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Une rampe de lancement de missiles

Réunion au sommet au siège de l'OTAN hier avec la Russie dans une ambiance glaciale

5 min

La presse internationale n'attendait pas grand chose de cette première réunion depuis 2014 entre l'OTAN et la Russie.

Une rampe de lancement de missiles
Une rampe de lancement de missiles Crédits : Michel Benoit - Radio France

Le Wall Street Journal estime que la rencontre a été constructive à défaut de déboucher sur un accord.

Le journal note cependant que les discussions ont durées trois heures et demi, soit beaucoup plus que temps prévu.

Des discussions franches et sérieuses, ce qui signifie que les deux camps ne sont d'accord sur rien.

Ce qui fait titrer à la Wyborcza Gazeta que le dégel n'est pas encore là malgré le retour du dialogue. Le quotidien polonais doublement intéressé par le sujet, d'abord en tant que voisin très méfiant de la Russie et ensuite parce que la Pologne accueillera à Varsovie le prochain sommet de l'OTAN début juillet.

Mais comme le craignait le voisin lituanien il ne fallait pas en attendre grand chose. C'est en tous cas le point de vue du ministre lituanien de la défense, Linas Linkevicius qui dans les colonnes du Baltic Times se déclare sceptique puisque selon lui la Russie utilise ces grands rendez-vous internationaux uniquement à des buts de propagande et non pour faire baisser la tension.

D'où ce sentiment partagé par le journal anglais le Guardian pour qui cette réunion a échouée à aplanir les différerences entre l'Alliance Atlantique et la Russie.

Et cela donne comme un air de guerre froide plane sur la vieille Europe...

Il était évident que les incidents de ces derniers jours en Mer Baltique avec en particulier le survol très proche par deux jets russes Sukhoï 24 du destroyer américain Donald Cook allaient plomber les discussions.

Dans USA Today, l'OTAN affirme conserver ses canaux de communication ouverts avec le Kremlin, mais demande aux Russes d'éviter les risques d'incidents militaires en Baltique en respectant les règles de sécurité.

L'Orient le Jour, le quotidien libanais, affirme que la tension entre ceux qui sont sensés être des partenaires a atteint un niveau jamais vu depuis la fin de la guerre froide.

Et le New York Times d'enquêter sur la tension sous-marine...

Les Russes multiplient les patrouilles sous-marines au large de la Scandinavie, de l'Ecosse, dans l'Atlantique Nord et en Méditerranée. Et pour, le journal, c'est un défi pour l'OTAN qui conserve cependant un avantage numérique et technologique. Environ 45 sous-marins d'attaque pour les Russes dont plus de la moitié à propulsion nucléaire et 53, tous nucléaires pour les Etats-Unis. Mais les alliés doivent répondre à un triple défi, financier, militaire et politique. Comme l'explique un expert en conclusion : "Nous ne sommes pas de retour dans la guerre froide, mais nous en voyons une d'où nous sommes placés".

Les agences de presse russes reprennent elles les déclarations fermes de l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN, Alexander Grouchko qui dénonce des tentatives de pression militaire sur la Russie, et prévient que Moscou répondra par des mesures appropriées à la pression de l'OTAN à ses frontières. Ce n'est pas encore la guerre froide, mais le langage s'en rapproche

Tout s'est emballé avec la crise ukrainienne...

Le Quotidien, un journal luxembourgeois interroge Ben Hodges, le commandant des troupes américaines en Europe. Le Quotidien explique que depuis la crise en Ukraine et l'annexion de la Crimée en mars 2014, les agissements de Moscou inquiètent les membres de l'OTAN.

Les incidents de plus en plus fréquents en Baltique sont donc un vrai sujet de préoccupation.

Pour Ben Hodges, Moscou a aujourd'hui la capacité de bloquer l'accès à la Mer Baltique et l'Alliance ne peuvent pas y faire grand chose actuellement. Le général explique qu'il faut parfois jusqu'à 45 jours pour obtenir le feu vert pour bouger des troupes sur le vieux continent. Ben Hodges réclame donc la création d'une zone Schengen militaire en Europe pour plus de vitesse dans l'identification de la menace, dans la prise de décision politique et dans le rassemblement des troupes.

Dans les Izvestia, journal proche du gouvernement russe, Alexander Grouchko réplique en rappelant que les Etats-Unis se rapprochent de l'enclave de Kaliningrad et l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN de faire cette comparaison "Est-ce que les Etats-Unis accepteraient le cabotage d'ogives nucléaires dans la Baie de New York ou dans le Golfe du Mexique ?"

Et le quotidien moscovite Gazeta d'expliquer que derrière le discours très belliqueux du Kremlin il y a peut-être une tentative de remettre à plat les relations russo-américaines qui sont régit par des accords remontant aux années 90, une époque où la Russie était plus faible qu'aujourd'hui.

C'est un piège dans lequel il ne faut pas tomber pour Madeleine Albright, la secrétaire d'état américaine sous Bill Clinton estime dans les colonnes du journal autrichien Die Presse que Vladimir Poutine joue la carte du nationalisme pour dissimuler qu'en fait la Russie est un Bangladesh nucléaire.

Et en Ukraine, on voit cette confrontation avec espoir et inquiétude.

Espoir, car comme l'affirme le quotidien Den, l'Ukraine devrait obtenir en juillet prochain lors du sommet de l'OTAN un partenariat associé avec l'Alliance. Alors certes, comme le regrette le journal de Kiev ce n'est pas le plan d'action, la dernière marche avant l'adhésion, mais cela va permettre une collaboration plus étroite en Mer Noire et au delà du nom du programme ce qui comptera ce sera le contenu de ce partenariat.

Car comme l'explique Stepan Poltorak, le ministre ukrainien de la défense, le règlement du conflit armé dans le Donbass prendra des années car la Russie s'en sert comme d'une plaie pour empêcher l'Ukraine de rejoindre l'UE et l'OTAN.

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