujourd'hui sur des personnes actives au sein de l'administration Trump - pas seulement sur des anciens - et, qui plus est, sur des personnes particulièrement proches du président lui-même.

Autre révélation dans la presse américaine de ce matin, celle du Wall Street Journal qui a pu identifier l'un des cadres du parti Républicain ayant reçu la plupart des données volées au printemps dernier dans les serveurs du comité national du parti démocrate. Le hacker anonyme Guccifer 2.0, que les enquêteurs américains considèrent comme lié aux services de renseignement russes, a transmis 2,5 Gigaoctets de données à Aaraon Nevins, un cadre du Parti Républicain de Floride écrit le Wall Street Journal. Et parmi ces données il y avait notamment toutes les analyses des Démocrates quant à l'état de leurs forces dans les Etats de Pennsylvanie, de Virginie, du Texas ou du Kentucky... "une véritable carte d'Etat-Major de l'état des troupes" de nos adversaires résume aujourd'hui Aaron Nevins.

Hier - autres révélations - c'était le New York Times qui faisait état de conversations entre agents russes pendant la campagne, conversations surprises par le contre-espionnage américain et qui discutaient des meilleurs moyens possibles pour se mettre dans la poche des cadres de l'équipe Trump comme Michael Flynn ou Paul Manafort.

Cette avalanche de révélations n'a pas l'air d'inquiéter Donald Trump lui-même. Le président américain a, à plusieurs reprises, écarté la chose d'un revers de main parlant de cette "histoire russe" comme d'une "fake news"... ça c'est pour la galerie, c'est-à-dire pour Twitter. Mais en coulisses, dans les couloirs de la Maison Blanche, on commence sérieusement à s'inquiéter. D'ailleurs le site en ligne Politico raconte que le stratège en chef de l'équipe Trump, Steve Bannon et le directeur de cabinet Reince Priebus sont rentrés d'urgence à Washington, écourtant leur séjour en Europe aux côtés du président, et ce pour mettre en place un appareil défensif musclé. "Les deux hommes ont eu quelques rencontres à haut niveau pour essayer d'obtenir l'aide d'avocats et de juristes extérieurs à la Maison Blanche" explique Politico ; des hommes "susceptibles de gérer cette galère d'enquête russe qui pourrait durer des mois, voire des années".

Cette cellule de crise, constituée de juristes et de communicants sera conduite par Mark Kassowitz, l'avocat historique, "celui qui a défendu Donald Trump avec succès durant les 15 dernières années", rappelle Tina Nguyen dans les colonnes de Vanity Fair... La plupart du temps, raconte-t-elle, Kassowitz a "lancé et gagné des procès en diffamation pour le compte de son client, mais cette fois-ci ce même client est Président et il est sous le feu d'une attention médiatique de tous les instants". Qui plus est, ajoute Tina Nguyen, la propension de Trump lui-même à parler à tort et à travers risque de rendre les choses bien difficiles pour Kassowitz. "On ne peut qu'espérer pour lui, qu'il arrivera à mieux "gérer" le Président que son conseiller Don Mc Gahn, lequel n'avait pu empêcher Donald Trump de donner une interview à NBC dans laquelle le Président admettait avoir viré le directeur du FBI James Comey au moins en partie parce que ce dernier n'avait pas voulu mettre un terme à l'enquête sur les liens de son équipe de campagne avec la Russie". Une jolie gaffe télévisée qui, conclu Tina Nguyen, "a donné là aux Démocrates leur meilleur argument pour plaider l'entrave à la justice" contre Donald Trump, dans une éventuelle procédure en destitution.

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