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Donald Trump et Barack Obama, pendant la passation de pouvoirs en janvier dernier

Des présidents, en veux-tu en voilà

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La presse ce matin, fait la part belle aux présidents. C'est d'abord à la Une de l'hebdomadaire Newsweek

Donald Trump et Barack Obama, pendant la passation de pouvoirs en janvier dernier
Donald Trump et Barack Obama, pendant la passation de pouvoirs en janvier dernier Crédits : Robyn BECK - AFP

Une couverture choc pour cette fin d'année. On y voit un photomontage de Donald Trump sortir d'une machine à laver siglée Deutsche Bank, il en sort trempé et les mains pleines de billet. Au dessus, est inscrit en gros et en majuscules "ARGENT SALE". Sous-titré : "Si Donald Trump a un sombre secret russe, la Deutsche Bank doit savoir ce que c'est". 

Il s'agit là d'une adaptation réactualisée d'un livre publié le mois dernier et intitulé Collusion : rencontres secrètes, argent sale et comment la Russie a aidé Trump a gagner. Livre-enquête écrit par le journaliste britannique Luke Harding, à qui l'on doit notamment The Snowden Files en 2014, qui raconte en détail l'histoire du lanceur d'alerte Edward Snowden. L'article de Newsweek met en lumière plutôt qu'il ne répond concrètement à des questions. Il tente de souligner au crayon gras les coïncidences. Comme par exemple, le fait que Donald Trump puisse bénéficier de prêts auprès de la Deutsche Bank alors qu'il est black listé chez toutes les autres -jusqu'à 300 millions de dollars prêtés en novembre 2016, quand il est élu président des Etats-Unis, et qu'au même moment, la DFS, l'autorité de régulation financière à New York, constatait que la banque blanchissait à hauteur de plusieurs milliards de l'argent russe provenant de personnes en contact avec l'entourage de Donald Trump. 

Harding y détaille les liens entre la banque allemande et les banques russes qui participent à ce stratagème, montre les connexions ou les admirations de ses dirigeants pour le pouvoir russe. Travail basé sur une partie des révélations de Christopher Steele, ancien espion britannique qui a fait fuiter en tout début d'année des mémos sur des liens entre Trump et le Kremlin -l'histoire des prostituées dans un hôtel de Moscou avec une golden shower... Bref, des informations, souvenez-vous, qualifiées de fake news autant par Trump que par Poutine, et hélas, invérifiables. 

Rien de très nouveau donc ici, si ce n'est le timing, qui rappelle où en est l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les allégations d'ingérence russe dans la présidentielle américaine. Ces dernières semaines, précise le site de CNBC, les enquêteurs ont focalisé leur attention sur la Deutsche Bank, les flux d'argent, les liens entre elle l'ancien conseiller à la sécurité de Donald Trump, Michael Flynn, ou encore son gendre, Jared Kushner, aujourd'hui conseiller spécial à la Maison Blanche. 

Ingérence russe dans la présidentielle américaine, mais aussi l'inverse.

Le ministère des Affaires étrangères russe qui accuse le Département d'Etat américain d'interférer dans la future présidentielle russe prévue en mars prochain. Information donnée par ThinkProgress aux Etats-Unis. Il y a quelques jours, quand la candidature du principal opposant à Vladimir Poutine, Alexei Navalny, a été jugée illégale par la Commission électorale russe, le Département d'Etat a effectivement réagit en critiquant le Kremlin pour cette décision et en demandant des élections transparentes, équitables et libres. 

Il s'agit d'une "ingérence directe dans notre processus électoral et nos affaires internes" a répondu la porte-parole du ministère. Et d'ajouter : " le plus amusant est que ce sont les mêmes personnes qui labellisent Russia Today et Sputnick d'agents étrangers, qui harcèle les médias russes partout dans le monde, et qui investissent beaucoup d'argent dans de la 'contre propagande russe', expression pour qualifier tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux". Comme quoi, dans le jeu de la géopolitique mondiale, tous les arguments, même les plus absurdes, semblent hélas se valoir aux yeux des puissants. 

Trump, Poutine mais surtout Barack Obama.

Barack Obama, personnalité la plus admirée du monde (selon les américains) -ça aussi c'est absurde, nous dit un sondage publié par CBS News. Titre qu'il gagne tous les ans depuis 10 ans. Il devance Donald Trump, Hillary Clinton et même le Pape François dans le classement.  L'ancien président américain profite tranquillement de sa retraite pour cultiver son personnage de vieux sage branché. Il prépare tranquillement l'écriture de ses mémoires déjà vendues à une maison d'édition pour 60 millions de dollars. Et fait tranquillement des conférences payées plusieurs centaines de milliers d'euros. On se rappelle de celle donnée à la Maison de la Radio, organisée par les Napoléons, à 400 000 euros la séance, dans laquelle Barack Obama avait alerté sur les dangers d'Internet et expliqué qu'il aimait sa femme.  

Tiens d'ailleurs, c'est justement la teneur de l'interview dont tout le monde parle aujourd'hui. Réalisée pour la BBC 4 par le Prince Harry en personne. Et Barack Obama de raconter exactement les mêmes platitudes "c'est chouette de ne plus être président, attention Internet peut nous diviser, etc...", ce qui explique certainement pourquoi, il n'en ressort pas grand chose dans la presse, que ce soit le Guardian, Time Magazine ou Die Welt... Barack va t-il assister au mariage du Prince ? C'est la seule grande question...  

Et ce mariage pour terminer. Le New York Times revient sur une polémique un peu passée inaperçu hors du Royaume. Le portrait officiel du Prince Harry et de sa future femme Meghan Markle, qui a fait polémique visiblement. Car rendez-vous compte, elle porte un haut noir avec des broderies de la maison britannique Ralph & Russo -ça c'est bien-, mais il est légèrement transparent. Perfidie ! Les traditionalistes serrent les dents et crient au scandale. Peut-être, nous rassure le journal, Meghan Markle sera en mesure de bousculer les codes de la royauté. 2017 était censé être une année importante pour les femmes, leur liberté et leur place dans la société. Mais en cette fin d'année, au Royaume-Uni, on en est encore à ce niveau. #BalanceTaMonarchie

Revue de presse par Adrien Toffolet.

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