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Sutherland Springs, petite ville du Texas où un homme a tué 26 personnes dans une église baptiste.

Insensé mais pas inédit

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Un homme a ouvert le feu dans une église du Texas, tuant 26 personnes en plein service religieux. Cette tuerie intervient cinq semaines seulement après celle de Las Vegas, la fusillade la plus meurtrière jamais perpétrée dans le pays.

Sutherland Springs, petite ville du Texas où un homme a tué 26 personnes dans une église baptiste.
Sutherland Springs, petite ville du Texas où un homme a tué 26 personnes dans une église baptiste. Crédits : SUZANNE CORDEIRO - AFP

Insensé mais pas inédit. C'est en ces termes que le site de la chaîne américaine CNN commente, ce matin, la nouvelle tuerie de masse aux Etats-Unis. Il était 11h30, hier, dans la petite ville de Sutherland Springs au Texas (un hameau rural de 400 âmes), lorsqu'un homme armé d’un fusil d’assaut et vêtu d'un gilet pare-balles est entré dans l'église en pleine service religieux, avant d'ouvrir le feu sur les paroissiens, faisant au moins 26 morts et une vingtaine de blessés, d’après le premier bilan des autorités. Selon un témoin, les tirs ont duré une quinzaine de secondes. Une partie des fidèles a pu fuir vers la station essence. L’assaillant a ensuite été pris à partie par un habitant qui a saisi son fusil, provoquant sa fuite. Un peu plus tard, l'assaillant sera retrouvé mort dans son véhicule, sans que l’on sache s’il s’est suicidé ou si quelqu’un lui a tiré dessus. Même si son nom est déjà sorti dans les médias, aucune information officielle n’a encore été donnée sur les motivations du tueur. Devin Kelley, 26 ans, précise toujours la chaîne américaine serait un ex-militaire, renvoyé de l'armée de l'air, après un passage en cour martiale en 2014. On n'en saura pas davantage, ce matin, sur ce nouveau carnage. A ceci près, toutefois, rappellent l'ensemble des médias américains, qu'il s'agit là de la fusillade la plus meurtrière qu’ait connue un lieu de culte aux Etats-Unis et la quatrième de l’histoire récente du pays, après les massacres de Las Vegas, Orlando et Virginia Tech.

Insensé mais pas inédit, c'est également l'impression qui se dégage, ce matin, après une nouvelle fuite de données géante, qui depuis hier ébranle les paradis fiscaux. Dix-huit mois après les «Panama Papers» portant sur la fraude fiscale, la nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) se nomme : «Paradise Papers». A priori, rien de nouveau sous le soleil de l'optimisation fiscale. En levant une fois de plus le voile sur les mécanismes sophistiqués dont profitent les multinationales et les grandes fortunes mondiales, cette nouvelle enquête, résume le magazine QUARTZ, ne nous apprend au fond qu'une seule chose : que l'inégalité ne cesse d'augmenter entre les riches et les autres.

Pour être tout à fait exact, les noms de plusieurs grands groupes émergent tout de même de cette enquête (Twitter, Apple, Nike et le géant suisse des matières premières Glencore) mais aussi des personnalités. Parmi les plus remarquées on retiendra, tout d'abord, la Reine d'Angleterre, laquelle aurait placé, selon THE GUARDIAN, une dizaine de millions de livres d'avoirs dans des fonds aux Iles Caïmans et aux Bermudes. Au Canada, cette fois-ci, là c'est un milliardaire qui aurait placé 60 millions de dollars dans une société offshore. Or si l'affaire commence à faire grand bruit, révèle le journal de Toronto STAR, c'est parce que l'homme n'est autre qu'un ami personnel de Justin Trudeau, responsable notamment de la collecte de fonds lors de la campagne électorale de 2015 pour le compte du parti libéral. Ce qui, évidemment, s'avère pour le moins encombrant pour un Premier ministre élu sur des promesses de réduction des inégalités et de justice fiscale. Enfin, la dernière personnalité citée n'est autre que le secrétaire d’Etat américain au Commerce, Wilbur Ross, l’un des poids lourds du gouvernement Trump, avec une fortune estimée à 3 milliards de dollars (soit à peine moins que celle du président). L'homme jouit d’une réputation de businessman intraitable. Les médias américains voient, d'ailleurs, en lui l’âme sœur du président, la clé de voûte de cette administration dominée par des hommes d’affaires. Or selon THE NEW YORK TIMES, le ministre aurait gardé des participations dans une société de transport maritime ayant des liens d'affaires étroits, non seulement avec un oligarque russe sanctionné par le Trésor américain, mais aussi avec le mari de la plus jeune fille de Vladimir Poutine. Ce qui pose, bien évidemment, la question des conflits d’intérêts. D'autant plus que le mandat de Donald Trump reste empoisonné par les enquêtes sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne et la Russie.

Improbable mais pas inédit, toujours et encore ce matin, s'agissant cette fois-ci de la diplomatie du golf, au cœur de la bonne entente entre Donald Trump et Shinzo Abe. Lors de la première étape de sa tournée asiatique, le président américain s'est adonné hier à son sport favori en compagnie du premier ministre nippon. Une diplomatie qui n'est pas sans rappeler celle entre le grand-père de Shinzo Abe et le président américain Eisenhower. A l’époque déjà, rappelle LE TEMPS, les deux dirigeants avaient mis en scène une partie de golf sur un parcours du Minnesota, en 1957. Cette fois-ci, entre deux putts, Donald Trump et Shinzo Abe, lesquels ont construit une relation personnelle et amicale se félicite l’ASAHI SHIMBUN, ont dit notamment souhaiter plus de réciprocité dans les relations commerciales entre leurs deux pays. Et puis le Japon a dit, également, soutenir la politique de Donald Trump consistant à maintenir toutes les options sur la table face aux provocations de la Corée du Nord.

Enfin après le swing de Donald Trump, les médias avaient choisi de scruter, ce matin, un autre mouvement de bassin du président américain. Comment allait-il saluer l'Empereur du japon ? Il faut dire que les salutations entre les présidents américains et les empereurs japonais n'ont jamais été simples, elles ont déjà fait trébucher trois des quatre derniers présidents américains. La question la plus importante, explique le site d'ABC, est de savoir si le président doit s'incliner ou non. Dans la culture japonaise, le salut est un signe de respect et d'appréciation et plus l'arc de la taille est profond, plus le respect et la gratitude sont manifestes. En l'occurrence, plier le torse d'environ 45 degrés est l'expression la plus forte de profonde gratitude. C'est notamment ce qu'avait fait le président Obama en 2009, un geste que les critiques avaient à l'époque qualifié de «faible», alors même que la Maison-Blanche avait expliqué qu'il s'agissait, simplement, de respect. Finalement, note THE CALLER ce matin, vidéo à l'appui, Donald Trump, lui, a opté pour une forte poignée de main.

Par Thomas CLUZEL

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