LE DIRECT
2018 écrit dans le sable, sur une plage de Gaza.

Bonne (... ou mauvaise) année !

6 min
À retrouver dans l'émission

En ce 1er janvier 2018, la plupart des journaux reviennent sur les événements de l’année passée et à venir. Bilan et perspectives.

2018 écrit dans le sable, sur une plage de Gaza.
2018 écrit dans le sable, sur une plage de Gaza. Crédits : MAJDI FATHI / NURPHOTO

Peut-être, vous souvenez-vous de ce film «Memento» (Christopher Nolan), dans lequel le personnage de Leonard Shelby se retrouvait au centre d'un imbroglio mémoriel terrible, jusqu'à ne plus pouvoir distinguer le vrai du faux. Le site SCIENCE ALERT nous rapporte, lui, qu’une chercheuse s'est concentrée, justement, sur la possibilité d’implanter de faux souvenirs chez les individus. Et ses conclusions sont aussi probantes qu'effrayantes : il est tout à fait possible, selon elle, de faire en sorte que quelqu'un se rappelle avoir commis un acte ou vécu une situation qui, dans les faits, ne lui est jamais arrivé. Mais rassurez-vous, en ce 1er janvier 2018, où les souvenirs parfois légèrement troubles ont tendance à s’entremêler, la presse heureusement est là non seulement pour dresser le bilan, un peu comme on vous tirerait le portrait, tout en jouant les diseuses de bonnes ou mauvaises aventures, c’est selon. 

Question bilan, tout d'abord, on ne peut pas dire que les commentateurs garderont un souvenir impérissable de l'année qui vient de s'achever. Pour le quotidien turc DAILY SABAH, 2017 fut tout simplement l'année de l'injustice à l'échelle mondiale (cf la crise sur le statut de Jérusalem, la montée des populismes de droite, sans oublier la multiplication des sans-abris qui tremblent de froid sur les routes de l'Europe). En 2017, beaucoup d’espoirs politiques sont partis en fumée, renchérit de son côté son confrère croate VECERNJI LIST. A la déception qui régnait déjà sur l’espace politique s’est ajoutée la résignation, qui consiste à se soumettre amèrement à son destin, écrit l'éditorialiste. Beaucoup ne voient plus l'intérêt d'exiger des changements qui n'auront de toute façon jamais lieu, dit-il, avant d'en conclure : si 2017 n’a pas été la pire des années, elle donne pourtant l’impression d’avoir détruit tous les espoirs. Pourquoi ? Élément de réponse avec cette fois-ci le portail d'information roumain CONTRIBUTORS : Il semble que nous soyons aujourd'hui coincés entre d'un côté l'option libérale et de l'autre les nouvelles coqueluches de l'Europe politique, comprenez l'option nationaliste et protectionniste. 

Alors 2018 va-t-elle, malgré tout, nous redonner espoir ?Malheureusement, rien n'est moins sûr. A lire, par exemple, ce matin THE DAILY MAIL, parmi les séismes politiques et diplomatiques qui devraient éclater cette année figurent la crise au Moyen-Orient entre l'Arabie saoudite et ses alliés contre le Qatar, mais aussi la catastrophe humanitaire au Yémen. Pour LA REPUBLICCA, cette fois-ci, de même que 2017 avait été l'année Trump, 2018 sera l'année Poutine, dont la tactique post-idéologique suit toujours, peu ou prou, le même modèle : tantôt se poser comme le meilleur parmi les méchants, tantôt comme le pire parmi les gentils. Et tout ça pour quoi ? Pour se présenter, au final, comme l'unique médiateur possible entre les fronts. C'est ainsi, par exemple, que le chef du Kremlin est même prêt, désormais, à jouer les médiateurs entre la Corée du Nord et le reste du monde. De son côté, Kim Jung-un, lui, continue ce matin à souffler le chaud et le froid. Ou quand le leader nord-coréen, écrit la BBC, brandit le poing tout en agitant discrètement, de l'autre main, un rameau d'olivier. Lors de ses vœux du Nouvel an retransmis à la télévision, cette nuit, Kim Jong-un a tenu à rappeler aux Etats-Unis qu'il y avait toujours «un bouton nucléaire sur [son] bureau», tout en déclarant souhaiter l'ouverture d'un dialogue avec son voisin sud-coréen.

Et puis la nouvelle année vient à peine de commencer que, déjà, un autre pays soumis, lui aussi, en son temps, à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles, fait reparler de lui. Ce pays c'est l'Iran.Hier, après plusieurs jours de manifestations contre le pouvoir qui ont ébranlé le pays, peut-on lire sur le site de CNN, les autorités ont averti que les protestataires allaient «payer le prix». De nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des milliers de personnes défilant dans plusieurs villes du pays,  dans une rare manifestation de dissidence publique. Des vidéos dont il est difficile, toutefois, de vérifier l’authenticité en raison du quasi black-out total des médias officiels. Le quotidien USA TODAY, lui, retient notamment une photo : celle d'une femme debout au coin d'une rue de Téhéran, la tête découverte, agitant son hijab blanc sur un poteau. Dans un autre contexte, ce foulard blanc pourrait ressembler à un drapeau de reddition mais en Iran, écrit le quotidien américain, c'est une déclaration de liberté. Le journal qui se souvient également qu'en 2009, une autre femme, Neda, était devenue le visage du «Printemps iranien». Malheureusement, dit-il, cette image emblématique avait été captée à partir d'une vidéo alors qu'elle gisait mourante dans les rues de Téhéran, abattue par un tireur d'élite du régime. Un symbole tragique de ce soulèvement raté. Les iraniens réussiront-ils, cette fois-ci, à chasser les tyrans de Téhéran ? Pour seule réponse, le quotidien estime que les manifestants méritent, dit-il, tous les encouragements des peuples issus du monde libre.

Mais pour ce premier jour de l'année, donc, certains trouvent tout de même encore quelques raisons de sourire.C'est le cas notamment du quotidien bulgare KAPITAL DAILY. Alors que la Bulgarie prend, aujourd'hui, le début de la présidence tournante de l'UE pour les 6 prochains mois, le journal ironise : les choses devraient, a priori, bien se passer, dit-il. D'une part, parce que la présidence tournante n'a rien de fondamental. Et d'autre part, parce que les fonctionnaires bulgares sauront, à coup sûr, montrer qu'ils savent feindre de travailler. De son côté le magazine tchèque LANDESECHO s'autorise, lui aussi, une perspective humoristique pour 2018 : Suite à l'abrogation de l'adhésion de la Pologne à l'UE, la Grande-Bretagne finit par revenir sur le Brexit. Emmanuel Macron fait passer une loi drastique sur le code du travail, où la durée de la journée au travail passe à sept heures, les pauses de midi étant limitées à deux heures et demie. D'autre part, un million de réfugiés rentrent dans leur pays, où ils baptisent des dizaines de rues et de places du nom d'Angela Merkel. Et puis Vladimir Poutine, lui, perd les élections, réorganisées suite à l'annulation du premier scrutin aux résultats jugés excessifs, qui lui donnaient 123% des voix. Enfin, si vous avez, vous aussi, le goût pour les prévisions, le journal LE TEMPS vous propose le grand quiz historique de l’année 2018. Ce questionnaire contient 48 affirmations (2 par mois) sur les grands événements de l'année à venir. Certaines sont vraies, d’autres sont fausses. Et, bien sûr, une seule réponse est possible dans chaque cas. Bonne chance. Et surtout bonne année.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......