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Chute de neige devant la porte de Brandebourg, à Berlin

Y aura-t-il de la neige à Noël ?

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Angela Merkel a dit espérer conclure ses discussions exploratoires avec le SPD d'ici la mi-janvier, afin de lancer des négociations officielles en vue de la formation d'un nouveau gouvernement de grande coalition en Allemagne.

Chute de neige devant la porte de Brandebourg, à Berlin
Chute de neige devant la porte de Brandebourg, à Berlin Crédits : PAUL ZINKEN / DPA

Ce matin, les spéculations en tout genre vont bon train. En Allemagne, tout d’abord, depuis que les sociaux-démocrates ont approuvé l'ouverture de discussions avec les conservateurs et à la veille d'une nouvelle rencontre entre Martin Schulz et Angela Merkel, la question qui monopolise tous les débats pourrait se résumer ainsi : y aura-t-il un gouvernement à Noël ? A priori, la réponse est non. C'est du moins ce que laisse entendre, notamment, ce dessin publié par la BERLINER ZEITUNG. On y voit un paquet cadeau, sur lequel est écrit : «formation d'un gouvernement». Malheureusement, ce paquet n'est pas encore tout à fait prêt, prévient aussitôt le Père Noël, avant de se tourner vers son collègue, le lapin de Pâques, pour lui signifier que c'est lui qui aura la charge de le livrer. 

En Catalogne, cette fois-ci, à deux jours du scrutin, si toute spéculation sur les résultats est risquée, les sondages indiquent que la grande surprise pourrait venir d’une femme jeune.Son nom : Inés Arrimadas, 36 ans. Dans tous les sondages, la candidate du parti de centre droit Ciudadanos est donnée favorite. Ce qui n'enlève rien, d'ailleurs, au caractère décidément rocambolesque de ce scrutin. Bien que fan du Barça et mariée à … un nationaliste catalan, Inés Arrimadas milite pour … l’unité de l’Espagne. Et puis s'agissant des séparatistes, là, c'est peu de dire que les couteaux sont désormais tirés. Hier, dans une interview accordée depuis sa cellule à la radio RAC  1, Oriol Junqueras (le principal dirigeant indépendantiste) emprisonné a lancé une flèche, sans le nommer, en direction de Carles Puigdemont, en déclarant que si lui avait choisi de rester en Catalogne c'est parce qu'il refusait de se cacher. Ou quand Junqueras traite Puigdemont de lâche, titre ce matin en Une EL MUNDO. La lutte entre les deux hommes forts du gouvernement destitué par Madrid fait également la première page de LA VANGUARDIA. Quoi qu'il en soit, sept partis ou coalitions, au total sont dans les starting-blocks pour jeudi, rappelle de son côté EL NACIONAL. Or aucune formation ne semble en mesure de remporter une majorité absolue. Ce qui signifie que, dès vendredi, les négociations devront commencer pour savoir qui obtiendra le poste de président(e) de la région autonome. Et de ce point de vue, les possibilités d’alliance apparaissent encore multiples. 

Eux ont déjà eu leur référendum mais ils ne seraient pas nécessairement opposés à l'idée de revoter.Eux, ce sont les Britanniques. Avons-nous besoin d’un autre référendum ?, c'est en tous les cas la question posée par THE INDEPENDENT, dans une édition spéciale en ligne. Selon le journal, le référendum de 2016 n’avait rien à voir, dit-il, avec un sommet de démocratie : mensonges, désinformation. Et alors que les conséquences du Brexit apparaissent aujourd'hui de plus en plus concrètes, la publication entend désormais explorer toutes les possibilités pour le peuple d’avoir son mot à dire, avant qu’il ne soit trop tard. Ce matin, le négociateur en chef européen Michel Barnier, lui-même, ne ferme pas la porte à un abandon du Brexit.

Ce matin, si certains cherchent à anticiper le futur, d’autres préfèrent surtout ne pas envisager le présent. Ou quand personne ne veut parler de la dérive européenne. Alors que le nouveau chancelier autrichien, Sebastian Kurz, est attendu aujourd’hui à Bruxelles, de nombreux commentateurs dénoncent l’accommodement à l’extrême-droite. Lorsqu'en l’an 2000, le FPÖ avait accédé au pouvoir en tant que partenaire minoritaire du gouvernement autrichien, l’Europe toute entière s'était mobilisée pour ostraciser ce gouvernement. Or dix-sept ans plus tard, note LE TEMPS, le même parti revient au pouvoir (à nouveau dans une coalition), mais plus personne en Europe ne songe à sanctionner (ne serait-ce que symboliquement) l'Autriche. De quoi poser la question centrale de la politique européenne de ces prochaines années : celle de l’accommodement de la droite classique aux thèses du national-populisme. Même constat de la part du quotidien croate JUTARNJI LIST. L'Europe, dit-il, tente aujourd'hui de minimiser la gravité de cette nouvelle constellation politique en Autriche. Pourquoi ? Parce que le parti du nouveau chancelier est membre du Parti populaire européen (PPE). Or les dirigeants des trois institutions européennes les plus importantes sont, eux aussi, issus du PPE. D'où leurs efforts pour relativiser le fait qu'un membre du Parti populaire européen vient de porter au pouvoir un parti d'extrême droite, jusque-là résolument hostile à l'UE et xénophobe. 

A présent, une nouvelle menace potentiellement catastrophique. À elle seule, la Russie serait en mesure de suspendre les connexions internet du Royaume-Uni et d'autres pays occidentaux. C'est en tout cas ce qu'affirme le chef d'État-Major des armées britanniques. Comment ? Réponse d'EURONEWS : en coupant, tout simplement, des câbles de communication sous-marins liant l'Europe aux États-Unis. Selon un rapport rédigé par le think-tank POLICY EXCHANGE, 97% du réseau de télécommunications mondiale passerait par les câbles en question. Or l'inquiétude monte alors que des navires russes ont justement été récemment repérés à proximité de ces fameux câbles dans l'océan Atlantique. De son côté, THE GUARDIAN se veut plus prudent mais pas moins rassurant : les navires russes pourraient, dit-il, ne faire que puiser dans ces câbles, comme le font les Américains et les Britanniques depuis fort longtemps, afin d'intercepter des données. 

Enfin un mauvais conte de Noël.En réaction à la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël, le maire de Nazareth (ville de la supposée enfance de Jésus mais surtout plus grande ville arabe d'Israël) a décidé de suspendre une partie des célébrations des fêtes de fin d'année. Ou quand le passage de Donald Trump aura éclipsé celui du Père Noël, écrit THE INDEPENDENT repéré par le magazine Slate. Une heure après cette annonce, les villes palestiniennes de Ramallah et de Béthléem (considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus) ont momentanément éteint leurs décorations lumineuses de Noël en signe de soutien. Et le quotidien de Londres de rappeler qu'un an plus tôt à peine (juste après l'élection de Donald Trump), le maire de Nazareth avait pourtant déclaré son admiration pour le nouveau président des États-Unis, comparant leurs trajectoires parallèles: «Il est le président du plus grand pays du monde et je dirige la ville la plus importante du monde. Alors qu'il arguait que Donald Trump avait «tout appris de [lui]», il semblerait qu'une fois de plus, l'élève ait dépassé le maître.

Par Thomas CLUZEL

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