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Régionales françaises et accord sur le climat

5 min

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par Eric Biegala

La presse internationale, notamment européenne revient largement ce matin sur les Régionales française et la défaite du Front Nationale une défaite 13 (régions) à 0, "un résultat aussi sec qu’au football. Mais qui a pour autant envie de faire la fête ? demande Maroun Labaki dans son éditorial du Soir, le quotidien de Bruxelles. Certes , poursuit-il,* les Français se sont mobilisés en plus grand nombre pour aller aux urnes. Certes la France s’est globalement ressaisie après s’être fait peur. Mais "’évidence est là, cependant, et elle a été rappelée avec délectation, dimanche soir, par une Marine Le Pen plus grimaçante que jamais,* écrit encore Maroun Labaki : le FN connaît une « montée inexorable », quelque 30 % des Français ont voté pour lui et il va, de ce fait, tripler le nombre de ses conseillers régionaux.

"Il est vrai, analyse sur le même ton Hugh Schofield sur la BBC _q_ue le résultat d'hier est un mauvais coup pour Marine Le Pen. Elle perd toute chance de diriger une région et ce faisant de montrer que son parti en est capable. Le scrutin lui a rappelé que, quelle que soit la force du FN les portes du pouvoir lui restent fermées... mais d'une certaine manière ça l'arrange. Parce que, explique le correspondant de la BBC à Paris, ce que cela signifie c'est que rien ne change en France. Les deux partis principaux se partagent toujours le gâteau... et que pendant ce temps le chômage monte, la peur également, poursuit Hugh Schofieldd pour qui, *l'attrait que Marine Le Pen et son parti exercent sur les masses insatisfaites demeure intact ... Finalement conclu-t-il le "ouf de soulagement poussé hier par les Français est aussi le son que l'on produit quand on reçoit un coup de poing dans l'estomac ! "

Dans le Guardian , Angelique Chrisafis va plus loin, remarquant qu'il *"n'y a pas eu d'examen sérieux des raisons qui ont fait que les français se sont détournés des partis de gouvernement pour aller vers le FN, non pas dans un vote de protestation mais bien parce qu'il représente une véritable alternative politique... L'extrême droite occupe dorénavant une position centrale dans le débat politique français , écrit-elle, et ce faisant* il n'a pas de mal à proclamer qu'il a "gagné la bataille des idées" puisque tant la droite traditionnelle que la gauche de gouvernement lui empruntent désormais ses propositions.

Autre thématique abordée en Une des quotidiens de la presse internationale ce matin les manifestations de Varsovie ce week-end. Manifestations croisées en Pologne : pro et anti gouvernementales c'est par exemple en Une du Wall Street Journal de ce lundi... le quotidien revient sur ces démonstrations populaires en soutien, ou en dénonciation du nouveau gouvernement de droite, issu des Législatives d'octobre. Entre 20 et 50 000 manifestants d'un côté, à peu près autant de l'autre ont arpentées les rues de la capitale... pour dénoncer les nominations du nouveau gouvernement à la Cour Constitutionnelle ou pour encourager ce dernier à poursuivre dans la même voie.Le leader du parti au pouvoir, Jaroslav Kazynski qui lui même ne siège dans aucun organe de l'exécutif a annoncé vouloir procéder à d'ample réformes et, pour ce faire, entend manifestement modifier la composition de la plus haute juridiction du pays, la cour constitutionnelle, en y nommant des proches."Le parti de Kazynscki a remporté le scrutin d'octobre avec un programme mêlant aides sociales et moralisme strict, un programme qui, sur de nombreux points ressemble au programme de Victor Orban en Hongrie" écrit encore le Wall Street Journal qui remarque que les partis de gouvernement des deux pays, volontiers populistes, bénéficient encore d'un important soutien populaire.

Et puis nombreux sont également les titres de la presse internationale à revenir sur l'accord de Paris signé samedi...

Un pacte climatique qui est "un pas en avant... sans être pour autant un remède" , titre par exemple le New York Times. "Que signifie cet accord pour l'avenir de la Terre ? Pour faire court, * répond le journal, "le deal permet à tout les pays du monde de bouger dans la même direction, une direction qui, potentiellement, est compatible avec l'idée de maintenir une planète habitable sur le long terme" ... c'est tout ! Le Financial Times de Londres est allé lui demander aux principaux émetteurs de gaz a effet de serre producteurs de charbon ou d'hydrocarbure ce qu'ils pensaient de cet accord... réponse : "un haussement d'épaule" ! Benjamin Sporton par exemple, patron de l'Association Mondiale des Producteurs de Charbon considère que l'accord de Paris ne va pas changer grand chose pour le moment du point de vue du "business"... "Il y a trop de pays émergents qui comptent encore brûler du charbon pour faire tourner leurs économies" explique-t-il au quotidien financier.Quant aux adversaires déclarés du pacte de Paris, comme les Républicains américains, ils préviennent en coeur toujours dans les colonnes du Financial Times que les promesses faites par Barack Obama sont d'ores et déjà nulles et non avenues..." avant de sabler le champagne,* indique par exemple au journal Mitch Mc Connel, le leader de la majorité républicaine au Sénat, nos partenaires internationaux devraient se rappeler que l'accord envisagé est hors de portée, parce que fondé sur des engagements nationaux, et qu'aux Etats-Unis ces engagements sont rejetés par une bonne partie des Etats et que le Congrès s'est déjà prononcé contre eux" . Bref, renchérit Paul Ryan, l'autre leader Républicain (à la Chambre des Représentants) "tout ça ne nous lie aucunement et nous poursuivrons notre politique énergétique visant à promouvoir les abondantes ressources naturelles de l'Amérique" ... comprenez : l'exploitation massive des pétrole et gaz de schistes américains a encore un bel avenir devant elle. Particulièrement tant que le Congrès sera dominé par les Républicains.

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