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Crises financière, diplomatique ou institutionnelle d'un continent à l'autre

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Les bourses qui dévissent en Amérique ; la crise turco-néerlandaise en Europe et le quasi coup d'Etat aux Maldives c'est ce qui préoccupe les éditorialistes ce mardi.

Comme d'autres, le New York Times tente de comprendre ce matin ce qui a vraiment déclenché cette mini crise :  le dow Jones qui chute de 4,6% dans la journée d'hier et prévient que la dégringolade n'est peut-être pas finie : "à leur ouverture ce mardi matin, les bourses asiatiques suivaient le mouvement à la baisse : les cotations des valeurs japonaises étaient en baisse de 5% et celles cotées à Hong Kong perdaient 3% en moyenne"...  En fait, souligne le quotidien new-yorkais, c'est paradoxalement la bonne marche de l'économie qui a probablement déclenché cette crise : en clair "ce qui est bon pour l'économie ne l'est pas forcément pour les marchés" et en l’occurrence les bons chiffres de l'emploi publiés vendredi dernier aux Etats-Unis semblent indiquer que les salaires américains devraient suivre... mais qui dit hausse des salaires et donc du pouvoir d'achat dit aussi risque d’entraîner une certaine inflation... ce qui affole les investisseurs et constitue "un nouveau défi à relever pour la banque centrale américaine au moment où celle-ci change de tête", souligne le quotidien...

Pourtant, "Il n'y a pas de quoi s'affoler", relativise Daniel Wiener le patron d'Adviser Investments dans le Washington Post... "Ce qu'on voit là c'est de la pure psychologie de foule... explique -t-il les investisseurs ont eu le weekend pour se soucier de ce que pouvaient bien signifier les bons chiffres de vendredi et le lundi ils ont vendu... il n'y a là rien de plus que la volatilité normalement observable dans les marchés boursiers... une volatilité en fait très saine", conclu l'analyste.  Une simple "correction" des marchés qui, au passage égratigne franchement Donald Trump... Le président "s'est piégé lui-même" dans cette affaire souligne pour sa part le site Politico : c'est lui qui dans son discours sur l'Etat de l'Union la semaine dernière "a revendiqué la paternité ou la responsabilité de la hausse continue des indices boursiers américains... alors que celle ci était largement dus aux politiques monétaires de la Fed et de sa patronne Janet Yellen... Aujourd'hui qu'elle quitte son poste, la volatilité des marchés reprend ses droits et Donald Trump n'a plus qu'a assumer une certaine responsabilité dans la correction d'hier !" 

En Europe c'est le torchon qui brûle entre les Pays-bas et la Turquie qui agite les éditorialistes... Les Pays bas ont annoncé hier qu'ils ne renverraient pas leur ambassadeur à Ankara, et qu'ils n'accepteraient plus d'ambassadeur turc à La Haye... Ce matin le porte-parole du gouvernement turc dans les colonnes du quotidien Sabah se veut rassurant : les deux pays "n'ont pas rompu leurs relations diplomatiques, explique-t-il celles ci demeurent intactes, au niveau des chargés d'affaire"...  La crise entre La Haye et Ankara remonte à mars dernier. Alors en pleine campagne pour les Législatives, le gouvernement hollandais avaient refusé que certains ministres turcs viennent eux-même faire campagne auprès de la forte minorité turque ou bi-nationale résidant dans le pays... la Turquie en effet était au même moment elle-aussi en campagne pour décider par référendum de présidentialiser le régime. Ankara attendait depuis des excuses formelles de La Haye, explique encore Sabah et "le nouveau gouvernement hollandais formé en octobre dernier, sans l'ancien ministre des affaires étrangères Bert Koenders considéré comme responsable de la crise, laissait espérer une normalisation des relations entre les deux pays qui aurait du débuter par un échange d'ambassadeur durant les premières semaines de 2018"... Manifestement il n'en sera rien. Et c'est peut-être à nouveau la situation politique Néerlandaise qui en est la cause : "il y a des élections municipales le mois prochain, explique Amberin Zaman dans les colonnes d'Al Monitor ; "et la ville de Rotterdam, avec sa large communauté d'origine turque - près de 8% de la population - sera parmi les plus disputées... Or parmi les partis en lice à Rotterdam on trouve Denk, un parti turc, soutien indéféctible du président turc Erdogan... signe supplémentaire de l'entremêlement de la politique intérieure des deux pays". 

Enfin en Asie ce sont les Maldives et le quasi coup d'Etat de son président qui inquiètent...  "coup d'Etat", c'est en effet le terme utilisé par l'ancien président des Maldives, aujourd'hui en exil interrogé par le site web de la BBC. L'actuel président en effet vient de décréter l'Etat d'urgence dans les quelques 1200 îlots et atolls de l'archipel au sud de l'Océan Indien ; dans la foulée, le chef de la police vient d'être renvoyé  et deux juges de la Cour suprême du pays ont été arrêtés. La semaine dernière cette même cour suprême avait ordonné la relaxe d'une dizaine de parlementaires de l'opposition au président Abdulla Yameen, incarcérés... Une décision que le président, par ailleurs accusé de dérives autoritaires, a manifestement considéré comme une attaque contre lui. Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, l'ancien pouvoir colonial dans l'archipel, a appelé le président Yameen à lever l'Etat d'urgence, rapporte encore la BBC tandis que l'Inde, la puissance la plus proche géographiquement se demande s'il ne serait pas temps pour elle d'intervenir aux Maldives pour y restaurer l'ordre et la démocratie. Dans sa tribune de l'Indian Express, Raja Mohan, fait par exemple valoir que pour Delhi "ne rien faire aux Maldives reviendrait à prendre le parti du président Yameen... Mais faire quelque chose impliquerait une médiation politique entre l'exécutif et l'opposition, la mise en oeuvre d'une diplomatie coercitive et en fin de compte le possible usage de la force pour restaurer l'ordre dans l'archipel... Une telle intervention bénéficierait probablement d'un soutien international considérable", assure encore l'éditorialiste et, partant  - conclu-t-il - "il semble bien que le moment soit mûr pour une intervention indienne aux Maldives".

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