LE DIRECT

Quand le monde marche sur la tête.

5 min

Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : Quand le monde marche sur la tête.
Direction tout d'abord les îles Vanuatu, où à en croire le quotidien de Londres THE INDEPENDENT, la semaine fût pour le moins agitée. Tout a commencé le week-end dernier, lorsque 14 hommes politiques, dont le vice-président, le président du Parlement et plusieurs députés ont été reconnus coupables de corruption par la justice. Accusés d'avoir voulu renverser le gouvernement, ils risquaient jusqu'à dix ans de prison.

Sauf que le président de l'Île étant lui parti en voyage à l'étranger, c'est le président du Parlement, mis en cause pour corruption, qui assurait l'intérim conformément à la Constitution. C'est donc tout naturellement qu'il a hérité de l'ensemble des pouvoirs présidentiels et décidé, non moins naturellement, de gracier l'ensemble des condamnés, y compris lui-même.

Vanuatu's President Baldwin Lonsdale.
Vanuatu's President Baldwin Lonsdale. Crédits : Issei Kato - Reuters

La crédibilité des Vanuatu a été ternie aux yeux du monde entier, a aussitôt regretté le président revenu précipitamment dans l'archipel. Reste que pour ce qui est des nouveaux graciés, les options, juridiquement parlant, sont encore un peu confuses. Les quatorze hommes politiques devaient connaître leurs peines cette semaine, mais il semble que cela n'arrivera pas car si l'on suit la Constitution au pied de la lettre, il n'y a rien de techniquement illégal dans cette histoire, aussi surprenant que cela puisse paraître.

Tout aussi surprenant, cette affirmation selon laquelle l'aide au développement renforce la pauvreté.
C'est ce qui ressort d'un article publié en 2013 par un certain Angus Deaton, lauréat du prix Nobel d’économie 2015 et que le journal LE TEMPS a ressorti des tiroirs. Comment, dès-lors, justifier cette affirmation qui semble, a priori, totalement contradictoire dans les termes ? Dans l’ensemble du monde en développement, les enfants meurent non pas à cause de maladies rares et incurables, dit-il, mais à cause de maladies infantiles courantes, que nous savons traiter depuis près d’un siècle. Or sans un Etat en mesure d’administrer des soins de santé maternelle et infantile de base, ces enfants continueront à mourir. De même, sans capacité gouvernementale, la réglementation et le respect de la législation ne sont pas appliqués, créant un environnement peu favorable aux entreprises.

British-born economist Angus Deaton of Princeton University speaks in a news conference after winning the 2015 economics Nobel P
British-born economist Angus Deaton of Princeton University speaks in a news conference after winning the 2015 economics Nobel P Crédits : Dominick Reuter - Reuters

En clair, cette absence de capacités étatiques serait donc l’une des principales causes de la pauvreté et des privations dans le monde. Sans des Etats efficaces, la croissance nécessaire à l’éradication de la pauvreté mondiale n’a que peu de chances de voir le jour. Le problème, c'est que les pays riches aggravent eux même, aujourd’hui, cette situation. Et pourquoi ? Parce que si l’aide extérieure, comprenez le transfert d’argent des pays riches aux pays pauvres, a certes de nombreux aspects positifs, en revanche, cette aide sape également le développement des capacités, justement, de l’Etat qui en bénéficie.

Ce constat vaut tout particulièrement pour les pays qui perçoivent directement l’aide extérieure. Car ce faisant, les gouvernements de ces pays n’ont ni besoin de contrat avec leurs citoyens, ni de Parlement, ni de perception des impôts. S’ils doivent rendre des comptes à qui que ce soit, c’est aux donateurs. Sauf que dans la pratique, ce n’est pas le cas. Et c'est ainsi que l’aide extérieure des pays riches entrave le développement de ce dont les pauvres ont le plus besoin, c'est à dire d'un gouvernement efficient. Ou quand l'aide au développement maintient ou pire, renforce la pauvreté.

A présent et dans le contexte des violences de plus en plus nombreuses entre Palestiniens et Israéliens, une scène aussi bête qu'accablante.
Le quotidien britannique THE INDEPENDENT raconte comment un homme, désireux de prendre sa revanche sur la série de meurtres commis contre des juifs a lui-même poignardé un autre juif, avant de se justifier auprès de la police de manière pour le moins maladroite ou déplacée, expliquant qu’il avait cru s’en prendre à un arabe.

Members of Zaka Rescue and Recovery team stand near a shattered window aboard a bus after an attack in Jerusalem.
Members of Zaka Rescue and Recovery team stand near a shattered window aboard a bus after an attack in Jerusalem. Crédits : Ammar Awad - Reuters

L’agresseur s’est d’abord approché d’un premier passant en lui demandant s’il était arabe ou non. D'abord effrayé par la question, son interlocuteur a tout de même fini par répondre non. Il a ensuite fondu sur un autre individu dont le faciès, manifestement, le dérangeait. Il a planté un coup de couteau dans le torse de sa victime qui, heureusement, semble n’avoir été que légèrement blessée.

Enfin on termine avec une histoire plus légère mais non moins absurde.
L'histoire se déroule aux Etats-Unis. Jennifer Connell, une directrice des ressources humaines de 54 ans a poursuivi son neveu de 12 ans, qui a eu le tort de lui sauter dessus pour l'embrasser et par la même occasion de lui casser le poignet, en la faisant tomber. L'article du CONNECTICUT POST, repéré par le site Big Browser rapporte les faits, qui se sont déroulés il y a quatre ans.

Le garçon venait de recevoir son premier vélo pour son anniversaire et était en train de joyeusement faire le tour de sa maison. Quand il a aperçu sa tante, il a laissé tomber sa nouvelle bicyclette pour courir vers elle. « Tout à coup il était en l'air, j'ai dû le rattraper et nous sommes tombés par terre. Je me souviens qu'il criait 'Tante Jen, je t'aime' quand il volait vers moi ».

Tante Jen explique s'être cassée le poignet en tombant, mais ne pas l'avoir dit sur le coup, pour ne pas gâcher l'anniversaire du petit garçon. Sauf que quatre ans plus tard, elle l'a tout de même traîné en justice en lui réclamant la somme de 127 000 dollars pour le préjudice physique et moral subi.

Mais comment justifier le fait de demander une telle somme à un enfant, pire, à son propre neveu, interroge le journal ? En quoi consistent ces fameux préjudices subis ? La plaignante a expliqué habiter à Manhattan, au troisième étage. « C'est très difficile de monter. Et puis récemment, j'étais à une fête et j'ai eu du mal à tenir mon assiette de hors-d’œuvre ». Quoi qu'il en soit et même si toute cette histoire paraît absurde, le procès à tout de même eu lieu en début de semaine. La Tante a finalement été déboutée. Mais après le verdict et face au déluge de mauvaise publicité, les avocats de la plaignante ont précisé qu'elle n'avait jamais voulu réclamer de l'argent directement à son neveu et qu'elle était obligée d'intenter un procès pour que son assurance lui rembourse ses frais médicaux après son horrible blessure. Ce qu'ils avaient omis de préciser jusqu'ici. Et de fait, on n’était pas certain d’avoir tout bien compris.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......