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Raqqa

5 min

En Syrie, la bataille de Rakka est lancée, et la presse internationale s'en fait largement l'écho ce matin.

Pour l'instant, c'est l'encerclement de la ville de Rakka, qui est le premier objectif des forces lancées à l'assaut des positions de l'organisation Etat Islamique... Il y a là 30.000 hommes et femmes engagés au sein des Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Alors THE WALL STREET JOURNAL ce matin, fait un rapide point de situation, en expliquant que quelques heures après le déclenchement des hostilités hier, les FDS avaient déjà réussi à prendre le contrôle de quelques petits villages, dans la périphérie Nord de Rakka. Mais que pour l'instant, elles restent à AU MOINS une quarantaine de kilomètres des faubourgs de la ville...

Cela dit, le principal enjeu de cette bataille, est moins sur le terrain, pour l'instant, que dans les intenses tractations diplomatiques dont elle s'accompagne. Et c'est une nouvelle fois le rôle de la Turquie, dans ce jeu complexe, qui est questionné ce matin, par la presse internationale.

"La bataille de Rakka se fera-t-elle sans les Turcs ?", demande par exemple "L'ORIENT LE JOUR"

"Les participations des armées turque et kurde sont désormais devenues exclusives l'une de l'autre' explique Dlawer Ala'Aldeen, dans le quotidien libanais. Et l'ancien président du Middle East Research Institute, d'essayer de comprendre pourquoi la Turquie semble rester, pour l'instant, en retrait, dans la bataille pour Rakka, alors qu'elle avait clairement expliqué, en amont, que ça ne se ferait pas sans elle : "il est possible, explique Ala'Aldeen, qu'Ankara ait eu, en échange, la garantie d'une nouvelle limitation, voire d'une inversion de l'expansion kurde".

Une hypothèse bien difficile à confirmer, puisque rien n'a filtré de la rencontre, hier, à Ankara, entre le chef d'état-major interarmées américain Joseph DUNFORD et son homologue turc Hulusi AKAR. Ce que croit savoir THE GUARDIAN, en revanche, c'est que les américains... jouent un jeu d'équilibristes : ils tentent de modifier la composition des Forces Démocratiques Syriennes, de changer, explique THE GUARDIAN l'équilibre des forces entre les différentes composantes des FDS, qui intègrent également des Turcomans et certains combattants arabes. "Washington sait en effet, qu'un assaut 'exclusivement kurde' contre Rakka serait à la fois profondément impopulaire à l'intérieur de la ville, et un trop beau cadeau fait aux Kurdes" au détriment des Turcs (leurs alliés au sein de l'OTAN).

ALORS POURQUOI MAINTENANT ?

Pourquoi lancer la bataille de Rakka, si vite, alors que l'Etat Islamique tient encore fermement ses positions à Mossoul, en Irak ? C'est ce que L'ORIENT LE JOUR appelle "le pari risqué" des américains. Car niveau calendrier, évidemment, rien n'est laissé au hasard. THE WALL STREET JOURNAL explique que si l'assaut sur Rakka a été préparé pendant des mois, il n'a finalement été rendu possible, ces derniers jours, que par une livraison d'armes, et de munitions, aux Forces Syriennes Libres, par la coalition internationale, sous commandement américain. Le calendrier politique de l'autre côté de l'Atlantique, n'est peut-être pas pour rien dans cette affaire...

Ce qui nous amène à directement à parler de la vie politique "U.S.". On est à la veille de "l'élection day".

Oui une vie politique, "qui ternit le prestige des Etats-Unis à l'étranger", titre ce matin THE NEW YORK TIMES. Cette "campagne amère" laissera des traces, et dégrade l'image des Etats-Unis aux yeux du monde et aux yeux de son propre peuple. Et "peu importe qui gagne", finalement, demain. Peu importe le résultat de l'élection : car quoi qu'il en soit, rarement le système politique américain aura été soumis aussi largement au mépris et au ridicule... Et les conséquences, partout dans le monde, se font déjà sentir.

La faute à cette campagne électorale, évidemment, marquée par la violence politique, et par ces scandales qui l'ont émaillée tout du long. Tout comme ces incroyables rebondissements médiatico-politico-judiciaires. La presse internationale revient bien sûr largement ce matin sur l'affaire des courriers électroniques d'Hillary Clinton. Affaire qui finalement ne donnera lieu à aucune poursuite du FBI, on l'a appris hier. Ce qui provoque l'énervement, au moins, des journaux américains : "Difficile d'imaginer comment James Comey pourrait avoir plus mal géré ces 9 derniers jours", titre par exemple THE WASHINGTON POST.

"Comey, le patron du FBI, devait savoir le tourbillon politique qu'il provoquerait en remettant le sujet sous le feu de l'actualité, en pleine campagne, surtout après avoir une première fois classé l'affaire, en juillet", s'étrangle le journal. Et même s'il retourne une nouvelle fois la situation, il y a de quoi rendre bien des démocrates livides.

ET PUISQU'ON PARLE DE NUMERIQUE...

Il faut lire cette immersion dans les derniers jours de la campagne de Trump, qui doute visiblement, beaucoup. Une immersion signée du NEW YORK TIMES. Oui, Trump doute, ces jours-ci, il ne dort plus trop, et a constamment besoin de se rassurer. Il doute notamment des plans de communication en ligne, élaborés par son équipe de campagne. Il les refuse, bien souvent, parce qu'il ne les comprend pas. Rien de tout ça n'est concret, pour lui. Lui, qui, rappelle THE NEW YORK TIMES, n'a pas d'ordinateur.

Du doute coté républicain : voila qui va sans doute ravir les démocrates... ou plus généralement, les Anti-Trump, partout dans le monde. Mais que se passera-t-il à partir de mercredi, à supposer que Clinton finalement l'emporte ? C'est toute la question. Car le problème, ce n'est peut-être pas Trump. Le problème, c'est le trumpisme, explique EL PAIS ce matin. Le trumpisme : un cocktail de haine et de fascisme... mélange plein de mensonges et d'incohérences.

Non le problème n'est pas le grotesque, le surréel Trump. Le problème est que des millions de personnes dans le pays le plus prospère dans le monde partagent sa vision.

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