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Manifestations de migrants africains en Israël, pour protester contre la mise en place d'un plan de départ d'environ 38.000 immigrés clandestins

La chasse est ouverte

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Afin de contraindre près de 40.000 immigrés africains en situation irrégulière à quitter le pays volontairement ou être placés en détention, le gouvernement israélien entend recruter parmi les citoyens des inspecteurs de l’immigration.

Manifestations de migrants africains en Israël, pour protester contre la mise en place d'un plan de départ d'environ 38.000 immigrés clandestins
Manifestations de migrants africains en Israël, pour protester contre la mise en place d'un plan de départ d'environ 38.000 immigrés clandestins Crédits : JACK GUEZ - AFP

Pour faire la chasse aux migrants venus d'Afrique, le ministère israélien de l'Immigration a récemment publié une offre d'emploi d'un genre un peu particulier, nous apprend le site QUARTZ : moyennant rémunération (ainsi qu'un bonus d'environ 7.000 euros), les israéliens sont appelés à aider leur gouvernement à traquer les immigrés illégaux. Ou dit autrement, pour les épauler dans cette chasse à ceux qui ont déjà fui la guerre ou la persécution, Israël recrute désormais parmi ses citoyens, s'inquiète le magazine SLATE. Le pays compterait ainsi dénicher plus de cent inspecteurs d'ici le mois de mars (date limite donnée aux migrants pour quitter le pays), précise à son tour le magazine NEWSWEEK. Parmi eux, soixante-dix seront chargés, pendant deux mois, de mener des actions de coercition contre les étrangers illégaux et leurs employeurs. Concrètement, écrit BUSINESS INSIDER, leur travail sera de les localiser et de les surveiller. Et puis une quarantaine d'autres inspecteurs seront, eux, embauchés pour un an, afin de conduire des interrogatoires approfondis. Au total, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a déclaré vouloir se débarrasser de 38 000 clandestins, venus principalement d'Érythrée et du Soudan.

Et en Europe, aussi, la rhétorique anti-immigration a manifestement de beaux jours devant elle. En République tchèque, tout d'abord, où ainsi que le résume le portail hongrois PESTISRACOK, le duel de dimanche dernier opposait d'un côté l'Europe civilisée et de l'autre l'Est barbare, d'un côté un candidat de gauche, Jiří Drahoš, un intellectuel libéral qui boit son expresso l'auriculaire bien droit et de l'autre le président sortant, Miloš Zeman, le fils du peuple qui, lui, écluse de la bière. Et au final c'est donc le populiste qui l'a emporté, se désole DER SPIEGEL. Car ne nous y trompons pas, ce résultat constitue bel et bien une victoire pour les forces d’extrême droite anti-immigrés du pays, renchérit de son côté THE GUARDIAN. Et ce alors même que la République tchèque n'a reçu, en l'occurrence, que 116 demandes d'asile l'an dernier. Quoi qu'il en soit, précise à nouveau le quotidien de Londres, la symbolique de cette victoire est apparue très clairement lorsque le président a prononcé son discours triomphant devant ses supporters, flanqué du leader de la formation radicalement anti-immigration qui avait soutenu sa campagne. 

Direction l'Autriche, à présent, où un dirigeant du Parti d'extrême droite FPÖ a exclu, hier, de démissionner.Udo Landbauer, 31 ans, député du Land de Basse-Autriche, est pourtant soupçonné d'avoir entonné des chants à la gloire du nazisme parmi un cercle de militants d'extrême droite rencontrés sur les bancs de la faculté.  C'est l’hebdomadaire FALTER qui, le premier, a révélé le scandale, en retrouvant un recueil de textes appartenant à cette corporation étudiante et faisant l’apologie du IIIe Reich. On peut notamment y lire ceci : «Mettez les gaz, vieux Germains, on peut passer le septième million», en référence aux six millions de juifs exterminés pendant la seconde guerre mondiale. Or cet homme (qui rejette ces accusations et les appels à sa démission) était tête de liste pour un scrutin régional dimanche dernier. Et en dépit du scandale, son parti a même réussi à améliorer son score. D'où ce commentaire de l'hebdomadaire DER SPIEGEL, sidéré : que tant de citoyens n'aient pas renoncé à donner leur voix, non seulement à une tête de liste qui cultive, plus ou moins ouvertement, la nostalgie du national-socialisme, mais aussi à un parti qui ne parvient pas à se démarquer de manière crédible de l'antisémitisme et de l'idéologie nazie, voilà qui laisse tout de même songeur. Même si le FPÖ n'a pas réussi dimanche à exploiter à fond tout son potentiel, il a tout de même réussi à mobiliser 15% des électeurs, ce qui lui garantit son entrée au prochain gouvernement régional.

Un nouveau jour J en Espagne. Même si la photo du roi Felipe trône en première page du quotidien conservateur ABC, avec ce titre gracieux : félicitations Majesté (en référence à ses 50 bougies d'anniversaire), c'est une tout autre réjouissance qui retient, ce matin, l'attention de la presse. Le parlement catalan doit, en effet, débattre aujourd'hui de l'investiture à la présidence de Carles Puigdemont, retranché en Belgique. Ou quand Puigdemont pousse le Parlement à la désobéissance, s'insurge EL MUNDO. Reste à savoir si l'indépendantiste sera prêt à risquer l'arrestation pour entrer au Parlement ? Toujours est-il que son statut de fugitif a permis à Madrid de mettre en place un dispositif de sécurité inédit, raconte le Courrier International. L’ex-président catalan est actuellement l’homme le plus surveillé par les forces de l’ordre espagnoles, lesquelles se sont déplacées jusqu'en Belgique. Le ministère de l’Intérieur a placé autour de lui un dispositif de surveillance spécial, afin de le repérer immédiatement s’il tente de rentrer par surprise en Espagne, comme on le soupçonne de vouloir le faire.

Enfin des soldats américains traqués à leur insu. Tout a commencé avec une simple application pour joggers, doublée d’un site Internet, permettant aux coureurs d’enregistrer et d’analyser leurs performances. Pour cela, l’entreprise Strava utilise des données recueillies par GPS. Et c'est ainsi qu'en novembre dernier, raconte LE TEMPS, l'entreprise a pu établir une carte mondiale des routes empruntées par ses millions d’utilisateurs. Des résultats passés pratiquement inaperçus jusque-là. Du moins, jusqu'à ce que samedi dernier un étudiant australien se pose cette question : qui pratique beaucoup de sport tout en utilisant les nouvelles technologies ? Réponse : les soldats américains. Une intuition qui s'est révélée être correcte, au point que sa révélation provoque depuis deux jours un fort émoi au sein de l’appareil militaire américain. Pourquoi ? Parce que si aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon, cette carte retraçant les routes empruntées par les joggers du monde entier brillent de mille feux, en revanche, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et dans une bonne partie de l’Amérique latine, ladite carte a surtout des allures de désert. Sauf qu'en zoomant sur toutes ces régions, c'est là que la carte se transforme soudain en un gigantesque atlas référençant toutes les bases américaines. Alors la localisation de la plupart des sites est connue, mais ce n’est pas le cas de toutes les bases, note THE NEW YORKER. Et voilà comment depuis ce weekend les réseaux sociaux se sont mis en chasse : une demi-douzaine de cercles lumineux au sud de Mossoul ; le même type de signal dans une poche de la rébellion syrienne ; idem dans la partie du Yémen que contrôle la coalition menée par l’Arabie saoudite. Enfin des concentrations lumineuses comparables, et qui seraient inexplicables autrement que par la présence américaine, sont aussi visibles en Libye, à Djibouti ou au Niger. Bien évidemment la question a été prise suffisamment au sérieux par l’état-major américain pour qu’il émette aussitôt un communiqué dans lequel il évoque l’établissement de «nouvelles règles» pour ses soldats. Sans compter qu'au-delà de l’existence même de ces bases, s'inquiète THE WASHINGTON POST, la carte offre aussi une mine d’informations pour quiconque voudrait tendre une embuscade aux GI'S lors de leurs exercices.

Par Thomas CLUZEL

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