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Mariano Rajoy toujours très ferme sur la question de l'indépendance de la Catalogne

Revue de presse internationale : En pleine crise politique en Espagne, le bras de fer se durcit entre Madrid et Barcelone

4 min

Alors que l'Espagne se cherche toujours un gouvernement, une résolution sur l'indépendance votée par le parlement de Catalogne est venue crisper encore un peu plus les relations entre Madrid et Barcelone. Revue de presse de Sébastien Berriot.

Mariano Rajoy toujours très ferme sur la question de l'indépendance de la Catalogne
Mariano Rajoy toujours très ferme sur la question de l'indépendance de la Catalogne Crédits : maxppp - Maxppp

Pour le Guardian, le mouvement séparatiste en Catalogne intensifie sa bataille avec Madrid et l'Espagne réplique. Ca a commencé la semaine dernière explique le quotidien britannique, lorsque le parlement Catalan à Barcelone a adopté une résolution très controversée. Un texte favorable à l'indépendance et prévoyant les différentes étapes à mettre en place pour aboutir je cite à une déconnexion de l'Espagne.

Une feuille de route qui a aussitot provoqué la colère du gouvernement Espagnol. Le tribunal constitutionnel a été saisi. Il a répondu hier que la résolution était illégale et devait être invalidée.

Le Guardian explique que la décision de la cour est une victoire pour Mariano Rajoy. Une décision saluée aussi par le leader du PSOE (parti socialiste) pour qui personne n'a le droit de mettre les institutions au dessus de la loi. Pour Pedro Sanchez la résolution constituait clairement une violation de la constitution et du statut d'autonomie de la Catalogne.

Evidemment la vision est différente à Barcelone. Dans les colonnes de La Vanguardia, la présidente du parlement Catalan, Carme Forcadell accuse le gouvernement espagnol d'utiliser les tribunaux contre l'assembleé régionale.

C'est vrai que Madrid a déja utilisé ce moyen a plusieurs reprises avec un double objectif : faire annuler les résolutions du parlement Catalan mais surtout s'en prendre aux dirigeants catalans. Non content d'avoir fait appel au tribunal constitutionnel écrit Le Matin d'Algérie, le gouvernement de Mariano Rajoy a aussi demandé au parlement de déclencher des poursuites au pénal contre la présidente du parlement, accusée de ne pas avoir empêché le vote. Les amendes peuvent aller jusqu'à 30 000 euros. La Sud Deutsche Zeitung explique que Carme Forcadell dispose de 20 jours pour se défendre et faire annuler la résolution par les députés.

Dans La Vanguardia, la présidente du parlement connue pour sa pugnacité répond qu'elle n'a pas peur de la procédure pénale. J'ai fait mon devoir dit elle. Et Carme Forcadell de demander au gouvernement Espagnol de s'inspirer de ce que le Royaume uni fait avec l'Ecosse.

Le bras de fer  continue donc, mais la presse internationale souligne que les difficultés politiques autant à Madrid qu'à Barcelone bloquent en ce moment toute avancée majeure sur la question de la Catalogne.

D'abord à Madrid, après les élections législatives du mois de juin, Mariano Rajoy a été désigné par le souverain pour former un gouvernement. Mais sans majorité absolue le PP (parti populaire) a du mal à trouver des partenaires. Rencontre hier avec le leader socialiste, mais comme l'écrit le New York Times, le PSOE continue de snober Rajoy. Dans El Pais, le chef du gouvernement prévient que le pays, faute de majorité, pourrait se diriger vers de nouvelles élections parlementaires, les troisièmes en moins d'un an.

Dans ces conditions, Mariano Rajoy doit se contenter de gérer les affaires courantes. Sans l'aval d'une majorité, impossible pour lui de prendre une initiative susceptible de faire avancer le dossier Catalan.

A Barcelone, c'est un petit peu la même chose. Le président de la Generalitat Carles Puigdemont lui aussi est en difficulté. Sa majorité au parlement régional est très instable et surtout très hétéroclite. Elle va de l'extrême-gauche au centre droit. Au mois de juin, cette majorité a failli voler en éclat lorsque la CUP petit parti de la gauche radicale a refusé de voter le budget de la Generalitat, jugé trop libéral. La Süddeutsche Zeitung explique que le président Carles Puigdemont va devoir se soumettre à un vote de confiance très incertain. Ce sera à la fin du mois de septembre.

Le président de la Generalitat de Catalogne Carles Puigdemont
Le président de la Generalitat de Catalogne Carles Puigdemont Crédits : maxppp - Maxppp

D'ici là pas de décision importante à attendre, même si en sous main les indépendantistes travaillent et commencent, comme l'écrit le Guardian, à préparer les structures du futur état Catalan comme par exemple un services des impôts, un appareil de sécurité sociale ou encore un ministère des affaires étrangères.

En Catalogne en tout cas, les appuis à l'indépendance sont en hausse. C'est ce qu'écrit le journal La Presse de Montréal. Selon un dernier sondage, prés de 48% des Catalans interrogés sont en faveur d'une sécession contre 42% qui s'y opposent.

Prochain test grandeur nature, ce sera  le 11 septembre , jour de la diada, la fête nationale en Catalogne, qui est devenu chaque année une occasion de montrer la capacité de mobilisation des indépendantistes. L'année dernière prés d'un million et demi de personnes avaient marché dans les rues de Barcelone.

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